
Les sarments détachés de la souche pour êtreboutur is
sont assez souvent attaqués par le B o t ry t is cinerea qui
y produit ses sclérotes. Sur les greffes-boutures, le parasite
pénètre soit dans le sujet, soit dans le greffon dont il
tue l’écorce et le bois.
Il forme le plus souvent des sclérotes à la surface des
tissus coupés entre le sujet et le greffon (i). Cette destruction
des boutures par le B o try tis cinerea ne se produit
du reste de façon à causer des dommages que
quand les sarments sont placés dans des conditions
de conservation défectueuse, par exemple dans du sahle
trop humide.
Dans les vignobles, le B o t r y t is attaque souvent les
raisins dans les années humides, et les fait pourrir.
Le s jeunes grappes peuvent être envahies dès l ’époque
de la floraison, elles pourrissent et tombent; mais c’est
surtout quand les grains ont déjà atteint la moitié de
leur grosseur que les grappes, surtout quand elles sont
serrées et compactes, sont fréquemment attaquées et en
partie détruites par le B o t r y t is c inerea. Le mal débute
sur un grain et gagne rapidement de proche en proche.
Les grains envahis par le parasite prennent tout d’abord
une teinte jaune grisâtre, terreuse; leur surface s’affaisse,
ils se flétrissent, se dessèchent et se couvrent finalement
du velouté gris cendré qui caractérise la maladie.
Les dégâts ainsi produits sont souvent assez graves
pour entraîner la perte d’un cinquième et même d’un
quart de la récolte.
Quand le B o t r y t is cinerea se développe seulementsur
les raisins déjà parvenus à maturité, il ne cause pas de
dommage; au contraire, il améliore dans une certaine
proportion la qualité du moût provenant particulière-
(I) Via la, Une maladie des greffes-boutures. Revue générale de Botanique,
18 9 1.
ment de cépages dont les grains ont la peau épaisse, en
■ produisant ce que l ’on a nommé la pourriture no-
nle ( i).
On sait que les raisins blancs de Sauternes et des
bords du Rhin se récoltent seulement quand ils ont dépassé
ce que l’on considère comme la maturité ordinaire,
quand ils sont passerillés et ridés; ils sont souvent
alors envahis par la « pourriture noble ».
Dans ce cas, le B o t ry t is ne pénètre guère que dans la
veau du g ra in ; il en tue les cellules superficielles qui
iM'unissent et laissent plus facilement évaporer l ’eau
contenue dans la pulpe. Le grain envahi ainsi par le
B o try tis se passerille plus vite et plus complètement.
La proportion de sucre et d’acide contenue dansle moût
des raisins qui ont subi la pourriture noble, augmente
par suite de la peine d’e au ; en outre, il se produit une
diminution dans la quantité de matière azotée soluble,
tandis que la proportion de la matière azotée insoluble
augmente. T o u t en activant l ’évaporation du jus. le
champignon qui se nourrit de la matière du grain, v
consomme plus rapidement la matière azotée soluble et
l'acide que le sucre. Son action a pour effet de rendre le
moût plus concentré et plus sucré.
L a fermentation s’y fait très lentement, et dure très
longtemps, et le vin qui en provient prend quelque
chose du goût des vins cuits.
L e B o t ry t is c inerea n’attaque pas seulement la 'Vigne.
Sur une quantité de plantes dont 011 voit au début les
liges brunir, faner et se dessécher sans cause apparente,
on trouve dans la moelle des sclérotes qui produisent des
{ i)L a « P o u rr itu re noble » dans la vinification, par M. Sauvageau. Revue
de viticuUure. p. 145, 1894. D'après M. M ülle r-T h urg au , Ueber die Veraen-
derungcn welche d ie E d e lfa eu le an den Trauben ursacht. Landwirtscli.
Jahrb. i888.