
i; m \
i
S i
L ’infection artificielle de plants de Trèfle sains a été
faite par M. Rehm en plaçant au premier printemps
sur les feuilles, dans un milieu humide, des apothécies
mûres de S c le ro tin ia T r ifo lio rum ; au bout de 6 à 8
jours on trouvait ces feuilles remplies de nombreux filaments
de mycélium du parasite.
Le mycélium du Sc le ro tin ia du Trèfle pénètre, comme
celui du S c le ro tin ia L ib e r tia n a , à travers l ’épiderme,
croît dans l’intérieur des tissus et les détruit de la mc-rae
façon, et s’infiltre jusque dans le pivot de la racine. Les
parties vertes se décolorent, brunissent, les feuilles se
fanent et tombent. Dans un milieu suffisamment humide,
elles se couvrent de touffes de filaments du mycélium
sortis de leur intérieur, et qui sont capables de
propager l ’infection sur les plants vo isins. Certains
filaments, sortant des tissus de la plante infectée, se
redressent, d’après les observations de M. Rehm. en
petits troncs qui portent de courtes ramifications. Cette
forme de fructification conidienne se rapporterait au
genre B o try tis . Ce fait serait analogue à ce que l’on a
observé dans d’autres espèces de S c le ro tin ia , et en particulier
dans le S c le ro tin ia F u c k e lia n a , dont le Botrytn
cinerea est considéré comme la forme conidienne (v.
plus loin p. 420).
Sur les plants jeunes et qui ont peu de feuilles, tout
se borne à la destruction de la petite plante qui pourrit:
il peut en être ainsi, de même pour des pieds plus forts;
mais sur d’autres, il se produit des sclérotes, le plus souvent
à la surface de la tige, au dedans des gaînes des
feuilles. D’après M. Rehm, on en peut vo ir aussi à l’intérieur
de l’écorce du pivot de la racine un peu au-dessus
du collet. 11 peut s’en produire même de petits sur les
feuilles tuées par le parasite.
S u r le Trèfle rouge et le Trèfle incarnat, les sclérotes
■ ü. üiÿi
'i' î'iri'
fol 1 1 «
se montrent presque sans exception au collet. Sur le
Tieiie blanc et le Trèfle hybride, 011 en trouve aussi sur
la tige, les pétioles et même le limbe des feuilles.
Le S c le ro tin ia T r ifo lio rum peut attaquer également
les oainfoins, les Luzernes et le Fenu-grec. Dans la
Charente-Inférieure, où le Sainfoin constitue la base
des assolements depuis la destruction des Vignes par le
Phylloxéra, la Pezize du Trèfle est devenue dans certaines
localités un véritable fléau pour les cultivateurs.
Les pieds attaqués se fanent, leurs feuilles tombent et se
dessèchent sur le sol, le collet est rongé par une sorte de
pourriture, et ne tient plus à la racine, qui elle-méme
pourrit. Sur le bas de la tige surtout, mais aussi à différentes
hauteurs et même sur le rachis des feuilles, on
voit des touffes d’une moisissure blanche, qui est un
myo iium pareil cà celui qui se montre sur les Trèfles.
Des sclérotes se forment de même à l ’extérieur des tiges
désorganisées principalement vers la hauteur du collet
et à j'intérieur de la gaîne des feuilles.
Crenime dans les champs de Trèfle, le mal se propage
de proche en proche, et 011 voit ainsi, dans les plus belles
pièces de Sainfoin, des ares entiers dénudés par la mort
de tous les pieds. Il en est de même pour le Fenu-grec
dans le département du Gers.
Les champs envahis par le S c le ro tin ia devront être
défrichés au plus vite, et on devra éviter de réensemencer
en fouiTages artificiels pendant quelques années les
champs où la maladie des sclérotes aura été observée.
L alternance des cultures sera le moyen le plus facile et
le plus efficace pour empêcher le parasite de prendre un
'développement bien dangereux.
Wâ
fe'lj