
Les téleutospores des Urédinées présentent, selon les
genres, un plus ou moins grand nombre de compartiments.
Dans les Uromyces \{\g.q2) elles sont simples et
unicellulaires; dans les Triphragniiuni elles sont globuleuses
et composées de trois loges; dans les Phragmidium
(iig. 96 B), d’une file de plusieurs loges, mais elles ont toutes
avec celles de Puccinie ce. caractère commun qui les
différencie nettement des urédospores, même quand elles
sont unicellulaires, de ne pas se détacher de leur support
à maturité et de germer en produisant un promycélium
qui porte des sporidies.
On a depuis longtemps remarqué que la Rouille noire
des céréales succède sur les pailles à la Rouille orangée et
les observateurs ont maintes fois constaté qu’à la fin de
l’été on trouve mêlées dans les mêmes touffes des fructifications
à'Uredo et de Puccinie. Tulasne a établi d’une
façon certaine, ce qui avait été seulement soupçonné à
plusieurs reprises, que la Puccinie n’est que la forme tardive
de fructification du Champignon qui produit en été
VUredo. L'Uredo est la spore d’été, la Puccinie la spore
d’hiver de la rouille du blé. Tulasne a montré que ce dimorphisme
est un cas fort général chez les Urédinées, et
que les diverses formes de téleutospores qui ont servi à
caractériser les genres Puccinia, Phragmidium, Uro-
myces, etc., ont été précédées, à une époque moins avancée
de l ’année, par diverses sortes d’Uredo, tout comme la
Rouille noire a été précédée par la Rouille orangée.
Les Urédinées présentent une forme de fructification
qui diffère de celle des Uredo et plus encore des téleutospores
des Puccinia et autres genres voisins; c’est ellequi
caractérise l ’ancien genre Æcidium. On rencontre de
très nombreuses espèces à'Æcidium sur une fort grande
quantité de plantes. Prenons pour exemple particulier
1 --Æ’ctrfzîi;ndel’Épine-Vinette(ilerèer/,v vulgaris),
On voit très communément, au printemps, les feuilles
de l’Épine-Vinettese couvrir de taches orangées gonflées,
bombées à la surface supérieure et qui sont toutes couvertes
en-dessous de petites pustules qui s’ouvrent par
un orifice circulaire dont le bord a 5 ou 6 dentelures
et qui sont remplies d’une poussière de Rouille de couleur
orangée.
Si on fait une coupe de là feuille dans les points gonflés
où se trouvent amassés ces petits corps pleins de
rouille, on y peut voir, entre les cellules, les filaments du
mycélium du parasite qui en certains points se pelotonnent
en masses globuleuses et forment au-dessous d e l’é-
piderme les premiers commencements de la fructification
¿VÆcidium. Bientôt ces petits pelotons globuleux grossissent
et s’allongent de façon à crever l’épiderme et à
faire saillie au dehors. Ce sont alors des sortes de sacs
remplis de spores, des conceptacles A'Æcidium. Ils s’ouvrent
par l’extrémité tournée vers le dehors en renversant
un peu, autour de l’ouverture, les bords de la membrane
qui forme l ’enveloppe dans laquelle sont renfermées les
spores et que l’on nomme le péridium.
Au moment de la maturité, ce péridium à bords évasés
a la forme d’une cloche ou d’une timbale enfoncée jusqu’à
moitié dans le tissu gonflé de la feuille, et sortant à
travers l’épiderme inférieur son orifice blanchâtre d où
s’échappent les spores de VÆcidium (fig. 80).
On voit fort bien sur une coupe transversale de la
feuille qu’à l’intérieur du péridium les spores ne sont pas
toutes de même âge; les plus âgées sont à l’orifice ; elles
sont libres et se disséminent en poussière; ce sont de petits
corps orangés à peu près globulaires; un peu au-dessous
on voit qu’ils se sont fort pressés les uns contre les autres
en grandissant; ils présentent de petites facettes sur leur
pourtour, là où ils se serraient mutuellement. Les plus