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pensée que l’infection doit se faire toujours ainsi, que
dans les vignes il n’y a que les cotylédons sortant des
pépins qui puissent être infectés par les spores d’hiver
et que c’est toujours sur eux qu’apparaissent les premières
conidies qui emportées par le vent sur les feuilles
y apportent la maladie.
On sait cependant qu’il n’y a pas, du moins en ce
qui touche l’infection par les conidies, d’analogie entre
le Cystopus candidus et le Peronospora viticoia et
que les Vignes adultes ne sont malheureusement pas
comme les pieds de Cresson, à l’abri des attaques du
parasite. D’autre part, il n’y a que bien peu de pépins
qui germent dans les Vignes chaque année au printemps
et il semble que s’il n’y avait que les germinations
qui pussent être infectées par les spores d’hiver
la réinvasion annuelle du mal serait bien difficile.
En fait, il est certain que les oeufs du Peronospora
viticoia germent souvent, sinon toujours, autrement
qu’en produisant des zoospores.
M. Fréchou (i) à Nérac a vu, il est vrai, des zoospores
nager dans l’eau où il avait mis des spores d’hiver de
Peronospora depuis quelques jours, mais il semble que
le plus souvent l’oeuf germe en émettant un ou plusieurs
tubes de germination qui peuvent se redresser et
prendre le caractère d’un conidiophore muni de rameaux
et tout à fait semblable à ceux qui se produi-'
sent sur les feuilles (fig. 47). Les oeufs du Peronospora
viticoia offrent donc dans leur germination la plus
Irappante analogie avec ce qu’a observé de Bary pour
ceux du Phytophthora omnivora (2).
( i ) Comptes rend, de VAc. d. Sc., f é v r i e r i 883.
{2) Pn\\\c.us,Ccrminaiiondes’{oosporcsdu Peronospora viticola, Bull, delà
Soc. Bot., t . 3o , i 8 8 3 , p p . i 83 e t 22S.
M. d’Arbois de Jubainville (i) a fourni quelques données
intéressantes sur les débuts de l’invasion produite
chaque année par les spores d’hiver.
Il a remarqué dans les environs
de Neufchâteau, que plus
d’un mois avant l’apparition des
premiers conidiophores du P eronospora
de très petites taches
rougeâtres larges comme la tête
d’une épingle se montraient à
la face supérieure des feuilles de
la base des pousses et que, vis-
à-vis de ces taches, se trouvaient
sur leur face inférieure quelques
parcelles de terre. Le mois suivant
des conidiophores de P e ronospora
viticoia se montrèrent
sur la face inférieure des
feuilles de Vigne à partir des taches
rouges.
Il semble bien naturel d’admettre
que lors des pluies d’orage
les spores dormantes, restées
à la surface du sol avec les
débris des feuilles pourries, ont
été projetées sur les jeunes feuilles
avec la boue qui les a éclaboussées.
Elles y ont germé et
F ig . 4 7 . — Peronospora
viticola.
(Eufs germant. — a. Qbui encore
recoiiTert de l'oogone émettant uu
tube de germination. — h. OEuf-
ayant émis trois tubes dont l'uu
est un conidiophore bien caracté-
ont produit autant de foyers
d’infection où le mycélium s’est
développé et qui, quelque temps
après, se sont couverts de conidiophores.
(1) D’Ai-b o is d e J u b a i n v i l l e , Peroncspora viticola d e By, N e u c h â t e a u
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