
même temps la cavité se dilate; remplis de leur contenu
de plasma, cesrenflementsparaissent piriformes ou globuleux.
Chaque filament fertile prend ainsi un aspect irrégulier
et mamelonné, tandis qu’à son intérieur, son
plasma se sépare en autant de petites masses qu’il se forme
de renllements. Comme de nombreux filaments fertiles
entremêlent leurs courtes ratifications et se pressent les
uns contre les autres et que la gélification de leurs parois
va toujours en augmentant, ils finissent par se fondre en
une masse mucilagineuse dans laquelle on distingue seulement
le contenu de plasma divisé en tronçons qui se
concentrent, en amas piriformes ou plus ou moins régulièrement
globuleux que l’iode colore en jaune et rend
très manifestes. Ce sont les premiers rudiments des spores.
Peu à peu elles prennent, au milieu de la masse mucilagineuse
formée par les parois gélifiées des filaments fructifères,
leur structure définitive ; puis la masse muqueuse
se résorbe et finalement disparaît complètement.
Autour du noyau de plasma, première origine de la
spore, apparaît une paroi propre qui, d’abord transparente
et incolore, brunit et prend peu à peu les caractères que
l’on observe bien dans les spores mûres. Elles possèdent
alors une paroi double : la couche interne ou endospore
est incolore, quand la spore germe, elle s’allonge en tube
en un point; la couche externe ou épispore est dure ei
couverte extérieurement d’un revêtement de cuticule; le
plus souvent elle est colorée en brun, plus rarement en
lilas ( Ustilago violacea) ou en une autre nuance. Tantôt
elle est lisse ou très finement ponctuée, comme cela a lieu
pour le Charbon des céréales, tantôt elle porte de petite.s
pointes comme on le voit pour le Charbon du Maïs, ou
un réseau saillant rappelant l’aspect de divers grains de
pollen.
La formation des spores A'Ustilago en file dans l’intérieur
de filaments fertiles est particulièrement frappante
dans VUstilago olivácea qui attaque les fruits de diverses
espèces de Car ex (fig. 60). A maturité même, les
files de spores forment de longs chapelets. Mais c’est
surtout dans les Ustilaginées,appartenant au genre £ « -
tyloma, que l’on peut constater,
sans difficulté aucune et avec la
plus grande netteté, la production
des spores à l’intérieur des
hyphes. Dans les Entyloma, il
n’y a pas de différenciation
comme dans les Ustilago entre
les filaments végétatifs du mycélium
et les rameaux fructifères
étroitement localisés dans un
organe déterminé de la plante
nourricière. Les filaments du
mycélium de VEntyloma qui se
glissent entre les cellules, produisent
çà et là dans leur trajet
et sans se gélifier des spores à
parois épaisses séparées les unes
des autres par des tronçons plus
ou moins longs de mycélium
stérile et qui présentent ainsi
d’une façon incontestable le caractère
de chiamydospores (ñg. 61).
F ig . 6 1 .
S p o r e s N E n -
tyloma Ca-
lendulae.
(D ’après
(le
Produites à la fin de la période végétative de leur
plante, les spores des Ustilaginées peuvent comme en
général les téleutospores, passer l’hiver à l’état de vie
latente et ne germer qu’au printemps suivant.
Celles des Ustilago germent, en quelques heures,
mais elles peuvent conserver fort longtemps la faculté
de se développer. M. Brefeld a vu germer les spores de