
extrémité reste contenue dans l’enveloppe
de la graine et absorbe les matières alimentaires
que renferme l’albumen, tandis
que la partie intermédiaire, la tigelle,
s’allonge et que la portion radiculaire se
fixe dans le sol en s’y enfonçant de quelques
millimètres (fig. 474).
Cette extrémité radiculaire renflée du
corps de l’embryon de la Cuscute ne s’implante
F ig . 4 73.
C o u p e d ’ u n e
GRAINE DE CuS-
cuta epithymum.
pas dans les tissus d’une plante nourricière comme
celle de l’Orobanche, ce n’est pas un suçoir primaire.
Elle absorbe dans le sol l’humidité nécessaire à la végé-
F ig . 4 7 4 . — G e r m in a t io n d e C u s c u t e a d iv e r s d e g r é s
DE DÉVELOPPEMENT.
tation de la Cuscute naissante; du reste, elle n’a qu’une
existence fort courte, elle ne croît point et meurt de très
bonne heure.
Elle est comme l’extrémité inférieure de- l’embryon
de rOrobanche dépourvue de pilorhize.
La tigelle s’allonge et se dresse , ayant son extrémité
courbée en crosse, coiffée par les téguments de la graine.
Quand tout l’albumen a été absorbé par la petite plante et
que celle-ci a atteint 3 à 4 centimètres de longueur, l’enveloppe
vidée de la graine tombe (fig. 474 B). A partir
de ce moment la plantule continue de s’allonger en
consommant les matières mises en réserve dans l’extrémité
radiculaire renflée et dans le bas de la tigelle. Ses
parties inférieures s’épuisent et meurent à mesure
qu’elle croît par son extrémité supérieure, en formant
de nouveaux tissus aux dépens de ceux où la vie s’étemt,
et cela jusqu’au moment où ayant consommé toutes
les réserves et ne tirant rien du dehors elle finit par
mourir, si elle n’a pu trouver à sa portée une plante
nourricière sur laquelle elle soit parvenue à se fixer (i).
Dans un milieu humide, une plantule de Cuscute peut
rester ainsi vivante pendant deux ou trois semaines
sans puiser sa nourriture dans une plante étrangèie.
La partie inférieure mourante de la tigelle est couchée
sans soutien sur le sol; la partie vivante se redresse et,
tout en s’allongeant, décrit des mouvements de nutation
circulaire jusqu’à ce qu’elle ait atteint une plante
nourricière ou qu’elle meure d’épuisement.
Aussitôt qu’elle rencontre la tige d’une plante capable
de la nourrir, la jeune Cuscute l’enlace en s’enroulant
autour d’elle à la façon d’une vrille (fig. 474 C), puis y
enfonce des suçoirs, qui se forment seulement sur les
points où sa tige touche la surface de la plante nourricière,
jamais sur le côté libre. Ils naissent à la file, rap-
(I) L . K o c h , Untersuchungen über die Entu’ ickeluiig der Cuscuten. Bot.
Abhandl. h e ra u s g e g e b . v . d. H a n s te in , B d , I I , H e ft. 3 , ¡8 7 4 .