
V ■
I
Cela s’est produit en particulier, à ma connaissance,
d’une façon remarquable dans le département de 1 Oise,
en i 8q5. Le Blé récolté, à grains gros ct très renfles,
donnait à la meunerie de la farine de mauvais gout el
que les consommateurs refusaient d’accepter. ^
L ’examen des grains montra qu’ils présentaient a leur
surface des taches brunes placées le plus ordinairement
en tile dans la longueur du grain et tormant souvent de
longues lignes brunes et, en outre, fréquemment de longues
crevasses beantes
(tig. 348).
Sur les taches brunes,
on pouvait distinguer
aisément un mycélium à
cellules courtes qui s'étendait,
tant à la surface
que dans la pellicule du
grain, en se ramifiant ct
Fig . 348. — G r a in s d e B l é a t t a q u e s
PA R l e Cladosporium herbarum.
se bifurquant à maintes reprises. 11 disloquait par pkce
la pellicule, en se glissant entre ses cellules pour s’épanouir
au dehors et se formait ainsi une lame à peu près
complète de pseudo-parenchyme. De place en place,
cette lame de petites pelotes de stroma, d’où sortaient des
filaments fertiles dressés présentant les caractères ordinaires
du Cladosporium herbarum.
A la surface du grain et surtout au voisinage des
touffes de poils de son sommet, on trouvait en outre des
spores brunes simples et cloisonnées du Cladosporium,
les formes diverses de cellules renflées et brunes qui s 1-
solent du mycélium, comme on le voit si fréquemment
pour le Cladosporium herbarum, aussi bien que pour le
Fumago . . .
Dans bon nombre de cas, l’enveloppe du grain avait
été disloquée et fendillée par le Cladosporium a un rao-
ment où il grossissait encore et il s’était produit de
grandes crevasses qui laissaient à nu l’intérieur du grain
et 1 exposaient aux intempéries et à la pénétration d’organismes
étrangers. On comprend aisément que de
tels grains avaient perdu toute leur valeur; le parasitisme
du Cladosporium herbarum était la cause de tout
le dommage.
M. Lopriore(i) a observé de ces grains tachés, sinon
crevassés p arle Cladosporium herbarum, et il a cons-
mie expérimentalement que le Cladosporium qu’ils ren-
ferment peut, au moment de la germination, infecter les
¡eunes plants.
Tous les grains tachés de brun ne germaient pas ; il
y en avait qui étaient trop altérés, mais ceux qui germaient
produisaient des petites plantes de chétive apparence,
qui portaient sur leur première gaîne de longues
taches d 1111 rouge brun où le tissu altéré était rempli
des hyphes du Cladosporium (fig. 349) (2).
Le parasitisme du Cladosporium herbarum sur les céréales
paraît donc bien solidement établi. Il est vrai que
M. Janczewski a tenté plusieurs fois vainement d’inocu-
i&rïe Cladosporium en semant des spores sur des feuilles
e Ble ou de Seigle jeunes et vertes tenues sous cloche-
mais il a réussi à les infecter cà l’aide de cultures pures
taites sur gélatine.
Les filaments mycéliens développés dans la gélatine
pénétraient par les stomates dans les feuilles; puis engages
dans l’espace situé au-dessous du stomate, se ramifiaient
en pinceau et s’enfonçaient entre les cellules
du parenchyme. Celui-ci jaunissait, et à sa surface appa-
laissaient bientôt des conidiophores, si la feuille était
(0 Giuseppe Lopriore, D ie Scluvarv e des G e lre id e s RprUn .«n
0 b ffü b k aus Lan dwirth sch. J a h r b i M A M
(2) Lopriore, loc. cit., p. 21 .