
M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
parce qu’on n’ap a s pu propager le mal des bulbes de Ja cinthe
à ceux de VAlliiim Cepa.
L a Morve noire des Jacinthes est certainement produite
par un S c le ro tin ia qui ressemble beaucoup au
S c le ro tin ia T r ifo lio rum et que Wakker a figuré et décrit
sous le nom de S c le ro tin ia bulborum f ) .
Peu de temps après la floraison, les feuilles des Ja cinthes
atteintes de Morve noire jaunissent; leur base
est entièrement détruite. Les tuniques du bulbe sont
altérées, elles sont d’un gris foncé. Quand le temps est
très humide on voit au col du bulbe, et sur une partie
de sa surface un duvet blanc produit par le développement
au dehors du mycélium qui pénètre les tissus altérés
des tuniques, et forme entre elles des lames de
tissu feutré. C ’est là, et au sommet du bulbe, particulièrement
que se produisent des sclérotes, assez irréguliers
de forme et degrandeur variable, mais ne dépassant
pas d’ordinaire une longueur de 12 millimètres.
L e mal gagne dans les cultures de proche en proche,
les filaments du mycélium s’étendant dans le sol ou à sa
surface, du bulbe attaqué aux bulbes voisins qu’ils infectent.
Les sclérotes formés en juin, ne produisent qu’au
printemps suivant des apothécies de S c le ro tin ia de couleur
brun clair, et fort analogues à celles du Sclerotinia
T r ifo lio rum et du S c le ro tin ia F u c k e lia n a .
Les asques ont une longueur de 140 ¡x et une épaisseur
de 9 ¡x; les paraphyses sont de même longueur que
les asques. Chaque asque contient 8 spores ovoïdes,
incolores, mesurant 16 ¡x de long sur 8 ix de large. Ces
spores sont projetées au loin, quand au moment de la
( i)'W ak k e r, Contributions à la P a th o lo g ie v ég é ta le . Extrait des Archives
Néerlandaises, t. X X I I . — L a Morve no ire des Ja c in the s et plantes analogu
es pro duite s p a r le Peziza bulborum
CH AMP IG NO N S P A R A S I T E S .
maturité, l’asque s ’ouvre à son sommet. Placées dans
l’eau, ces spores germent comme celles du Sc le ro tinia
des Trèfles, en émettant de courts tubes de germination,
qui produisent de petites sporidies globuleuses dont le
développement n’a pu être observé. Au contraire, dans
une décoction de raisin sec elles germent par de longs
filaments de mycélium, qui bientôt se ramifient. Si on
place dans ce liquide nutritif des fragments de sclérote
coupé, ils y développent de nombreux filaments de
mycélium. L e s sclérotes produisant les apothécies au
printemps, peuvent donner de même naissance à un
mycélium floconneux, au milieu duquel se forment de
petits sclérotes secondaires.
Ce mycélium floconneux peut aussi produire directement
l ’infection d’autres oignons.
M. Wakker a vainement tenté d’ infecter avec le
Sclerotinia bulborum l ’Oignon de cuisine, tandis qu’il
réussit fort bien à propager la Morve noire su rle s Crocus
et Scilles. Des essais d’infection de Trèfle n’ont donné
aussi aucun résultat.
Il semble donc résulter de ces expériences, d’une part
que le S c le ro tin ia bulborum est différent du S c le ro tinia
Trifo lio rum , bien que pourtant il ne s’en distingue pas
d’une façon nette ni morphologiquement ni biologique-
ment, et d’autre part, que ce n’est pas lui qui cause la
maladie à sclérotes des Oignons de cuisine ; que par
conséquent le B o t r y t is qui se montre sur les Oignons
malades à ’A llium Cepa n’est pas la forme conidienne du
Sclerotium bulborum. Toutefois ce n’est là comme le
remarque Wakker qu’un résultat négatif qui ne peut
donner une entière certitude.
Bien des plantes sont attaquées par des mycéliums
qui sont certainement parasites et qui produisent des