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M A L A D I E S DE S P L A N T E S A G R I C O L E S .
au Laboratoire de pathologie végétale dans des conditions
convenables, se sont couvertes à l’automne sur les
taches malades de petits conceptacles qui ont permis de
rapporter le champignon parasite au genre Diplodina.
On a désigné sous ce nom des champignons dont on
ne connaît pas de forme ascophore et qui produisent
seulement des pycnides globuleuses, noires, sous-cuta-
nées ou se montrant à la surface à travers le périderme
déchiré et contenant des spores ellipsoïdes oblongues ou
fusiformes, hyalines et divisées en deux par une cloison.
Le Diplodina qui produit le Javart du Châtaignier
est le Diplodina Castaneae. Ses conceptacles souvent
réunis plusieurs ensemble, sont alors pluriloculaires; ils
percent la lame de périderme sur les plaques d’écorce desséchée
et versent au dehors de fines spores fusoides,
uniseptées, ayant de 6 à 7 jx de long sur i à i , 5 de large,
portées par de longs stérigmates aciculaires couvrant
toute la paroi interne de la cavité.
Diplodina p a ra s it ic a (R. Hartig) Prill.
Maladie des jeunes pousses de l’Epicea.
Syn. ; Septoria parasitica R. Hart.
M. R. Hartig a signalé une maladie qu’il a observée
durant plusieurs années sur les Épicéas. Elle apparaît
déjà dans les pépinières sur les plants de 2 à 3 ans,
mais se montre aussi sur les arbres déjà formés et aL
teint même les Épicéas déjà vieux, sur lesquels on voit
des pousses mortes dans les parties inférieures de la
(I) R. Hai-tig, Einc Krankheit der Fichtenlriebe. -Zeitsch riftfür Forstund
Ja g dw e s en , X X I I , i8ç)o.
couronne, bien qu’au premier abord les arbres attaqués
paraissent sains.
La maladie se manifeste au mois de mai, au moment
où les jeunes pousses sont encore tendres et délicates.
Les aiguilles à partir de la base ou du milieu de la pousse
brunissent, puis tombent. La pousse est encore complètement
verte à l’extrémité, mais elle se fane sur les
rameaux latéraux et pend vers la terre. La lésion s’étend
vers le sommet de la pousse et finalement toute la jeune
branche se dépouille de ses aiguilles; elle n’en conserve
que quelques unes, qui sont mortes, vers son extrémité.
Très souvent, c’est à la base de la pousse, là où elle
est couverte par les écailles du bourgeon de l ’année précédente,
que se manifestent les premières attaques du
mal.
Sa base étant désorganisée par le mycélium du champignon
parasite qui l’envahit, la pousse fléchit sous son
poids et s’abaisse.
Cette maladie apparaissant en mai ou au commencement
de juin a pu être confondue avec les dommages
causés par le froid, mais sa marche progressive permet
de la distinguer de l’action de la gelée qui atteint à la
fois de nombreuses pousses dont toutes les aiguilles
sont tuées en même temps.
Sur les rameaux morts d’Épicéa on trouve dans le
cours de l’été de petits conceptacles ayant l’apparence
de tubercules ou de sclérotes noirs. Ils se montrent
souvent exclusivement à la base de la pousse morte,
cachés entre les écailles du bourgeon; ils sont si petits
qu’on les distingue à peine à l’oeil nu.
Us crèvent l’épiderme pour apparaître au dehors
ou se forment sur la cicatrice du coussinet des feuilles
tombées. II s’en produit aussi, assez souvent,