
CHAPITRE H.
M Y X O M Y C E T E S
A côté des Champignons proprement dits, dont la partie
végétative est constituée par un mycélium formé de
tubes ou hyphes, se trouvent des organismes se rapprochant
beaucoup de certains Champignons par leur mode
de vie et leurs organes de reproduction, mais en différant
essentiellement en ce que leur partie végétative n’est pas
constituée par un véritable mycélium, mais par un p la s modium,
c’est-à-dire par une masse gélatineuse analogue
par ses propriétés et sa composition au protoplasma
que l’on trouve dans les cellules vivantes et dans les
hyphes, mais qui est toujours nue et dépourvue d’enveloppe
cellulaire.
Ces sortes de Champignons à plasmodium forment la
famille des Myxomycètes.
Le plasmodium est une masse protoplasmique de
consistance molleet mucilagineuse, qui change incessamment
de forme et se meut à la façon des animaux inférieurs,
des amibes. Tantôt il produit des saillies fines et allongées
en forme de tentacules que l ’on nomme des pseudopodes,
tantôt des rameaux plus épais qui s’anastomosent
les uns aux autres, tandis que sur d’autres points
de son contour, on voit un retrait se manifester. Souvent
ses rameaux nombreux et anastomosés font du plasmodium
un réseau qui s’étend à la surface des bois pourrissants.
Ces masses de plasma sont, selon les espèces de Myxomycètes,
tantôt blanches et assez semblables d’aspect à
du lait caillé, tantôt jaunes ou orangées. Elles se
déplacent en rampant et peuvent couvrir les feuilles et
les branches de plantes vivantes, mais sans y causer de
grands dommages.
Un Myxomycète à plasmodium d’un jaune vif, le Fu-
iigo septica, se voit très fréquemment dans les tas de tannée.
Il se développe parfois dans les serres et y est fort
redouté, parce qu’il salit beaucoup les plantes qu’il couvre
de son plasmodium.
A l’intérieur du plasmodium, ou seulement, dans bien
des cas, d’une partie du plasmodium qui fait saillie et
prend une forme spéciale, s’organisent des spores arrondies
qui se couvrent d’une membrane le plus souvent
cuticularisée.
Quand ces spores germent, leur coque se fend, le
plasma qu’elles contiennent en sort et se meut à la façon
d’un amibe. Quand il rencontre le plasma sorti d’une
autre spore, il se soude avec lui, comme font entre elles
les ramifications du grand plasmodium. Ces petites masses
de plasma unies et confondues les unes avec les autres
forment le nouveau plasmodium qui rampe à la
surface des corps, puis après quelques jours de vie végétative
produit à son tour des spores.
Les Myxomycètes vivent très généralement en saprophytes;
il n’y a d’exception que pour le seul genre Pia s-
modiophora, dont le plasmodium se développe dans
l’intérieur des cellules de plantes vivantes et y produit
de profondes altérations.
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