
tient dans le liquide nutritif, de façon à former un grand
mycélium qui végète de préférence à la surface du liquide
de culture, à moitié dans l ’air où il forme un duvet
d un blanc pur; au bout de 4 à 5 jours, ses filaments
produisent en abondance des sporidies nouvelles fort
semblables aux sporidies secondaires courtes et courbées,
en faucille (fig. 70 A).
Les sporidies de la Carie peuvent donc germer et se
multiplier dans un milieu nutritif comme celles du
Charbon, bien qu’elles s’y développent d’une autre façon
et ne présentent pas, durant leur vie saprophyte, cette
apparence de levûres observée dans les Ustilago.
Elles produisent hors de la plante nourricière un mycélium
qui pousse très activement, se ramifie et se développe
en vivant d’une vie toute différente de celle du
parasite du Blé. Ce mycélium peut végéter partout où se
trouvent les matières capables de le nourrir et y produire
des sporidies.
On sait depuis longtemps que les fumiers infectés de
Carie produisent la Carie des Blés dans les endroits où
on les a portés. Le fait avait été fort bien reconnu par Tes-
sier avant même que l ’on eût découvert quelle est la cause
véritable de la Carie. Il rapporte qu’un fermier fit porter
à la fin de juin 1786 dans une pièce de terre destinée à
être ensemencée en Froment en octobre suivant, trois
tomberées de poussière et de débris de sa grange après
en avoir fait battre le Froment parmi lequel se trouvaient
un grand nombre d’épis cariés. Ces immondices
lestèient en trois tas pendant plusieurs mois ; on les répandit
au moment de donner le dernier labour au champ
dont le surplus fut fumé avec du fumier ordinaire, de
manière à en laisser le moins possible à la place de chaque
tas comme il est d’usage. En 1787, il y avait la
moitié d épis cariés dans les endroits où avaient séjourné
longtemps les immondices de la grange, un
quart dans ceux où on les avait répandus et aucun ou
très peu dans le reste de la pièce de terre. Sans doute
la Carie avait végété et s’était multipliée sous sa forme
saprophyte dans l’intérieur des débris de la grange et
quand on a semé le blé dans le sol qu’ils couvraient, elle
en a infecté les grains au moment de leur germination.
La pénétration du filament de germination de la
Carie dans la tige du froment se fait comme pour le
Charbon au moment de son premier développement,
ainsi que Bénédict Prévost l’a très positivement établi par
des expériences directes rapportées dans son admirable
mémoire sur la Carie.
Urocystis.
Les Urocytis sont des sortes de Charbons qui se rapprochent
des Tilletia par le mode de germination de
leurs spores mais dont la poudre charbonneuse au lieu
d’être formée de grains isolés et simples dont chacun
est une spore, est composée de spores agglomérées par
groupes, dans lesquels les spores du centre sont seules
fertiles. Les spores fertiles ont une membrane épaisse
comme les spores dormantes des Ustilago etàti Tilletia
et elles germent comme celles des Tilletia. Les spores
stériles qui les entourent sont plus petites et ont des
parois minces.
Urocystis occulta (Wallr.) Rabenh.
(Charbon des tiges du Seigle.)
S yn . : E ry s ib e occulta Wallr. — Uredo parallela Berk. — Uredo occulta
Rabenh. — P o ly c y s tis pompholygodes Lév. — P o ly c y s tis
parallela Berk. — P o lyc ys tis ocadta Schicchi. — Thecaphora