
de Pin Weymouth élevés en pots furent ensemencés par
lui en 1889 avec des sporidies de Cronartium ribicolum.
En grattant les petites cornes portant les sporidies, il en
faisait avec de l ’eau une sorte de bouillie qu’il déposait
sur les jeunes rameaux; en outre, à plusieurs reprises,
des feuilles fraîches de groseilliers couvertes de Cronartium,
furent suspendues entre les rameaux; sur l ’un des
pieds ainsi traités, 011 vit apparaître au printemps de
1 890, un gonflementà un des verticilles de la tige, et vers
la fin de juin il se montra en cette place et sur les rameaux
une abondante production des spermogonies qui
précèdent toujours l ’apparition des conceptacles du Peridermium.
Ce Peridermium de l’écorce du Pin Weymouth correspondant
au Cronartium ribicolum, a reçu de M. Kiebahn
le nom de Peridermium Strobi.
Il attaque le Pinus Strobus, les P . Lambertiana et
P . Cembro.
Peridermium elatinum
( Rouille vésiculaire. Balais de sorcière du Sapin).
SvN. ; Æcidium elatinum Alb. et Schw. — Cceoma elatinum Link.
Le Peridermium elatinum trouble d’une très singulière
façon la végétation des pousses de Sapin dans lesquelles
son mycélium qui est vivace se développe (i).
Il pénètre non seulement dans le tissu cortical et le liber
des tiges et des branches, mais dans la couche cambiale
et dans le bois. Sous son action irritante, la production
(i) De tia x j, Veber den K r eb s und d ie Hexenbesen d e r Weistanne. Bot.
Ze itu n g , n» 3 3 , 18C7, Rob. Hartig. Baumkran kheiien, p, 69.
ligneuse prend un développement anormal ; la place où
la pousse est attaquée se gonfle d’une façon extraordinaire.
On rencontre des Sapins d’âge fort divers dont le
tronc est renflé en forme de tonneau sur une longueur
atteignant au plus le double du diamètre de l’arbre; parfois
on peut voir, à différentes hauteurs, sur une même
tige deux ou même trois de ces renflements. Plus rarement
ces tumeurs ligneuses n’occupent qu’une partie de
la circonférence du tronc. On en rencontre de semblables,
à la taille près, sur des rameaux de tout ordre, aussi
bien à leur extrémité qu’à n’importe quelle autre place.
Elles sont dues à une hypertrophie et des couches ligneuses,
et des tissus de l ’écorce. L ’écorce se gerce et se
crevasse profondément; fendue, déchirée, desséchée par
places, elle protège malles couches ligneuses qui s’altèrent
au bout d’un temps plus ou moins long. C’est ainsi que
se forment les plaies profondes que les forestiers désignent
sous le nom de chaudrons.
On trouve en quantité dans les tissus des tumeurs
ligneuses du Sapin, les filaments de mycélium du parasite
qui les produit; ils pénètrent jusque dans les rayons
médullaires et les cellules du parenchyme ligneux, mais
jamais il ne se forme là de fructifications.
C’est quand l’infection a lieu sur un bourgeon que l’on
voit le parasite prendre tout son développement. Son
mycélium envahit alors la jeune pousse dès qu’elle commence
à s’allonger et il en altère si profondément l’organisation,
qu’elle prend un aspect absolument différent
de celui d’une pousse normale et devient ce que l’on a
nommé un balai de sorcière (fig. io8). Sa direction est
tout autre que celle d’un rameau ordinaire; au lieu de
se diriger horizontalement, elle fait flèche et simule un
petit arbre nain de forme singulière implanté sur une
branche de sapin. La tige du balai produit aussi sou