
328 M A L A D I E S D E S l’ L A N T E S A G R I C O L E S ,
racine saine, soit qu’ils proviennent de la germination
d’un spore, soit qu’ils sortent d’une racine malade placée
au contact de la racine saine, envahissent d’abord les
rayons médullaires, puis le bois dans lequel ils produisent
des altérations qui se manifestent par des changements
de coloration et de consistance faciles à constater
à l’oeil nu.
Le bois qui commence à être envahi prend tout d’abord
une couleur d’un gris-lilas dans l’Épicéa, plutôt rougeâtre
dans le Pin, bien différente de celle du bois sain
qui est d’un blanc-jaunâtre. Puis le bois altéré pâlit, il
prend une nuance jaune-brun et on voit apparaître sur
le fond brunâtre de petites taches noires, surtout à la
limite interne des couches annuelles, c’est-à-dire dans
le bois de printemps. Enfin ces petites taches noires
qui tendent à s’effacer s’entourent de taches blanches qui
grandissent et souvent se joignent les unes aux autres.
Là, le bois est entièrement décomposé et ses éléments
complètement dissociés sont à l’état de charpie.
L ’altération c]ue présente le bois qui prend une
nuance violacée ne se manifeste que dans les rayons
médullaires. Ils sont envahis par les hyphes du parasite
sous l’influence desquelles le contenu s’altère et sc
change en un liquide brunâtre; on voit les grains de
fécule que renferment leurs cellules se couvrir d’un enduit
brun puis se dissoudre. Cette matière brune produite
par l’action du parasite est consommée par lui. A
ce moment, à la couleur gris-violacé succède une couleur
jaunâtre et de petites taches allongées, noirâtres
apparaissent dans le bois de printemps. Les filaments
du mycélium ont alors produit de nombreuses ramifications
qui se sont enfoncées dans le bois en perçant de
trous les épaisses parois des trachéides; cn bien des
places elles en sont criblées. Le bois, non seulement
a changé de couleur, mais est devenu plus léger et a
beaucoup perdu de sa solidité.
Les taches noires sont dues à ce que le liquide brotn
des rayons médullaires s’est répandu dans les trachéides
qui y sont contiguës; les filaments mycéliens qui y pénètrent,
y trouvent une abondante nourriture; ils y
augmentent de grosseur et s’y ramifient beaucoup. Ils
diffèrent des hyphes répandues dans le reste du bois par
leur coloration en brun. Quand ces petites masses de
mycélium ont consommé la matière brune cqui se trouve
à leur portée, ils exercent à distance une action corrosive
sur les tissus voisins, et les dépouillent de la matière
ligneuse qui les incruste ; l’emploi de l’iodochlorurc
de zinc qui les colore en violet, montre qu’ils ne sont plus
constitués que par de la cellulose. Dans les parues où
les éléments désagrégés forment les taches d’un blanc
pur qui se détachent sur le fond brunâtre du bois moins
profondément altéré, l’examen microscopique montre
que la lame primaire intermédiaire aux tracheides qui
perdent leur matière incrustante se transforme aussi et
se dissout. Ce sont les trachéides dissociées et altérées qui
forment cette sorte de charpie que l’on voit dans les
taches blanches (1). Ce mode d’altération est le meme
que celui que l’on observe dans les taches blanches qui
se creusent en caverne dans le bois de chene attaque
par le Stereum frustulosum.
Dans les parties plus éloignées, la corrosion a un
autre caractère, la lame primaire est la portion de La
paroi qui persiste le plus longtemps; les couches d épaississement
ne s’en séparent pas, mais se dissolvent peu
à peu par leur côté intérieur. Finalement comme on le
voit dans le bois de printemps profondément altère 011
(0 R. H a rt ig , d k Z e r s e tz iin g s c r s ch . d. H o lz e s .p . a 3, pl. IH e t IV .