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Les touffes d’Orçbanche poussent nombreuses et fortes
près de la tige du Ch anvre ; les jeunes parasites y trouvent
à leur portée de nombreuses racines nourricières,
d’où elles tirent leur nourriture en y portant leurs
suçoirs secondaires. Un pied d’Orobanche rameuse peut
donner ainsi une véritable touffe de lo à i 5 hampes.
Si une graine germe sur une racine isolée, la petite
Orobanche qu’elle produit reste faible. E n général à
une certaine distance des pieds de Chanvre, les touffes
d’Orobanche moins bien nourries prennent un développement
plus faible.
L ’action de l ’Orobanche est plus ou moins intense et
pernicieuse, selon l ’étatde développementoù est parvenu
le Chanvre quand le parasite s’implante sur ses racines.
Un pied dont la croissance est déjà avancée souffre peu
de l’invasion du parasite, tandis qu’il en est tout autrement
si c’est une plante jeune et peu avancée dans sa
croissance qu’attaque l’Orobanche; elle peut Lépuiser
au point d’entraîner sa mort avant qu’elle ait dépassé
une hauteur de 3o centimètres. Mais même quand le
développement de la plante nourricière n’est pas très
notablement en tra v é ,la dessiccationprématuréedestiges
est la conséquence de l’épuisement produit par le parasite
et il en résulte un très notable dommage, car la production
de la filasse en est considérablement diminuée
en qualité et en quantité.
C’est quand le sol contient de nombreuses graines
d’Orobanche rameuse que l ’infection du Chanvre a lieu
le plus tôt et qu’elle cause le plus de mal. L ’alternance
des cultures plaçant à la suite du Chanvre des plantes
que rOrobanche n’attaque pas et ne ramenant qu’à un
long intervalle le Chanvre sur le terrain infecté est le
meilleur moyen de prévenir l’invasion du parasite.
Le dommage atteint au contraire son maximum si au
P H A N É R O G A M E S P A R A S I T E S .
Chanvre on fait succéder au bout de peu de temps la
culture du Tabac qui est pour l’Orobanche rameuse
une plante nourricière au moins aussi favorable que le
Chanvre.
Su r le Tabac.
L e Tabac ne se cultive pas comme le Chanvre. On
sème sur couche ses graines qui sont d’une grande ténuité
et on repique ensuite les jeunes plants.
11 convient tout d’abord de veiller avec grand soin à
ce que les semences de Tab a c ne soient pas mélangées
de graines d’Orobanche. E lle s sont petites les unes et
les autres, mais il y a cependant entre elles une grande
différence de taille; les graines de l’Orobanche rameuse
sont beaucoup plus ténues que celles du Tabac et on
peut avec des cribles très fins les séparer sans difficulté.
On doit prendre grand soin aussi que la terrre des bâches
ne soit point infectée par les graines d’Orobanche.
C ’est au repiquage dans les champs, principalement
en mai ou en juin que l’infection des jeunes plants se
produit, quand le sol a porté précédemment des cultures
qui ont été envahies par l’Orobanche rameuse, dont les
graines demeurent longtemps en terre sans perdre la
faculté de germer.
Dans les cas où l’infection atteint une intensité
moyenne, on voit les inflorescences d’Orobanche apparaître
autour de quelq ues pieds de Tabac vers le moment
du deuxième binage, quand la plante a déjà parcouru la
moitié de la durée de sa végétation. Les hampes apparaissent
successivement. D’ordinaire, on ne les trouve
qu’en petit nombre et isolées en août; elles peuvent
échapper à l ’observation, mais plus tard ces pousses iso lées
deviennent des touffes et se montrent plus nom