
derme; ils sont courts et ordinairement cloisonnés, un
peu noueux au sommet, de couleur brunâtre ; ils portent
à leur extrémité chacun une conidie incolore, cylindrique,
effilée divisée par des cloisons et qui mesure de 70
à 120 [J. de long sur 3 à 4 ¡a de large (fig. 407).
Ces conidies germent très aisément et dans les années
humides les taches se multiplient avec une rapidité très
grande, mais malgré leur nombre considérable, elles
n’occupent le plus souvent qu’une assez faible partie de
l’étendue de la feuille; et, à moins qu’elles ne prennent
un développement tout à fait exceptionnel, elles n’ont pas,
il semble, une influence bien importante sur la végétation
de la Betterave.
M. von Thümen regarde cependant cette maladie
comme fort dangereuse et il propose pour en arrêter le
développement d’enlever les feuilles de Betteraves dès
que les taches caractéristiques du Cercospora y apparaissent.
Cette opération devrait être faite à temps et très
rapidement, car la dissémination des spores se fait bientôt
d’une façon si générale qu’il faudrait pour faire disparaître
tous les petits foyers d’infection effeuiller les
Betteraves d’une façon dangereuse pour leur végétation.
Cladosporium fulvum Cooke
Maladie des Tomates.
Les Tomates cultivées en serre dans le nord de la
France y sont souvent atteintes d’une maladie fort grave,
dont le Cladosporium fu lvum est la cause.
Les feuilles des pieds attaqués semblent presque étiolées;
elles jaunissent sur des portions mal limitées du
limbe qui peuvent atteindre souvent une étendue de
(1) F. von Thümen, Z)/e B ekämp fu n g dei' P ilzk rankh eiten p. 5 2 . Wien.
plusieurs centimètres. Une seule feuille peut porter deux
ou plusieurs de ces taches.
Les parties de la feuille qui sont tout à fait jaunes en
dessus, sont couvertes en dessous d’un revêtement velouté
d’un gris olivâtre qui est formé par les touffes serrées
des conidiophores du Cladosporium fulvum.
Le mycélium brunâtre assez clair du parasite s’étend
entre les cellules du parenchyme d e là feuille. 11 émet
des touffes de conidiophores dressés, pluricellulaires,
F i g . 408. — Cladosporium fu lvum .
A, Touffes de conidiophores portant, des conidies. — B, Conidies isolées plus grossies.
rarement ramifiés, qui portent à leur sommet des spores
oblongues, uniseptées, longues de 1 0 à 1 2 ¡a , larges
de 4 à 5 IA, qui peuvent se succéder sans se détacher, de
façon à former des chapelets (fig. 4 0 8 ) .
Les plantes attaquées par le Cladosporium sont languissantes
et ne portent que peu de fruits.
Il n’est pas douteux que le Cladosporium fulvum soit
parasite (i). Des essais d’infection faits sur un pied de tomate
absolument sain ont été très bien réussis. Au bout
de trois semaines environ, un grand nombre de feuilles
ont commencé à se flétrir par places et les fructifications
(i) Priliieux et Delacroix, Sur une maladie des Tomates causée p a r le Cia-
dosporium fulvum Cooke. Bulletin de la Société mycologique de France,
t. Vl l l , p. 19, II décembre 1890.