
leul. M. Goethe a infecté des Pommiers avec des spores
du Nectria ditissima du Hêtre et des Hêtres avec celles
du Nectria du Pommier. Conidies et ascospores ont dans
les deux cas produit également des chancres.
En plusieurs points de l’Est de la France des peuplements
de Hêtre sont dévastés par le Nectria ditissima.
11 est bien difficile de détruire le Nectria, surtout sur
les arbres forestiers. On peut toutefois recommander d’abattre
autant que possible par les élaga-
ges les branches portant des chancres
qui se couvrent de fructifications de
Nectria et de les brûler, et il sera to u jours
fort utile de protéger toutes les
plaies en les recouvrant soigneusement
de goudron de houille.
P ou r les arbres fruitiers, il convient
d’enlever d’abord soigneusement à l ’aide
d'un instrument toutes les parties du
bois qui sont attaquées et colorées en
brun au-dessous et autour du chancre;
puis les places mises à v if qui semblent
saines, mais peuvent encore contenir des
filaments de mycélium de Nectria, seront
F i g . 2 4 0 . — A s c o s
p o r e DE NecU'ia
ditissima g e r m a n t .
SI. G oe th e ) .
bien humectées avec une solution concentrée de
sulfate de fer que l’on rend plus corrosive encore en y
ajoutant un peu d’acide sulfurique. Ce mode de traitement
employé depuis bien des années avec succès pour
l’Anthracnose des Vignes servira efficacement aussi à
guérir les chancres des Pommiers et des Poiriers.
Nectria cucurbitula Fries.
Maladie de l’Écorce de l ’ Épicéa.
S yh . :S p h a e r ia c u c u rb itu la R o d e .
Une autre espèce de Nectria, le Nectria cucurbitula,
produit une maladie de l’écorce de l’Épicéa qui parfois
cause des dégâts importants (i).
Comme le Nectria ditissima, le parasite de l’écorce
de l’Épicéa ne peut infecter l’arbre qu’en pénétrant par
une blessure, et c’est seulement quand les Épicéas ont eu
leurs jeunes pousses déchirées par des grêlons ou rongées
par des chenilles que le Nectria envahit les branches
d’une façon assez générale pour causer le dessèchement
du sommet et la mort de beaucoup d’arbres.
Les essais d’infection réussissent aussi bien avec les
conidies qu’avec les ascospores; elles germent dans la
résine qui s’écoule de la blessure. Le tube de germination
qui sort de la spore pénètre à travers le parenchyme
de l’écorce jusque dans le liber, où le parasite trouve
une abondante nourriture et se développe activement
pendant la période de repos de la végétation, c’est-à-dire
jusqu’au mois de mai, moment où la couche cambiale
redevient active.
La partie de l ’écorce tuée par le Nectria se dessèche
dès le commencement de l’été, quand elle est exposée
au vent et au so le il, le dessèchement gagne le bois et
l ’extrémité de la tige meurt. On peut vo ir des jeunes
peuplements d’Épicéàs se dessécher ainsi au sommet,
sans que l’on trouve aucune fructification àt Nectria sur
leur écorce. Mais si cette écorce dans laquelle se cache
(i) R. Hartig, Der Fichtenrin deiipilz, Untersuchungen aus d .fo r s tb o ta n
Institut [{îi München, 1880, p. 68 et ss., pl. V.
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