
champs de Blé dans la Russie méridionale et la Roumanie,
où, m’assure-t-on, la Carie cause autant de dommages
cqu aux environs de Montauban quand y vivait
Bénédict Prévost.
Tillet I I ) , Duhamel ( 21 , Tessier ( 3 ) , surtout, ont
étudié la Carie et indiqué divers moyens d’en préserver
les champs avant que la véritable nature de la maladie
lût connue. Pour Tessier qui a fait de nombreuses expériences
sur ce sujet, la poudre de Carie était un virus
fort actif qui appliqué sur les grains pouvait corrompre
tous les épis qui en proviendraient.
Après avoir essayé un grand nombre de substances
différentes comme préservatifs de la Carie il proposa
plusieurs méthodes de traitement des semences, dont la
chaux était le principal ingrédient. « Sans la chaux, dit-
il (4), aucune des recettes que l’on a proposées contre
la Carie, n’aurait d’effet bien marqué, c’est la chaux qui
leur donne ce degré d’activité si nécessaire pour purifier
les grains de la poussière contagieuse. Aussi, recommande
t-on toujours de passer les semences à la chaux,
de quelque manière que l ’on conseille en outre de les
préparer. » II ajoute, toutefois qu’avec les meilleures recettes
on ne réussit pas toujours, et que pour être assuré
du succès il faut faire précéder le chaulage d’une épuration
préliminaire des grains soit par le battage et le
criblage, soit par le lavage des semences.
Mathieu de Dombasle (5), dans les expériences qu’il
( I ) Tillet, Dissertation sur la cause qui corrompt et n o irc it les g ra in s de
ble. Bordeaux. 1755. P r é c is des expériences fa it e s à Trianon sur la cause
qui corrompt les blés, i j 56.
(2) Duhamel du .Monceau, Éléments d 'a g r icu ltu re , 1786.
(3) Tessier, Moyens éprouvés pour p r é s e rv e r les g ra in s de la C a r ie , 1786,
a rt. C a rie , t. 2, de l'A g ricu ltu re de l’Ency clo pédie méthodique, 1701 .
(4) Loc. cit., p. 7 1 2 .
(5) .Annales de R o v ille , VI I I , i 8 32, p. 348 et ss.
organisa à Roville pour contrôler l’efficacité des divers
traitements proposés contre la Carie, trouva que la
chaux délitée, employée en poudre à sec ne produisait
aucun effet appréciable, mais que quand on humectait
la semence avec un lait de chaux contenant 4 kilos de
chaux par hectolitre de grains, le résultat était déjà plus
satisfaisant et qu’enfin la préservation était à peu près
complète quand on plongeait les grains pendant vingt-
quatre heures dans de l’eau où on avait délayé 5 kilos
de chaux pour 5o litres, surtout si au lait de chaux on
ajoutait 8 hectogr. de sel marin.
Le Blé couvert de poudre de Carie qui servait à l’expérience
donnait 486 épis cariés pour 1000.
C o u v e r t de p ou d r e d e c h au x il en p r o d u i s a i t . 4 7 6 p o u r 10 0 0
h ume c t é avec du lai t de c h a u x ............................. 260
p lo n g é 24 h e u r e s d an s le lai t de c h a u x . . . . 2t
et q uan d au la i t de c h a u x on a jou t a i t du s e l . 2
Mathieu de Dombasle reconnaissait les inconvénients
d’un traitement qui oblige à faire usage de substances
employées sous forme de bain durant 24 heures. Ce
procédé, dit-il, est beaucoup plus difficile et embarrassant
dans la pratique que ne le croient communément
les personnes qui le décrivent et les principaux inconvénients
résultent ici, d’abord de la nécessité d’employer
des CLiviers d’une grande capacité et ensuite de la difficulté
de conserver le grain qui a été soumis à cette
opération lorsqu’il arrive qu’on ne peut le semer immédiatement,
soit à cause du mauvais temps, soit par l’effet
de toute autre circonstance. En effet, le grain qui a été
plongé pendant 24 heures dans l’eau, se trouve tellement
détrempé et gonflé qu’il s’échaufferait et se gâterait
promptement si on le mettait en tas; en sorte qu on
ne peut le conserver qu’en le plaçant en couches très