
M A L A D I E S D E S P L A N T E S A G R I C O L E S .
rivant en très peu de temps à faire le tour complet de la
tige (i) (fig. 363). On constate fréquemment plusieurs
points d’attaque à une hauteur de o” , 5o à i m. à partir
du pied.
L ’écorce atteinte perd vite sa coloration normale; elle
prend le même aspect que si elle
avait été fortement contusionnée,
devient brunâtre, se déprime et peu
de temps après, se dessèche et se
crevasse en petites plaques qui se
soulèvent, se détachent même sur
certains points et laissent le bois
complètement à nu. Le bois est lui-
même altéré; les ouvriers savent
qu’il est alors impossible de refendre
les perches.
Les plaies du Javart ressemblent
assez aux chancres du pommier,
mais elles sont moins localisées : le
plus souvent les tiges sont complètement
atteintes sur une hauteur
d’un mètre à partir de la souche.
Les souches qui ont donné des
bois endommagés par le Javart produisent,
après l’exploitation, des
rejets sur lesquels la maladie se manifeste
déjà; c’est sur de telles pousses
F i g . 3 63 . — P o u s s e d e
C h â t a i g n i e r a t t e i n t e
d e J a v a r t .
d’un an qu’ont été observées les fructifications du
champignon parasite représentées sur les fig. 363 et 364.
Les trois quarts des brins dont l’écorce est atteinte
par le Javart poussent mal jusqu’à l’époque de la coupe.
(I) Prillieux.et Delacroix, le Ja v a r t , maladie des Châtaigniers. Bulletin '
d e là Société' mycologique, t. IX, p. ayS, i 8g3.
CH AMP IG NO N S P A R A S I T E S . 291
La pousse de première année est moitié moins longue
qu’une pousse normale; celle de seconde année égale
à peine la moitié de la première; les suivantes vont
toujours en diminuant et deviennent presque nulles;
c’est à peine si elles atteignent quelques centimètres
de long dans les dernières années qui précèdent l’exploitation.
Un quart des tiges meurt avant d’avoir atteint 7 ou
F ig . 3 6 4 . — Diplodina Castaneae.
A, Coupe d’imc pyenidc. — B , Partie de la paroi do la pycnide plus grossie. — C, S^pores isolées
très grossies.
8 ans, âge auquel les taillis sont le plus communément
exploités. Le préjudice causé parle Javart peut être évalué
au tiers du prix de vente sur pied. Tandis que la
coupe se vend sur pied de 440 à 460 fr. l ’hectare quand
elle est saine, le prix de la vente s’abaisse à 3oofr., 280 fr.
et même seulement 240 fr., quand le bois est atteint
par le Javart. Le cercleur lui-même éprouve une perte
de 25 à 28 0/0, lorsqu’il exploite un taillis malade,
car il est obligé de rejeter comme rebut nombre des
perches atteintes.
Des pousses d’un an attaquées par le Javart qui avaient
été rapportées du Limousin au milieu de l’été, placées
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