
sulfate de fer sur lequel on verse un litre d’acide sulfurique
à 53“ , puis on fait dissoudre dans lo o litres d’eau
chaude en agitant avec un bâton.
On traite la Vigne un peu avant le bourgeonnement;
on fait d’ordinaire le badigeonnage des ceps avec un
pinceau ou un petit paquet de chiffons attachés à l’extrémité
d’un manche ; on imbibe ainsi fortement la souche,
les bras, les coursons et les longs bois sans chercher
à respecter les yeux. Le traitement ne cause aucun dommage
: le bourgeonnement peut être un peu retardé,
mais les pousses n’en sont pas moins vigoureuses.
Les pulvérisateurs peuvent être employés avec grand
avantage pour traiter l’Anthracnose, ils permettent de
faire un travail plus rapide qu’avec le pinceau. Mais il
convient de choisir de préférence des instruments à réservoir
en verre; car le liquide très corrosif dont on
doit faire usage attaquerait trop rapidement les réservoirs
métalliques.
Quand l ’Anthracnose se développe pendant le cours
de la végétation on peut la combattre par le soufrage;
mais ce traitement ne produit de bons effets que quand
il est fait au commencement de l’invasion. On mélange
souvent au soufre du sulfate de fer en poudre ou
de la chaux. Cette opération entrave la germination des
spores; elle doit être répétée plusieurs fois et sert, du
reste, pour protéger la Vigne à la fois contre l ’Anthracnose
et contre l ’Oïdium.
G loe o sp o r ium R ib i s (Lib.) Mntgn. et Desm.
Maladie des feuilles du Groseillier.
Les Groseilliers sont souvent attaqués par un Gloeosporium
qui les affaiblit et les épuise en les dépouillant
CH AMP I G N O N S P A R A S I T E S .
de leur feuillage dès le milieu de l’été. On voit d’abord
sur la face supérieure des feuilles vertes des points d’un
brun rougeâtre qui souvent s’étendent en produisant
une tache desséchée, de couleur fauve, entourée d’un
cercle brun ; ou bien une grande partie de la feuille meurt
et se dessèche et les feuilles ainsi attaquées se détachent
et tombent, en laissant le Groseillier à peu près complètement
dépouillé de feuillage en plein été.
Sur la facesupérieure des feuilles attaquées, on voit une
quantité de petites taches brunes, produites par les fructi-
F ig. 384. — Gloeosporium Ribis.
A, Touffe de conitïiopliorcs entourée et cotrvcrtc sur ses bords par répidcnue. — B, Conidies fortement
grossies.
tications du Gloeosporium Ribis recouvertes par l’épi-
derme coloré en brun foncé (fig. 384). Cet épiderme se
déchire pour laisser sortir les amas de spores, qui se sont
formées à l’extrémité de basides cylindriques, pressées
les uns contreles autres, en une couche fructifère sous-
épidermique. Les conidies sont incolores, pointues par
les deux bouts et recourbées en forme de croissant. Elles
ont 10 p. de long sur 5 à 6 p de large. L ’épiderme bruni
forme en se déchirant une sorte d’enveloppe qui entoure
le petit espace couvert de basides et de spores
amoncelées. La maladie attaque les Cassis {Ribes ni-
gnim) aussi bien que les Groseilliers {R. rubrum). Elle
est fort répandue dans les jardins.
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