
raient sur des germinations d’Avoine et d’Orge que la
proportion des pieds d’Avoine charbonneuse variait selon
l’état du développement des germinations au moment
de l’infection, les moins avancées étant relativement
plus atteintes, mais que jamais aucun pied d’Orge n’avait
été infecté. On sait cependant que dans les champs, les
pieds d’Orge charbonneux ne sont pas plus rares que
ceux d’Avoine. L ’examen de la germination du Charbon
de l'Orge lui fournit la solution du problème. Le Charbon
de rOrge germe autrement qüe celui de l’Avoine. Son promycélium
ne porte pas de sporidies, il prend un développement
purement végétatif, il s’allonge et se ramifie à
la manière d’une moisissure quelconque. Le Charbon du
Froment germe delà môme façon sans produire de sporidies
même dans une solution nutritive. M. Brefeld en
conclut que le Charbon de l’Orge et du Froment n’est pas
le même que celui de l’Avoine et nomma la nouvelle espèce
Ustilago Hordei.
M. Jensen alla plus loin encore dans cette voie, en faisant
comparativement des semis de Charbon d’Avoine,
d’Orge et de Froment sur des germinations de diverses
espèces de céréales. Les spores du Charbon de l’Avoine
n’ont infecté ni l ’Orge ni le Blé ; les spores du Charbon
de l’Orge n’ont attaqué ni l’Avoine ni le Blé ; les spores du
Charbon du Blé n’ont produit du Charbon ni sur l’Avoine
ni sur l’Orge. Fnfin, M. Jensen est arrivé à distinguer
encore deux variétés distinctes de Charbon sur l’Orge.
M. Rostrup confirmant les observations précédentes
a caractérisé les espèces suivantes qui avaient été confondues
sous la dénomination générale de Charbon de céréales
Ustilago segetinn.
1° U s t i l a g o a v e n æ (Pers.) Rost. — Très fréquent sur
l’Avoine et ressemblant beaucoup au Charbon de l’Orge
[Ustilago Hordei). Cet Ustilago en a été distingué spécifiquement
à cause de son mode spécial de germination et
aussi parce que les essais d’infection ont montré qu il ne
peut se développer sur l’Orge.
Ses spores sont finement ponctuées globuleuses ou
ovoïdes-courtes et produisent à la germination un promycélium
cloisonné portant des sporidies. Les cellules
contiguës du promycélium se fusionnent et émettent
comme les conidies de fins tubes de germination.
2 ° U s t i l a g o p e r e n n a n s Rostr. — C’est le Charbon de
l'Avena elatior. Il est fort semblable au précédent mais
son mycélium est vivace dans le rhizome de la plante
nourricière. Ses spores sont ovoïdes, lisses ou très faiblement
rudes. Le promycélium est fortement resserré
au niveau des cloisons. Les sporidies qu’il porte, quand
on les place dans un liquide nutritif, y prennent un grand
développement et produisent aux extrémités de chaque
cellule de sporidie-levûre une ou deux sporidies nouvelles.
3“ U sT iL.AGO J e n s e n i i Rost. .— Ce Charbon est très le-
pandu en Danemark sur VHordeum distichum. Les baies
et le péricarpe de l’Orge renferment une masse de spores
d’un brun noir mais ne sont pas corrodés. Les spores
sont lisses, rondes ou un peu polyédriques et produisent
à la germination un promycélium assez épais, 3-q cellulé
qui porte des sporidies.
4» U s t i l a g o H o r d e i Bref. — Les épis charbonneux
sont changés en une poudre noire à reflet brun olive que
lèvent emporte. Les spores sont finement ponctuées,
rudes, ellipsoîdes-courtes ou globuleuses ; à la germination
elles émettent un tube peu cloisonné, allongé, qui ne
porte pas de sporidies. La maturité des spores coiies-
pond à l’époque de la floraison de l’Orge. Probablement
les spores sont portées dans les fleurs, elles restent auprès
du grain, cachés par la baie et envoient au printemps