
de la branche. Autour du point central se marquent des
lignes concentriques qui deviennent des fissures pénétrant
profondément dans l ’écorce; puis l’écorce crevassée
se détache par lambeaux et laisse apparaître une
plaie qui se creuse déplus en plus. Sur les bords, le tissu
encore sain se gonfle et tend à former un bourrelet, mais
il est corrodé à mesure qu’il se développe; il se fissure
et se dessèche et le chancre grandit et s’étend (fig. 233).
Il apparaît d’abord sur un côté de la pousse; tant qu’il
n’est que latéral, il gêne bien la végétation, mais il ne
tue pas la branche; mais quand, en s’étendant, il en gagne
tout le pourtour et que ses bords se rejoignent, il forme
alors autour de la pousse un anneau complet et toute
la partie située au-dessus est forcément frappée de mort.
Cela n’a lieu d’ordinaire que sur les rameaux d’assez
petites dimensions; sur les grosses branches, les chancres
peuvent difficilement s’étendre au point d’en embrasser
tout le pourtour, mais la lente corrosion dont ils sont
le siège entrave notablement la circulation de la sève, qui
ne peut passer que par la partie demeurée saine du bois.
Les arbres rongés par les chancres languissent, se couvrent
de branches mortes et ne produisent plus de fruits.
Si on examine au microscope une coupe de tissu de
l’écorce auprès d’un chancre, à la limite de la partie
morte et de la partie vivante, on voit en quantité des
filaments de mycélium qui s’étendent entre les cellules
et envoient aussi des ramifications à l’intérieur de celles-
ci. Ils y prennent même un tel développement qu’ils y
forment des amas de stroma (fig. zSq).
On trouve ce mycélium non pas seulement dans l’écorce;
il pénètre même dans le corps ligneux par les rayons
médullaires et on peut l’observer à l ’intérieur des vaisseaux
et des cellules du parenchyme ligneux (fig. 235).
Cependant le corps ligneux n’ est jamais envahi profondément,
il n’est altéré et coloré en brun que sur une
épaisseur de quelques millimètres au-dessous d’un
chancre.
F i g . 233 . — C h a n c r e d u P o m m i e r .
A, C h a n c r e a y a n t d é t r u i t to u s le s tis s u s s u r u u cô té d u r am e a u e t m e t t a n t le b o is ix n u . — B, C h a n c
re p r o d u i t a u to u r d 'u n e p e t i t e p o u s s e 'm o r t e . — C, C h a n c r e p o r t a n t e n c o r e e u s o n m i l i e u la
j e u n e pous.se q u i a é té p in c é e e t p a r l a q u e ll e le X e ct? -ia a p é n é t r é d a n s le r am e a u .
Dans les parties qui ont été tuées par le mycélium
parasite l’année précédente, et à la périphérie des
chancres, le mycélium s’est multiplié au milieu des
tissus désorganisés, de façon à former çà et là des amas