
et lisse comme cela a lieu par exemple pour les Stereiim
et les Clavaires; le plus souvent elle est couverte ou de
pointes [Hydnes) ou de tubes [Polypores) ou de lames
saillantes [Agarics). La surface de l’hyménium qui la
tapisse se trouve ainsi fort multipliée.
Dans les formes inférieures il n’y a pas de corps fructifères,
de réceptacle différant du lacis des hyphes du
mycélium; les basides en naissent directement et ne forment
pas un hyménium nettement déterminé.
L ’un des exemples les plus simples que l ’on puisse
donner de cette disposition nous est fourni par un parasite
de la Vigne, VExobasidium Vitis.
E x o b a s id iu m V i t i s (Viala et Boyer) Prill. et Del.
S yn . : Aiireobasidimn L/iri Viala et Boyer.
Ce petit Champignon a été observé et décrit pour la première
fois par MM. Viala et Boyer sur des grains de
raisin récoltés en Bourgogne en 1882, et conservés dans
1 alcool dans les collections de l ’École d’agriculture de
Montpellier. L ’altération qu’il avait causée n’avait pas,
du reste, présenté grande importance; depuis il a été
observé à l’état frais sur les feuilles des Vignes du Beaujolais
et de la Charente. Il y a produit le dessèchement
partiel, le grillage du feuillage à la suite d’une saison
très humide.
v Exobasidium Vitis se développe soit au printemps,
soit à l ’au.tomne dans les mois de septembre et d’octobre.
On voit apparaître alors sur les grains attaqués une
petite tâche sombre qui grandit et devient livide, puis la
peau se déprime et s’affaisse sur une surface égale au
plus, au tiers du grain qui, jusque là mou et juteux, sc
ride et se dessèche.
La partie creusée du grain est parsemée, avant qu’il se
ride, de petites pustules isolées, d’un brun doré d après
MM. Viala et Boyer, qui sont dues à des bouquets veloutés
peu consistants, formés par les extrémités dressées et
un peu renflées en baside des hyphes du mycélium, dont
les ramifications cloisonnées se trouvent en abondance
dans la chair du grain malade.
Dans les feuilles attaquées les fructifications du parasite
observées à l’état frais se montrent sous forme de
sortes d’etflorescences blanches concrètes ressemblant à
une fine poussière de plâtre ou de craie formant çà et là
des petits amas plus épais et d’un blanc plus mat çi).
Le mycélium de VExobasidium Vitis est légèrement
jaunâtre cloisonné, assez lâche et à peine agrégé; ses
ramifications ultimes très grêles, qui s’insinuent entre
les cellules sont hyalines. Par places il crève l’épiderme
et émet des touffes de filaments, les uns stériles et s allongeant
à la surface de la feuille, les autres fertiles (fig. 1 1 7
A). Ces derniers se renflent le plus fréquemment en
massue à leur extrémité et deviennent des basides qui
portent un nombre variable de spores à l’extrémité de
très courts stérigmates ; parfois cependant tout en produisant
des spores à son extrémité, le filament fructifère
reste cylindrique. Le plus souvent la baside tei-
mine le filament mycélien, mais elle peut aussi^ être
latérale et se former à l’extrémité d’une courte ramification.
Parfois un rameau devient baside, tandis que le
filament principal reste stérile et s’allonge. Il y a des
filaments grêles et peu cloisonnés qui se terminent en
(i) Prillieüx et Delacroix. L a E n d u r e des fe u ille s de la Vigne p ro d u ite par
l'Exobasidium - Comptes rend, de l'Acad. des Sciences. C X IX .p . loO.
Juillet 1894.