
Il peut, en outre, d’après des observations faites à Nérac
par M. Fréchou, se produire des oeufs dans l’intérieur
des grains attaqués
par le Peronospora.
Il est probable
que de ces oeufs
contenus dans des
grains destinés ii
des semis ont servi,
sans qu’on l’ait
jamais soupçonné,
au transport de k
maladie d’Amérique
en Furope.
Cette altération
des grains produite
par le Peronospora
est la maladie
que l’on désignait
en Amérique
sous les noms
de Rot brun [brown
Rot), de Rot gris
[g rey Rot) et de
Rot juteux [sofi
Rot). D’après les
renseignements recueillis
par M,
Viala, les Américains
nomment
F i g . 4 9 . — Peronospora viticola.
M y c é lium corallo'ïcle con ten u à l ’ in té r ie u r d’ un g ra in
a t te in t de R o t b ru n e t y p ro d u isan t des conid iophores.
Rot gris le Mildiou des grains jeunes et Rot brun ou
du Ministère de VAgriculture, \, p . 5 4 e t Annales de ITnstitut N'"- agronomique,
6""> a n n é e , n» 7 . — M i l l a r d e t , L e Mildiou dans le Sud-Ouest en jSSe.
Journal d'agriculture pratique, 2 4 a o û t 18S2..
Rot juteux celui qui attaque les grains à un état de développement
avancé peu avant la véraisoii (i).
L’infection des grains peut en effet avoir lieu à toute
époque et ils peuvent être attaqués avant d’être parven
u s à leur taille définitive.
Le mal ne se propage pas de la rafle aux grains
mais est directement produit par les conidies qui tombent
à leur surface.
Au point où a pénétré le tube de germination de la
zoospore apparaît sur la peau, au bout de quelques
jours une tache livide et déprimée. Fn cette place la
chair au dessous de la peau du grain est desséchée; elle
devient dure et cartilagineuse, tandis que le reste du
grain s’amollit, brunit, puis se ride et enfin se dessèche
et tombe.
Dans certaines années la perte produite par le Mildiou
des grains peut être fort considérable à l’arrière-
saisoii quand la température chaude et humide favorise
la multiplication incessante du Peronospora.
Les ravages causés par le Mildiou, soit en tuant les
feuilles soit en attaquant directement les raisins, ne
prennent une intensité redoutable que quand les conditions
extérieures favorisent la production et la germination
des conidies. Quand la température est voisine de
20“, si l’air est humide, il se produit chaque nuit sur
les feuilles de nouvelles forêts de conidiophores.
L’eau déposée par les brouillards et les rosées est la
condition de la germination des conidies et de la dissémination
des zoospores.
Selon que le temps est sec ou humide la maladie reste
stationnaire ou fait des progrès effrayants.
Dans les jardins, les abris peuvent protéger les treilles
(i) Viala , loc. cit., p . 7 0 .