
peu à peu sous la lamelle. Au bout de quelque temps
on ajoute une seconde goutte de glycérine pour remplir
tout l’espace entre le porte-objet et la lamelle.
On peut conserver ainsi les préparations pour les étudier
et les dessiner à loisir.
Ouaiid on doit les garder longtemps, on doit luter
hermétiquement les bords du couvre-objet. Pour cela
on enlève d’abord, s’il y a lieu, avec du papier buvard
ou mieux encore avec un pinceau fin légèrement imbibé
d’eau, la glycérine qui déborde la lamelle, puis on
recouvre ses bords avec un lut. C’est souvent une solution
en sirop épais de bitume de Judée dans l’essence
de térébentine à laquelle il est utile d’ajouter i /3 en volume
d’une substance oléagineuse connue sous le nom
de mixture de doreur, pour l’empêcher de s’écailler en
séchant. Cette adjonction a le léger inconvénient de
retarder la dessication du lut. On peut encore employer,
avec plus d’avantage peut-être, car ce lut est complètement
sec en 36 ou 48 heures une solution épaisse de
cire à cacheter dans l’alcool. Elle adhère au porte-objet
quand bien même une petite quantité de glycérine a débordé.
On dépose le lut sur le bord de la lamelle, à l ’aide
d’une baguette de verre effilée. Quand il est sec, on peut
ranger en collection dans des boîtes spéciales les préparations
que l’on doit étiqueter aussitôt qu’elles sont
faites.
L ’emploi des colorants peut quelquefois rendre des
services dans l’étude des champignons, principalement
quand on a à observer des filaments de mycélium très
ténus logés dans les tissus d’une plante ou ils sont parasites.
L ’eau iodée qui colore souvent les objets en jaune
est dTin usage assez fréquent; elle permet de faire apparaître
plus nettement des cloisons dans des spores ou
des filaments hyalins.
Quand, au contraire, les corps à étudier sont très colorés
et obscurs, op. peut avantageusement employer
une solution faible d’eau de Javel pour les éclatrcir.
L ’acide lactique, en solution concentrée et à chaud,
a sur les tissus desséchés une action qui en facilite
beaucoup l’étude. On dépose avec une baguette de
verre, sur le milieu d’un porte-objet, une grosse goutte
de solution concentrée d’acide lactique ; on y plonge les
coupes faites sur les échantillons desséchés que l’on
conserve en herbier; puis on chauffe la lame de^verre
• à la flamme d’une lampe à alcool jusqu’à ce que 1 acide
lactique commence à émettre des vapeurs. On lecouvre
alors des préparations d’une lamelle et on les observe
au microscope.
Les membranes desséchées des cellules se sont gonflées
et les objets ont repris la forme qu’ils présentaient
à l’état frais; ils sont seulement un peu transparents;
mais il ne faut pas pousser l’action trop loin, car les
portions délicates finissent bientôt par être si transparentes,
qu’elles sont à peine visibles. Dans le cas où on
a à traiter de tels objets, il peut être avantageux d’additionner
l’acide lactique d’une solution aqueuse de bleu
coton G 4 B qui colore souvent les parois des filaments
de champignons en présence de l’acide lactique.
11 convient de préserver de la poussière les preparations
que l’on fait et que l’on étudie, et le microscope
lui-même pendant l’intervalle des observations. Pour
les préparations on emploie très commodément de petits
supports sur lesquels on peut placer plusieurs porte
objets les uns au-dessus des autres, sans qu’ils se
touchent, et on les recouvre d’une petite cloche de verre.
Quant au microscope, on peut le renfermer dans sa