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celle de B o t ry t is naissant en même temps sur le même
sclérote.
Les conidiophores de B o t ry t is ne se forment pas
exclusivement comme les apothécies de S c le ro tin ia sur
les sclérotes; ils peuvent aussi provenir directement du
mycélium filamenteux, et ils sortent à la surface des feuilles
infectées en en perçant l’épiderme.
Les conidies de B o t ry t is donnent en germant un
mycélium qui a les mêmes propriétés que celui qui
provient d’une ascospore de S c le ro tin ia ; il peut produire
des sclérotes donnant soit des apothécies de Sclerotinia,
soitdes conidiophores ; toutefois, il aune disposition plus
grande à reproduire la forme conidienne de Botrytis.
De même, d’autre part, les spores de Sc le ro tin ia ne
donnent pas d’ordinaire naissance à des conidiophore? de
B o try tis , mais à des sclérotes d’où le plus souvent sortent
seulement des apothécies de S c le ro tin ia .
A in s i, malgré le dimorphisme bien établi de l ’espèce,
il y a une tendance manifeste au maintien ordinaire
d’une seule et même forme chez les descendants; le passage
de la forme S c le ro tin ia à la forme B o try tis ou
réciproquement, peut être regardé comme exceptionnel.
Le S c le ro tin ia F u c k e lia n a est d’ordinaire saprophyte;
néanmoins, dans un milieu humide et chaud comme est
celui de l ’intérieur des serres destinées aux cultures
forcées de la Vigne, le B o t ry t is c inerea attaque souvent
les feuilles vertes et les jeunes pousses.
Les jeunes feuilles de Vigne atteintes portent de
larges taches brunes qui se couvrent d’un épais velouté
grisâtre formé par les filaments fructifères qui percent
l ’épiderme. Aucune démarcation tranchée ne sépare
les parties saines et vertes de la région malade; la tache
brune s'étend gagnant de proche en proche sur tout son
pourtour. Ses bords plus récemment envahis ont encore
une teinte verdâtre qui s’atténue par zones concentriques
a mesure qu’on se rapproche du centre (fig. 45 i).
L a maladie atteint de même les jeunes pousses et les
désorganise.
Le mycélium pénètre dans l ’écorce et même dans le
bois,le s petits rameaux meurent, brunissent, et se couvrent
du velouté cendré
que forment les
tructifications conidiennes
du B o try tis ,
et leurs entre-noeuds
s c désarticulent.
L e s Vignes en
plein air sont assez
r a r em e n t atteintes
ainsi dans leurs organes
de végétation;
cependant, la pourriture
des rameaux
causée par le B o t r y tis
cinerea a été cons-
F ig . 4 5 1. — J e u n e f e u i l l e d e V i g n e e n v a h
i e PA R L E B o try tis cinerea.
tatée par M. Foëx sur des Vignes des environs d’Oued-
el-xA.lleg en Algérie, et en France dansle département du
Gard, aux environs de Vauvert (i).
De nombreux rameaux herbacés de 20 à 3o centimètres
de longueur se détachaient et tombaient sur le sol. L à ,
ils se couvraient d’un mycélium blanc floconneux, au
milieu duquel se formaient des sclérotes. 11 s’en produisait
encore d’autres en quantité dans l ’intérieur du canal
médullaire, comme cela a si fréquemment lieu pour le
Sclerotinia L ib e rtian a .
G) l 'o â , P o u rr itu re des rameaux de Vigne déterminée p a r le Botrytis
cinerea. — Revue de Viticulture, t. V, 7 mars 1896.