
On sépare aisément sur le porte-objet, à l’aide d’aiguilles
emmanchées, les petites tranches du corps coupé
des lamelles de moelle. On obtient ainsi sans grande difficulté
des coupes fines de feuilles contenant à leur intérieur
des filaments de champignons parasites dont les
fructifications se montrent au-dessus de l’épiderme.
Dans bien des cas, toutefois, on pourra se contenter de
faire des coupes superficielles en enlevant à l’aide du rasoir
seulement l’épiderme et un petit nombre de cellules
sous-jacentes sur une assez grande étendue.
Il conviendra toujours, quand on fait des préparations,
de ne pas s’arrêter à la première ou à la seconde coupe,
mais d’en faire un assez grand nombre que l’on met à
mesure dans l’eau sur le porte-objet, et parmi lesquelles
on choisira les bonnes. On ne peut guère juger à la vué
simple ce que vaut une coupe pour l’observation; souvent
une coupe trop épaisse sur une grande partie de son
étendue peut offrir sur son bord une place bonne à observer
et à dessiner.
On peut examiner sommairement les coupes placées
dans l’eau sur le porte-objet avec le plus faible objectif,
sans les couvrir d’une mince lamelle. La distance entre
l’objet à examiner et l’objectif mis au point est assez
grande pour qu’on ne risque pas de le mouiller. A l’aide
d’une aiguille montée on retire aisément toutes les coupes
qu’il n’y a pas intérêt à garder et on groupe celles
que l’on veut étudier les unes près des autres pour les
recouvrir d’une lamelle qui permettra de les examiner
au plus fort grossissement.
Le microscope composé renverse les images, l’objet
poussé de droite à gauche paraît se déplaçer dans le
champ du microscope de gauche à droite. Il en résulte
pour l’observateur une certaine difficulté que l’habitude
diminue peu à peu.
Il peut y avoir des objets, trop petits pour être distincts
à la vue simple, que l’on a à séparer les uns des
autres, des filaments entremêlés et feutrés qu’il convient
de dilacérer avec des aiguilles. On peut pour ces préparations
se servir commodément d’une loupe montée
ou microscope simple qui ne retourne pas les images
et est d’un usage très répandu en Botanique pour l’analyse
des fleurs. On peut encore adapter au microscope
composé un prisme redresseur ou un oculaire redresseur
qui transforme le microscope ordinaire en microscope
à dissection; mais on peut se passer de ces instruments,
faire à la vue simple les plus grosses préparations et
séparer quand il le faut, avec les aiguilles, les objets
sur l’image retournée.
Les préparations doivent être observées dans l’eau
ou un autre liquide. Pour les conserver longtemps sans
être obligé de renouveler l ’eau qui s’évapore assez vite,
on emploie le plus souvent de la glycérine étendue d’un
tiers d’eau et additionnée d’un pour cent d’acide acétique.
La glycérine concentrée contracte les cellules et
les déformes.
Pour introduire la glycérine sous la lamelle qui recouvre
la préparation que l’on observait d abord dans
l’eau sans rien déplacer, on en dépose une goutte sur le
porte-objet près du bord de la lamelle, et avec une aiguille
011 met la goutte en contact avec le bord; la glycérine
pénètre sous le couvre-objet et se mélange avec
l’eau de la préparation. Si on place un petit morceau de
papier buvard sur le bord de la lamelle opposé à celui
où on a déposé la goutte de glycérine, il enlève une
partie de l’eau par imbition, et on facilite ainsi la pénétration
rapide delà glycérine; mais si on abandonne la
préparation en ayant soin seulement de la mettre à l’abri
de la poussière, l’eau s'évaporant, la glycérine pénètre