
tlté, tandis que ceux que l’on a laissés plus longtemps
en terre et que l’on récolte tardivement, après que les
feuilles et les tiges sont desséchées, demeurent saines et
se conservent fort bien.
On devra donc s’imposer comme règle de n’arracher
les Pommes de terre que l’on se propose de conserver,
que quand on n’aura plus à craindre qu’elles soient infectées
au sortir de terre par les conidies portées par les
feuilles. Si on ne peut retarder jusque-là l’arrachage,
il conviendra de couper les fanes malades et de les brûler,
puis d’attendre encore 5 à 6 jours avant d’opérer
la récolte. Au bout de ce laps de temps toutes ou presque
toutes les conidies tombées sur le sol seront mortes.
Enfin il sera bon de ne faire l’arrachage que par un
temps sec et de préférence dans l’après-midi. L ’action
de la sécheresse agit en effet d’une façon doublement
favorable ; elle tue rapidement les spores et rend, d’autre
part, le tubercule plus impénétrable aux germinations
du parasite.
Si en outre la récolte est placée dans un local assez
aéré et où la température reste basse, les tubercules infectés
ne pourront pas produire de fructifications nouvelles
et le mal ne se propagera pas.
Toutes ces précautions qu’il convient de prendre pour
éviter autant que possible que les conidies des parties
aériennes ne viennent infecter les tubercules, ne sont
bien évidemment que des palliatifs pour conjurer les
plus graves dommages d’un mal que l’on est impuissant
à guérir; mais il est bien certain qu’il y a le plus grand
avantage à arrêter la maladie dès qu’elle commence à se
manifester sur les feuilles.
La grande efficacité des sels de cuivre pour mettre
obstacle à la propagation du Peronospora de la vigne,
dont le mode de reproduction est le même que celui du
Phytophthora de la .Pomme de terre, est depuis plusieurs
années mise hors de doute; les traitements préventifs
contre la maladie du Mildiou de la Vigne sont d’un
usage général. Les mêmes procédés sont efficaces aussi
pour la Pomme de terre.
Dès i 885, M. Jouet a fait usage avec succès de la
bouillie bordelaise dont nous indiquerons plus loin la
composition et l’emploi en étudiant le Peronospora de
la Vigne, pour traiter les Tomates qui sont attaquées
comme les Pommes de terre par le Phytophthora infestans.
En répandant sur toutes les parties aériennes la
substance cuprique dont la moindre trace suffit pour
tuer les zoospores, il a obtenu à Saint-Julien-de-Médoc de
belles récoltes de Tomates dans un jardin où tous les
fruits pourrirent sur les pieds qui n’avaient pas été
traités (i). Aujourd’hui le traitement est pratique en
grand avec un plein succès dans toute la vallée de la
Garonne, où la culture de la Tomate a une importance
considérable.
La première expérience précise sur l’emploi des préparations
cupriques au traitement de la maladie de la
Pomme de terre a été faite en 1888 (2). Bien que portant
sur un petit nombre de pieds, elle donna des résultats
très nets. Traités le 5 août, dès la première
apparition de quelques touffes de conidiophores de P h y tophthora
sur les feuilles, 9 pieds traités produisirent
ii5 tubercules tous entièrenaent sains, 6 pieds non
traités conservés comme témoins produisirent 53 tubercules
dont 17 étaient malades. Ainsi, tandis qu’un tiers
(1) Prillieüx. Rapport sur l'emploi de la chaux et du sid fate de cuivre
contre le Mildiou, dans le Bu lletin du ministère de l'A g r icu ltu r e , 5' annce,
p. 28,1880. , D
(2) P rillieüx, Exp é rien c e s sur le traitement de la maladie de la Pomme ae
erre. Comptes rendus de VAcad. des sciences, t. C V I I , 1888, p. 4 17 .
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