
en une sorte de bouillie, où l’on voit de nombreuses
cellules remplies des spores du parasite et qui sont libres
au milieu de la masse en putréfaction. A un degré plus
avancé de décomposition les membranes mêmes des
cellules pleines de spores ont disparu et les spores, soit
isolées, soit unies encore en petits amas, sont entièrement
libres.
Le nombre de ces spores est incalculable; leur taille
est extrêmement petite; elles atteignent à peine un diamètre
de 1,6 (seize dix millièmes de millimètre). En
les observant à un très fort grossissement,
on voit qu’elles sont formées d’une petite
boule de plasma enveloppée d’une
membrane lisse et incolore.
Elles germent dans le sol humide (fig.
2i). La coque de la spore se fend et le
plasma en sort. Il forme un petit corps
un peu allongé, en fuseau, et terminé
par un fin prolongement flagelliforme.
Ces petits corps sortis des spores nagent
dans l’eau, leur cil en avant, et se
fixent aux objets par un prolongement
en forme de tentacule. Ils peuvent en
F i g . 2 1 . — S p o r
e s GER.MANT
A DIVERS DEGRÉS
DE DÉVELOPPEMENT
0 D’après
M. Woronine.)
outre ramper à la façon des amibes, comme tous les
plasmodiums élémentaires que produisent à la germination
les spores des autres Myxomycètes.
Ils pénètrent dans les racines encore saines des Choux.
M. Woronine les a observés à l’intérieur des poils radicaux
et dans les cellules de la membrane pilifère des racines
de jeunes Choux qu’il avait placés dans de l’eau contenant
de nombreuses spores du Plasmodiophora. Il a de
plus obtenu la production des excroissances caractéristiques
de la maladie dans des cultures expérimentales.
Il mélangeait à la terre de quelques pots une certaine
quantité d’excroissances de racine de Chou en décomposition;
puis il y semait diverses sortes de Choux ;
les jeunes plants furent ensuite arrosés chaque jour
avec de l’eau dans laquelle on avait délayé des morceaux
d’excroissances tout à fait décomposées, ou en d’autres
termes de l’eau qui tenait en suspension une grande
quantité de spores mûres de Plasmodiophora. Presque
toutes les racines des Choux ainsi cultivés se couvrirent
d’excroissances, tandis que d’autres semis faits dans de
la terre non infectée et arrosés avec de l’eau distillée,
n’en présentèrent pas une seule.
Connaissant la véritable nature de la Hernie du chou,
sachant qu’elle est produite par le parasitisme du Pia s-
modiophora, on peut tirer de faits observés le moyen
pratique d’entraver le développement du parasite, et par
suite de la maladie qu’il cause. On ne saurait, bien
évidemment, détruire le Plasmodiophora à l’intérieur
des tumeurs, sans tuer en même temps la racine, mais on
peut empêcher qu’il se propage en se réensemençant.
On devra dans ce but arracher après la récolte, avec
leurs racines et aussi complètement que possible, tous
les troncs de Chou, et les brûler au lieu de les laisser
pourrir à la surface du sol, et d’en mélanger les débris
au printemps suivant à la terre où on placera les jeunes
plants. On détruira souvent ainsi une quantité considérable
de spores de Plasmodiophora.
Plus tard, quand on opérera le repiquage des Choux,
on devra visiter minutieusement les racines des jeunes
plants. Tous ceux qui présenteront la plus légère trace
d’excroissance sur leurs racines, devront être brûlés sans
hésitation. Il conviendra, en outre, de ne pas continuer
à planter des Choux ou des Raves dans un terrain où il
y aura eu l’année précédente des pieds atteints de hernie.
Ce sol doit être considéré comme infecté pour les