
Ô2 m a l a d i p : s d e s p l a n t e s a g r i c o l e s .
le Chou et celle qui couvre si souvent les feuilles des
Salsifis et des Scorsonères de petites pustules blanches
d’où s’échappe une poudre blanche sont dues l ’une et
l’autre à des parasites de la famille des Péronosporées
appartenant au genre Cystopus. Malgré la très grande
analogie d’organisation qu’ils ont avec les Peronospora,
les Cystopus ont un aspect fort différent et tout particulier
qu’a traduit le nom de Rouille blanche que l’on
donne à l’altération qu’ils produisent et qui les avait fait
anciennement considérer comme appartenant à la famille
des Urédinées.
Cystopus candidus (Pers.) Lév.
¡Rouille blanche des Crucifères.)
S y n . : Uredo candida Persoon. — Cystopus sphaericus Bonorden.
Le Cystopus candidus envahit les plantes qu’il attaque
dans toutes leurs parties et fructifie à la surface
des feuilles, des tiges, des inflorescences, des fleurs et des
fruits qui souvent subissent par suite de la présence du
parasite des boursouflements et des déformations singulières
(fig. 28). Toutes ces parties plus ou moins gonflées
et contournées se couvrent de pustules d’un blanc d’ivoire
dont la surface lisse est formée par l’épiderme fort
tendu sous lequel sont accumulés des amas d’une poudre
blanche qui se répand au dehors seulement quand la
pellicule qui les recouvre se déchire.
Léveillé a montré que le parasite qui produit les conidies
blanches qui s’amassent sous l’épiderme des plantes
attaquées de la Rouille blanche est fort différent des
véritables Rouilles, que c’est à tort que De Candolle le
désignait sous le nom à ’Uredo candida et qu’il doit être
C H AM P I G N O N S P A R A S I T E S . 63
rapporté à un genre particulier auquel il a donné le nom
de Cystopus (i).
Si 011 fait une coupe mince des parties attaquées, que
l’on reconnaît à ce qu’elles sont gonflées et déformées,
on voit que les hyphes du mycélium du Cystopus se
glissent entre les cellules de la plante nourricière et y
enfoncent de nombreux
suçoirs qui s’y gonflent
en ampoules globuleuses.
Cette organisation
du mycélium est fort
analogue à celle du P e ronospora
de la vigne.
Les filaments mycé-
liens du Cystopus qui
sont voisins de l’épiderme
de la plante nourricière
produisent de
nombreux rameaux qui
se dressent perpendiculairement
à la surface de
l’organe envahi et prennent
là le caractère spécial
de filaments fertiles
F iG J 2 8 .— C R.V rP E DE FLEURS DE CHOU
ENVAHIE ET DÉFORMÉE PAR LE CyStOpus
candidiis.
ou conidiophores. Ce sont
de gros tubes en forme de massue courte dont les
parois sont très épaisses surtout dans leur partie intérieure
et qui produisent successivement à leur extrémité
plusieurs conidies rondes et blanches naissant en file
les unes au dessous des autres. Elles forment la poudre
(i) L é ïe illé , S u r la disposition méthodique des Urédinées, Ann. des Se.
Nat., série II I, t. 8. — Tu la sne , 2“ “ mémoire sur les Urédinées, Ann. des
Sc. Nat. Botan'., série IV , t. 2, p. 20S, pl. 7. — De Bary, Recherches su r le
développement de quelques champignons pa ra sites, Ann. des Sc. Nat. Bot.,
série IV, t. 20.