
en plus foncée et leur paroi s’épaissit et se durcit. A
complète maturité, les périthèces globuleux sont d’un
brun noir. De leur partie inférieure partent des appen-
dicules nombreux mais très courts qui sont bruns comme
les cellules de l’écorce du périthèce (tig. 194).
Les périthèces sont enfoncés dans un lacis feutré de
filaments sinueux et incolores, qui sont produits en
grand nombre par le mycélium au moment de leur formation.
Ces périthèces renferment un pseudoparenchyme
incolore et des asques
en nombre variant
entre 8 et 16. Les asques
au moment de la maturité
apparente du périthèce à
la fin de l’été ne contiennent
pas encore de spores
(fig. 195 A).
A l’automne, la lame
épaisse de tissu feutré du
mycélium se détache de la
surface des feuilles desséchées
F ig . 1 9 1 . — PÉRITHÈCE à ’ErysipJh
g 7‘ûminis.
du Blé avec les périthèces qui y sont enfoncés.
Elle tombe sur le sol ou est emportée au loin par le
vent. C ’est au printemps suivant seulement que les spores
achèvent de se former dans les asques (üg. i g 5 B'.
Elles apparaissent au nombre de 8, le plus souvent, parfois
de 4 seulement dans chaque asque. Elles sont elliptiques,
incolores et lisses. Elles germent dans l’air
humide comme les conidies de la forme Oidium.
IdErysiphe graminis peut attaquer le Froment, le
Seigle et l’Orge; on le trouve assez communément sur
le Chiendent, le Ray-grass, le Dactyle et diverses espèces
de Bromes. Il a été signalé comme causant en Amérique
et particulièrement en Californie en 1877 des
dégâts considérables su rle s Blés. En i 885 et 1889, il
s’est montré autour de Stockholm dans des champs de
Blé qu’il a envahis d’une façon fort redoutable. Il eût
sans doute détruit entièrement la récolte si on n’en
avait pas arrêté le développement à l'aide de soufrages.
Souvent ses attaques se produisent en même temps
que celles d’autres parasites et se confondent avec elles.
En Bretagne, par exemple VErysiphe graminis se mon-
F ig . 19 5 . — E ry s ip h e g ram in is.
A. Toffftc d’asquos contenus clans cm pcirlthèco à l'automne, B, asque contenant des spores
après l ’hiver.
tre assez souvent sur les Blés qui sont en même temps
attaqués par la Rouille. Dans des cultures expérimentales
de la ferme de l’ Institut agronomique, à Joinviile,
il s’est multiplié avec une extrême intensité sur des Froments
déjà envahis par l’Anguillule de la Nielle [Tylen-
chus Tritici), et aussi sur des Blés dont le coeur était
rongé par des larves de Cecidomyia destructor. M. Garovaglio
dit l’avoir vu ordinairement associé au Septo-
ria Tritici. Dans ces divers cas, il n’était guère possible
d’évaluer quelle part du dommage devait être attribuée
à VErysiphe graminis.