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alors des filaments dressés, un peu élargis à la base,
longs de 3o à 35 [x, au sommet desquels se forment des
conidies oblongucs, d’un brun clair, le plus souvent bi-
septécs, quelquefois uniseptées ou même entières, un
peu rétrécies au niveau des cloisons. Elles mesurent de
26 à 36 a de long sur 10 à 12 ,ix de large.
Elles germent dans l’eau cn quelques heures, ciiémei-
tant un tube de germination à chaque extrémité.
Portées par la pluie ou le vent sur les jeunes pousses,
elles en produisent rapidement l’infection; leurs tubes
de germination forment dans l’écorce un mycélium qui
se développe en envahissant les tissus du rameau, sur
une longueur de 5 à 10 centimètres, sans en causer immédiatement
la mort.
A l’automne, au moment de la chute des feuilles, la
maladie des rameaux attaqués ne se manifeste encore
par aucun signe extérieur.
Au printemps, les bourgeons des pousses malades se
gonflent, mais il se dessèchent bientôt, et c’est alors que
les fructifications du parasite se forment dans l’écorce
envahie déjà depuis un an.
On ne connaît que cette forme conidienne du parasite.
P E ST A LO Z Z IA
Les Pestalo0 a sont des petits champignons saprophytes
ou parasites qui attaquent les tiges ouïes feuilles, y
forment de petits coussinets de stroma au-dessous du
tégument, périderme ou épiderme, de l’organe attaqué ; ils
le rompent ct se couvrent de petites spores de forme très
caractérisée. Elles sont divisées par 3 cloisons transversales
en 4 compartiments, dont les deux terminaux restent
incolores, tandis que les médians sont colorés en
brun.
C H A M P I G N O N S P A R A S I T E S . 335
En ouire, le sommet de la spore porte un ou plusieurs
cils à peu près comme les pycnospores des Dilophospora.
P e s t a lo z z ia H a r t ig i i von Tubeuf.
Maladie du collet des plants d’Epicéa ct de Sapin.
On a observé dans les pépinières, dans différents
points de l’Allemagne, une maladie des plants d’Epicca
et de Sapin qui, signalée d’abord par Hartig, a été particulièrement
étudiée par M. von Tubeuf et rapportée
par lui au parasitisme d’un champignon du genre Pes-
talo0 a.
En été, on voit un nombre plus ou moins grand des
jeunes plants pâlir, puis mourir, tout en ayant donné
une pousse de l’année vigoureuse. Quand on les arrache,
on voit qu’immédiatement au-dessus du niveau du sol
leur écorce est desséchée. Sur des plantes fraîches et encore
vivantes, on trouve l’écorce brunie tout autour de
la tige jusqu’au corps ligneux et desséchée sur une longueur
de 2 à 4 centimètres, tout en paraissant extérieurement
intacte. Au-dessus decc point la tige est renflée;
elle a continué de vivre et de grossir pendant quelque
temps; mais quand le corps ligneux est mort et desséché,
à la place où l’écorce a été tout d’abord tuée, la
plante entière ne tarde pas à mourir.
Dans l’ccorce, au point où la tige sc rétrécit, on trouve
dans le tissu nécrosé, le mycélium d’un Pcstalo0 a qui
fructifie à la surface, en produisant tantôt des sortes de
pycnides largement ouvertes, tantôt un coussinet de
stroma à bords seulement un peu relevés en forme d’assiette.
La face supérieure de ces cupules plus ou moins
(1) R. Hartig, Allgem. Fo rs t-und Ja g d -fiitu tig , i 883, p. 40S.