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41 2 M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
ques, obtus à leur sommet; ils ont de 120 à 140 u. de
long, sur 8 à 9 de large (fig. 444), et contiennent chacun
huit spores ovales, incolores. Sous l’action de l ’eau iodée,
ils se colorent légèrement en bleu au sommet; il est probable
que la matière qui constitue cette partie de l’asque et
se colore en bleu par l’iode, est élastique et fait fonction
d’un sphincter servant à la projection des spores.
Le s paraphyses sont filiformes et
un peu dilatées en massue à leur extrémité.
A la maturité, les spores
mûres sont projetées à une grande
distance. Quand on cultive de ces sclérotes,
et que l ’on a plusieurs apothécies
épanouies dans l ’air humide
sous une cloche, si on enlève la cloche,
on voit aussitôt des myriades de
spores lancées toutes à la fois former
un nuage blanchâtre que l’air emporte.
Les ascospores du S c le ro tin ia Libertiana
peuvent germer sans retard
en produisant un tube de germination
qui se ramifie et devient un mycélium,
s’il trouve à sa portée les matières
F ig . 4 4 4 . — A s q u e s e t
l’ARA lU ITS E S DE Scle-
rotinia L ib e rtian a .
nutritives qui lui sont indispensables pour se bien
développer, et prendre la force de pénétrer dans la plante
vivante où il portera l ’infection et la mort.
L e s Haricots, les Topinambours, les Carottes ne sont
pas les seules plantes agricoles qui, à l ’état de vie active,
soient attaquées par le S c le ro tin ia L ib e r tian a . J ’ai reçu
de Bretagne, il y a quelques années, en même temps que
des tiges de Topinambour remplies de sclérotes de
S c le ro t in ia , des tiges de Maïs provenant de la même
localité et qui en contenaient de pareils. E n Russie, dans
CH AMP I G N O N S P A R A S I T E S . 4 i 3
le gouvernement de Smolensk, le Chanvre est sujet à une
maladie des sclérotes due à une Pézize que Tichomi-
rovv (i) a décrite sous le nom de P e0 a Kau fm an n ian a .
La façon dont le parasite attaque les pieds de Chanvre, le
développement de ses sclérotes, tant dans la moelle qu’à
la surface des tiges, répond fort exactement à ce que nous
connaissons du S c le ro t in ia L ib e rtian a . Les apothécies
paraissent semblables; on ne signale d’autre différence
qu’une taille un peu plus allongée des asques : i 5o p. au
lieu de i 3 o à 14 0 p. Les sclérotes ne diffèrent pas
d’aspect. Il n’y a donc pas de caractère net qui distingue
la Pézize à sclérotes du Chanvre. D’autre part, de
Bary est parvenu à infecter les jeunes pieds de Chanvre
à l’aide du S c le ro tin ia L ib e r tia n a ; les tiges du Chanvre
se sont fanées et il s’y est produit des sclérotes. Il est
donc très probable que la P e \ i\ a [Sclerotinia) K a iif -
manniana n’est pas en réalité différente du S c le ro tin ia
Libertiana.
Sclerotinia Trifoliorum Eriksson.
Maladie à sclérotes du Trèfle.
Syn. : Peqiqa ciborioides HoiFm. — Sclerotinia ciborioides Rehm.
Une Pézize à sclérotes très voisine du S c le ro tinia
Libertiana, le Sc le ro tin ia T r ifo lio rum , cause une maladie
des Trèfles qui a été signalée et étudiée d’abord en
Allemagne par M. Rehm (2). E lle attaque les diverses
espèces de Trèfles cultivées.
Dans les Trèfles rouges, les Trèfles blancs, les Trèfles
(1) Bull. Soc. Nat., Moscou, i 8 58.
(2) Rehm, Entn’ ickelitngsgeschichte eines Kleea rten zerstörenden Pilzes.
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