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Les conidiophores du Phytophthora infestans (fig. 38
B.) sortent d’ordinaire par touffes et prennent un bien plus
grand développement que ceux du Phytophthora omni
vora. Ils se ramifient à deux ou trois reprises et les
branches peuvent sc diviser elles-mêmes; chacune d’elles
produit à son extrémité comme le conidiophore du
Phytophthora Omnivora, une conidie qui a de même
la forme d’une poire retournée ou d’un citron. Quand
elle s’est séparée par une cloison du bout du rameau,
celui-ci se renfie un peu en rejetant la conidie sur le
côté et s’allonge dans le prolongement de la branche
primitive, puis son extrémité se dilate pour produire
à son tour une deuxième conidie et ainsi de
suite.
Les conidies se détachent avec une extrême facilité
dès qu’elles sont mûres et les très faibles dilatations
des rameaux conidiophores cqui se sont formées au
point où elles étaient attachées restent les seules traces
de leur production.
Les conidies du Phytophthora infestans ont la même
forme et la même organisation que celle du Ph. omnivora,
elles sont seulement notablement plus petites. Elles
peuvent aussi germer de deux façons, soit en produisant
des zoospores, soit en émettant un tube de
germination, mais le premier cas est de beaucoup plus
fréquent et peut être considéré comme le mode normal
de multiplication du champignon.
Chaque conidie placée dans l’eau produit environ une
dizaine de zoospores (fig. 3g A. B.) de forme irrégulièrement
ovale, pointues à une extrémité, marquées près de
la pointe d’un petit point clair et portant deux cils vibrátiles
dirigés en sens inverse, l ’un en avant, l’autre en
arrière (fig. 3g C.). Elles sortent par l’extrémité pointue
de la conidie où se fait une ouverture et nagent dans
l’eau en roulant autour de leur axe pendant une demi-
heure avant de se fixer.
Elles s’arrondissent alors en boule et s’entourent
d ’ u n e membrane ; elles germent aussitôt après (fig. 3g
D.i en produisant un tube de germination qui pénètre
dans les feuilles ou les tiges en perçant d’abord les
cellules de l’épiderme. Parvenu dans
leur intérieur le tube de germination
s’y dilate avant de s’allonger en une
hyphe de mycélium qui va s’étendre
et se ramifier entre les cellules du
mésophylle ou du parenchyme cortical.
Les zoospores peuvent pénétrer
aussi dans les tubercules jeunes et
encore sous terre ou très récemment
arrachés. Quand ils sont plus âgés
et que leur surface s’est desséchée à
l’air, la pénétration devient très difficile.
Les altérations des tubercules sont
analogues à celles que l’on observe
dans les feuilles. C’est quand elle atteint
les tubercules que la maladie
des pommes de terre est particulièrement
Pir.. 3’g. — P h ylo -
phthova infestans.
A. Conidio ronf(!nnant dos
zoospores. — B. Zoospores
soi’taut de la conidio. —
C. Zoospores libres, ágiles.
— D. Zoospores fixiles
ot commenvant germor.
nuisible au cultivateur auquel elle enlève souvent
une notable partie de sa récolte.
Laltération des tubercules se manifeste d’abord par
des taches brunes qui apparaissent à leur surface. Si
on coupe la pomme de terre en un point où est une
tache, on voit que la coloration brune pénètre plus ou
moins dans la chair du tubercule, envahissant d’abord
sa partie corticale, puis gagnant de plus en plus profondément.
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