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Le brunissement des aiguilles de l ’Épicéa pe'ut se
produire à diverses saisons de l ’année, selon la localité
e tle climat : tantôt dès le mois de mai ou de juin, tantôt
en août ou seulement en octobre. Ces différences paraissent
dépendre particulièrement de l’humidité du temps
qui favorise ou entrave la dissémination des spores, et
par suite leur germination et l’infection des aiguilles. ’
Quand l ’infection se fait à un moment où la chlorophylle
commence à produire de l’amidon dans les aiguilles
saines, le voisinage du mycélium parasite produit
sur les cellules une excitation spéciale qui a pour effet
d’augmenter dans une proportion considérable la proportion
de l’amidon qu’elles contiennent, de telle façon
que les parties infectées en sont gorgées, tandis que, dans
les parties encore saines, on n’en trouve que des traces.
Cette p ropriété n’est pas, du reste, p ropre à cette espèce
et on peut l ’observer sur bien d’autres parasites des
feuilles.
Le mycélium du Lophodermium macrosporum est
formé de tubes à parois très épaisses, mais de taille variable,
les uns gros les autres minces. Les gros se montrent
seuls au commencement de l ’infection; plus l ’altération
des tissus s’étend, plus les tubes diminuent de
taille. On a vu dans les parasites des bois des faits analogues.
C est quelques mois après que le brunissement a envahi
les aiguilles que les organes de fructification du
parasite commencent à s’y produire. Les aiguilles sur
lesquelles elles se forment, bien que d’un rouge brun,
restent fortement adhérentes au rameau, tandis que celles
où le parasite ne fructifie pas se détachent prématurément
et tombent à l ’automne ou à l ’hiver.
L a chute des aiguilles brunes de l’Épicéa, sur lesquelles
on ne trouve aucune fructification de parasite,
T
C H A M P I G N O N S P A R A S I T E S . 36g
est une forme de la maladie qui a été attribuée à des
causes fort diverses.
Les premiers rudiments des périthèces du Lophode rmium
commencent à se former dans l ’épiderme même
des aiguilles brunes. L à où ils doivent s’organiser, on
voit de nombreux et fins filaments de mycélium remplir
les cellules de l ’épiderme, et, en se divisant par des cloi-
F ig . 4 1 2 . — Lophodermium macrosporum.
Comm^ement fie U formation fitano péritMco .4 rintérlam- fie répiderme fi'.me feuille d’Épicéa.
(D’aprèi? M. R. Hartig.)
sons transversales en petits tronçons plus ou moins
arrondis (fig.412 ), former une masse granuleuse. Celle-ci
en croissant déchire l ’épiderme par la moitié, de telle
façon que la paroi supérieure revêtue de cuticule se trouve
séparée de l ’inférieure et repoussée vers l ’extérieur par la
masse fongique qui s ’est formée sous elle. Celle-ci est
d’abord entièrement incolore, mais bientôt sa partie
située vers l’extérieur se colore en brun foncé et forme
une sorte de couvercle bien plus épais sur le milieu de
la portion bombée que sur les bords, et sous lequel se
développeront les asques. Les cellules de la couche sum
a l a d i e s d e s p l a n t e s . — t . I I .