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Mildiou et du Rot. Du reste on distinguait vaguement
sous les noms de Rot gris {g rey Rot] Rot brun [brown
Rot) Rot sec [dry Rot) et Rot noir [black Rot) plusieurs
maladies des raisins.
Quand le Mildiou commença à se développer en
France on ne pensa pas tout d’abord que le Peronospora
pût attaquer les grains. On ne considéra que la brûlure
des feuilles, et ses conséquences. Quand on voyait les
grappes se dessécher sur les pieds dépouillés de feuilles on
pensait qu’elles étaient grillées par le soleil contre l’ardeur
duquel elles n’avaient plus d’abri. Mais quand on vit
sur des pieds de Jacquez ayant encore un feuillage épais,
bien que fortement attaqué par le Mildiou, les grappes
bien abritées contre le soleil se dessécher, leurs grains se
rider et tomber à la moindre secousse, on dut bien admettre
que dans de telles conditions les grains altérés
n’étaient pas grillés par le soleil et il était naturel de
se demander s’ils n’étaient pas eux-mêmes atteints par
le Peronospora. On put alors reconnaître à l’intérieur
bruni de la pulpe des grains malades la présence d’un
mycélium formé de tubes variqueux dépourvus de cloisons
qui se glissent entre les cellules et y plongent des
suçoirs en forme d’ampoules. Il présente les mêmes
caractères que le mycélium du Peronospora des feuilles,
mais avec certaines particularités singulières et toutes
spéciales. Ses rameaux sont plus dilatés, plus bizarrement
ramifiés ; ils s’étalent parfois à la surface des cellules
en produisant une quantité de petites ramifications
disposées comme les barbes d’une plume (fig. 48). 11
n’y a pas à douter cependant de l ’identité du mycélium
des grains et des feuilles. On peut en trouver une preuve
directe en ouvrant un grand nombre de grains attaqués;
on en voit de temps en temps quelques-uns qui
présentent à leur intérieur, surtout sur le point où sont
attachés les pépins et sur les pépins eux-mêmes, un
duvet fin formé par des conidiophores pareils à ceux qui
se développent
normal eni eut
sur les feuilles
et chargés de conidies.
Ils naissent
de l’extrémité
débranchés
du mycélium très
courtes , trè s
nombreuses, qui
rappellent un
peu l’aspect de
branches de corail
et se pelotonnent
en petites
masses dans
l’étroite loge où
sont serrés les
pépins (fig. 49).
Les conidies se
forment a in s i
q u e lq u e f o i s
spontanément,
mais exceptionn
e llem en t, à
l’intérieur des
grains. On peut
F ig . 4 8 . — Peronospora viticola.
M y c é lium du p a ras ite dans la c h a ir d’ uu g ra in de ra is in
en faciliter la
a t t e in t du R o t b ru n .
production en
coupant les grains altérés et les plaçant à 1 humidité
sous une petite cloche de verre (i).
(i) P r illie ü x , Rapport au Ministre de l’Agriculture, a o û t 1 8 8 2 . Bulletin
M A L A D IE S D E S P L A N T E S . ®