
une touffe de 3 à 5 par stomate. Ils poussent d’ahord
droits, en forme de tronc, et n’émettent de branches au
nombre de 4 à 5 le plus souvent que dans leur tiers supérieur.
Les branches inférieures sont les plus longues,
elles se ramifient elles-mêmes en portant de courts rameaux.
La flèche du petit arbre et tous ses rameaux
portent les conidies par groupe de trois à l’extrémité de
petites pointes, que l’on nomme stérigmates, et qui sont
les ramules ultimes du conidiophore.
Les rameaux de tout ordre du conidiophore naissent
à angle droit les uns des autres. Les branches de premier
ordre s’étendant dans un plan, le plan de ramification
des rameaux de second ordre est perpendiculaire
au premier celui des rameaux de troisième ordre à ceux
des rameaux de premier et second ordre. Cette disposition
des branches écartées toutes à angle droit donne
aux arbres conidiophores du Peronospora viticola un
aspect très caractéristique. Parfois cependant la branche
la plus inférieure au lieu de s’étendre horizontalement
se redresse et fait flèche pour ainsi dire, de telle façon
que le tronc semble se bifurquer, mais, à part ce cas
exceptionnel, les ramifications sont toujours à angle
droit.
Les arbres conidiophores se développent très rapidement.
Dans l’espace d’une nuit, non seulement ils
achèvent leur croissance, mais ils se couvrent de conidies
qui sont mûres avant le matin. Le plasma qui remplit
d’abord le jeune conidiophore se concentre à son
sommet abandonnant le tronc qui se vide et il s’y
produit, au dessous de la branche la plus inférieure,
une cloison transversale qui l’isole des ramifications.
Les stérigmates qui se forment à l’extrémité des 11
meaux sont normalement au nombre de trois, un tei-
minai et deux latéraux; parfois cependant il en avoue
quelques-uns et le rameau peut être bifurqué et non
trifurqué.
L’extrémité de chaque stérigmate se gonfle, s’arrondit
de façon à ressembler à une tête d’épingle; c’est
une conidie naissante qui, en grossissant davantage
s’allonge, devient ovoïde, puis s’isole du stérigmate
par une cloison. Ces conidies parvenues à maturité sont
lisses et incolores; elles sont ovoïdes bien qu’un peu variables
de forme et souvent un peu
plus étroites par un côté.
Parfois, dans le midi, quand la
végétation du Peronospora est peu
active surtout à l’arrière-saison, on
voit apparaître des petits bouquets de
conidies très différentes des conidies
ordinaires et par leur taille qui est
deux fois plus grande et par leur
forme qui rappelle celle d’une poire
très allongée (fig. 48). Leurs conidiophores
sont aussi tout à fait
F ig . zj.3. — Pero n o sp o ra
v itico la .
G-rossos conidies piriformes
(macfoconidies) (au même
grossissement que la fig. 5 2 ) .
différents de ceux qui se forment
d’ordinaire sur les feuilles. Ce sont des filaments qui
tantôt restent simples et ne portent qu’une seule grosse
conidie, tantôt se ramifient mais seulement en se bifurquant
à plusieurs reprises. Ils forment des touffes au
dessus de l’ouverture des stomates; chaque petit tronc
qui reste très court ne porte que 4 à 5 grosses conidies.
Ces grosses conidies paraissent être une forme intermédiaire
entre les conidies ordinaires et les oogones
qui se produisent à l’intérieur des tissus dépérissants
(fig. 45 a).
Les conidies ordinaires dont les conidiophores se sont
développés pendant le cours de la nuit sont mûres et se
détachent dès l’aube. Leur extrême ténuité rend leur