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très familles de Champignons, le nom de spermogonies.
Ces æcidioles ou spermogonies sont de petits corps
globuleux ou piriformes enfoncés dans le tissu sous-
épidermique et s’ouvrant à travers l ’épiderme par un col
étroit et court (fig. 82 A). Ils sont formés par des rameaux
entrelacés du mycélium qui se pelotonnent.
pour former le corps
de la spermogonie,
puis se dirigeant vers
l’épiderme , constituent
au dessus d’un
corps globuleux, un
col saillant en forme
de cône. Cette enveloppe
ou péridium,
plus ou moins définie,
porte sur sa face
interne une couche
veloutée composée de
filaments très déliés,
pressés les uns contre
les autres et se
dirigeant vers le centre
A. Æcidiole (Spermogonie) tlo V Æ c id h m i S e r h e r id i s —
B, Spermaties germant. (D'aprûs M. von Tavel.)
de la cavité. Au sommet de ces filaments naissent,
isolément ou à la file, associées en courts chapelets, des
petits corps extrêmement ténus que l’on a nommés des
spermaties. Ces spermaties, produites en nombre immense,
remplissent bientôt toute la cavité de la spermogonie.
Celle-ci secrète, en outre une matière visqueuse
qui s’épanche au dehors avec les spermaties quand,
l’oecidiolc s’ouvre par son extrémité saillante. Autour
de la très étroite ouverture, les filaments qui forment le
col conique se séparent en un petit bouquet de poils
aigus, raides et dressés.
On a supposé que les spermaties pouvaient être des
corps fécondateurs et que les fruits à'Æcidium seraient
le produit d’une fécondation ; mais on a pu s’assurer que
ce sont véritablement des spores d’une excessive ténuité,
car 011 est quelquefois parvenu, difficilement il est
vrai, à les faire germer. M. Plowright (i) a obtenu la
germination de quelques spermaties d’Urédinées en les
plaçant dans un liquide sucré. Elles se sont gonflées, puis
ont présenté à leur extrémité un petit prolongement.
M. Plowright ne l ’a pas vu s’allonger en un véritable
tube, mais M. de Tavel a été plus heureux et il a pu figurer
d’après nature (2) des spermaties de l’æcidiole de
l’Épine-Vinette, produisant un tube de germination assez
long et épais contenant de petites goutelettes de matière
grasse (fig. 82 B). On n’apas pu, il est vrai, observer leur
développement ultérieur, ni opérer des infections, mais
ce que l ’on sait déjà de ces petits corps, dont l’excessive
ténuité rend l’observation fort difficile, suffit pour assurer
que l’on doit bien les considérer comme de très petites
spores analogues à celles que l’on voit se produire dans
d’autres familles à l’intérieur de conceptacles plus gros,
que l’on nomme des pycnides.
Dans certaines plantes, les feuilles cqui portent des
aîcidioles et des Æcidium sont, à d’autres moments
de l’année, chargées de touffes, soit à 'U red o, soit de
téleutospores se rapportant à différents genres. C’est ce
qui a lieu, par exemple, pour les Betteraves et pour les
Fèves.
De Bary, étudiant la germination des sporidies des
téleutospores à une seule loge de la Rouille de la Fève
[Uromyces Fabae), constata qu’aux places où il avait
(1) Plowright, A monograph 0 / the B rit ish Vredince, p. 14, pi. I, i88g.
(2) Von Tavel., Vergleichende Morphologie d e r PU ;e , p. 127, fig. 58,1892.