
CHAPITRE XI
H Y S T É R I A C É E S
Les Hystériacées sont des champignons Ascomycètes
qui sont intermédiaires aux Pyrénomycètes et aux Discomycètes.
Ils ont des fruits ascophores primitivement
fermés, plus ou moins allongés qui se montrent à la
surface des organes du végétal, dans le tissu duquel ils
se développent et qui les nourrit. Parvenus à maturité,
ils s’ouvrent au dehors par une fente longitudinale
qui sépare eu deux lèvres leur paroi extérieure noire,
membraneuse, coriace, cassante ou carbonacée. Quand le
temps est humide, ces lèvres s’ouvrent; par la sécheresse
elles se referment. On donne à ces fruits au fond desquels
se trouvent des asques entremêlées de paraphyses
le nom de périthèces ou celui d’apothécies. On connaît
aussi chez ces parasites des fructifications accessoires,
des fruits à très fines conidies ou spermogonies.
Plusieurs espèces d’Hystériacées, qui peuvent être
rapportées au genre Z,o4>/2oJermûiMz, attaquent les aiguilles
des arbres résineu.x de nos forêts et en causent le
brunissement et la chute prématurée.
CH AMP IG NO N S P A R A S I T E S .
EOPHODERMIUM
Le genre Lophodermium est très voisin du genre
Hypoderma, auquel on a aussi très souvent rattaché les
espèces qui causent le brunissement des aiguilles des
arbres résineux; il en diffère en ce que les spores que,
contiennent les asques sont filiformes, parallèles et souvent
presque aussi longues que les asques, tandis que,
dans le genre H y p o d e rm a , elles sont bien encore allongées
en fuseau ou en baguettes, mais beaucoup plus
courtes que l ’asque qui les contient et souvent divisées
par une ou plusieurs cloisons transversales.
Lophodermium macrosporum (Hartig) Rehm.
Le Brun et la chute des aiguilles de l ’Épicea.
S y n . : Hypoderma macrosporum Hartig.
La maladie causée par le Lophodermium macrosporum
sur les Epicéas a pour caractère apparent le
changement de couleur des aiguilles sur les pousses d’un
an ou plus. Au lieu d’être vertes, elles prennent une
nuance foncée et sale et deviennent peu à peu d’un rouge
brun. L ’altération de la couleur de l’aiguille commence
soit à son sommet, soit au milieu, soit à sa base; peu à
peu, elle gagne l ’aiguille entière. E lle est due à l ’envahissement
des tissus p a rle mycélium du Lophodermium
qui se glisse entre les cellules; sous son action, elles se
contractent et se ratatinent et tout leur contenu se transforme
en une masse brune, dans laquelle toutefois les
grains de fécule que pouvaient contenir les cellules au
moment de l’invasion du mal restent longtemps v is ibles.