
M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
nus soit ligneux, en forme de console, de sabot de cheval,
etc., attachés latéralement par toute leur base à l’arbre
dans l’intérieur duquel est répandu leur mycélium ou
même portés à l’extrémité d’un pied rétréci latéral ou
central.
A côté du mode de fructification ordinaire et bien
connu des Hyménomycètes où les spores se forment
en nombre déterminé (4 le plus souvent) sur les basides
de l’hyménium, on a signalé encore un mode accessoire
de fructification dans un certain nombre d’espèces de
Polypores. C’est ainsi que : M. Brefeld a vu des conidies
portées directement par le mycélium du Polyporiis
annosus. M. de Seynes a découvert des spores analogues,
non plus seulement sur le mycélium mais à la surface
et à l’intérieur même du chapeau du Polyporiis
sulphureus, du Polyporus biennis et de la Fistuline.
Polyporus.
. L ’ancien genre Polypore que l’on a diversement divisé
en genres distincts contient beaucoup d’espèces qui
attaquent les arbres des forêts et des vergers et causent
des dégâts qui peuvent être extrêmement redoutables.
Le plus souvent tout en attaquant les parties saines du
bois dont ils causent l’altération, ils se nourrissent des
produits de cette altération et des matériaux morts du
corps ligneux. Ils nuisent à l’arbre à la façon du Stereum
frustulosum et de VHydnum diversidens. Pénétrant
dans l’arbre par une branche brisée ou une plaie où le
vieux bois est à nu, ils forment les foyers d’une désorganisation
qui gagne de plus en plus vers l’extérieur,
vers la partie essentiellement vivante où se forme chaque
année une couche nouvelle de bois. Pourtant la marche
de la corrosion est lente; le mycélium se nourrit des )
tissus morts, et c’est dans la zone récemment tuée qu il ,
présente le plus abondant développement; dans le bois
sain il envoie seulement de fines ramifications qui y
versent la diastase acide qui le tue. La pourriture du
coeur pénétrant par le haut de l’arbre s’étend peu à peu,
la partie vivante est réduite à n’être plus qu’un tube
dont la solidité diminue déplus en plus, l’arbre pourri
au coeur est exposé à être brise et renversé par le vent,
mais il vit souvent bien longtemps encore.
Il est d’autres Polypores dont l’action est infiniment
plus active et plus redoutables : ce sont ceux qui attaquent
spécialement les parties extérieures, les plus jeunes
et les plus vivantes du bois du bas du tronc et des
racines. Tel est le Polyporus annosus.
Polyporus annosus Fries.
Syn. : Polyporus subpileatuS Weinm. — Polyporus serpentariuS
Pers. — Polyporus resinosus Rostk. — Polyporus scoticus Klotsch. —
Trametes vadiciperda R. Hart.
Ce redoutable parasite attaque ordinairement les arbres
résineux, particulièrement l ’Epicéa et le Pin. Il
pénètre dans le bois par les plaies faites aux racines^ et,
gagnant de proche en proche, atteint le tronc et même
s’y élève dans l’Épicéa à une grande hauteur en décomposant
peu à peu le bois.
Souvent il tue les jeunes Pins de 4 à 5 ans, mais le
plus ordinairement c’est sur des peuplements d’Epicea
et de Pin de 40 à 60 ans que la maladie exerce surtout
ses ravages.
Les bois formés d’un mélange d’arbres feuillus et re