
intensité les extrémités jeunes, le bout des pousses après
avoir été d’abord blanchi par ï Oidium devient noir, ne
s’accroît plus et se dessèche sur une certaine longueur.
Les pousses attaquées par Y Oidium s’aoûtent mal en
général et sont aisément détruites par les gelées. Le plus
souvent toutefois, il n’en est pas ainsi et tout le mal se
borne à la production de plaques d’un noir brun qui
signalent à l’arrière-saison les places qui ont été envahies
par le mycélium.
Sur les feuilles, Y Oidium forme des plaques grisâtres
dues à son mycélium; il peut disparaître en laissant seulement
des points bruns, bien visibles sur la face supérieure
et sans nuire beaucoup à la végétation, mais quand les
feuilles sont attaquées au moment où elles sont encore
jeunes et en voie de croissance, leur développement est
altéré et se fait d’une façon fort irrégulière; elles se
recoquillent et souvent se dessèchent.
C’est surtout sur les grains que l’invasion du mycélium
de Y Oidium produit des effets funestes. S’il se développe
sur les fleurs et les jeunes pistils il en produit la
coulure, le dessèchement et la chute. Quand les grains
sont déjà un peu plus gros au moment où le mycélium
les envahit, ils peuvent ne pas sécher et continuer de
croître et de grossir un peu, mais leur pellicule durcit,
ne s’étend plus et ne peut suivre l’accroissement des
parties intérieures dans lesquelles la multiplication et
l ’extension des cellules n’est pas arrêtée. La peau finit
alors par éclater, le grain se fend au point bien souvent
de laisser apparaître les pépins (fig. 201).
Le grain crevé, dont la chair est ainsi exposée à l’air,
:se dessèche ou pourrit si le temps est humide. Parfois
.cependant quand la crevasse n’est pas très profonde et
•qu’elle se produit de bonne heure, ses bords peuvent se
cicatriser et le grain continuer encore de croître.
Lorsque le mycélium forme seulement une tache à la
surface du grain, sans l’envahir en entier, le grain n’éclate
pas. La partie tuée de la peau qui est brune et dure,
distendue par l’accroissement des parties sous-jacentes,
se fendille et se gerce et peut se détacher par fragments.
Sous l’influence de Y Oidium la récolte peut être absolument
compromise; — elle a été détruite presque complètement
durant plusieurs années quand on n’avait pas
encore employé les traitements qui permettent maintenant
d’arrêter les progrès du mal, — mais la végétation
F ig . 2 0 1 . — G r a in s d e
R A IS IN ATTAQUÉS PA R
UOidium Tuckeri.
F ig . 2 0 2 . — Uncinula americana
forme Oidium Tuckeri.
de la Vigne n’en souffre que peu et les pieds qui ont été
le plus fortement attaqués peuvent redevenir très vigoureux
si la maladie ne reparaît pas.
Durant toute la période de végétation de la Vigne,
depuis l’époque de la floraison jusqu’à celle de la vérai-
son surtout, le parasite prend un développement rapide
et se multiplie par les conidies qui se forment à l’extrémité
de filaments conidiophores dressés; il est fort
semblable aux Oidium des autres E ry s iph e (fig. 302). Ses
conidies qui se forment successivenaent se détachent
d’ordinaire à mesure, de telle façon que l’on n’observe à
l’extrémité du conidiophore qu’une seule conidie ellip-
tiaue ou oblongue bien formée, l’article suivant du coni