
La connaissance du mode spécial de multiplication
des sporidies du charbon dans un liquide nutritif qui a
été découvert par M. Brefeld a, au point de vue de l’agriculture,
une importance considérable. On y trouve la
preuve que le Charbon ne vit pas seulement en parasite
à l’intérieur des plantes où il produit ses spores au milieu
des tissus qu’il a désorganisés, mais qu’il peut végéter
longtemps, sous une forme très différente, dans le sol
iumé. Il a alors l ’aspect d’une levûre et vit à la manière
des Champignons saprophytes jusqu’au moment où ces
cellules de levûre germent en formant un tube qui, pénétrant
dans une plante naissante, y deviendra un mycélium
vivant en parasite au milieu des tissus.
Ce sont d’ordinaire les sporidies tombées directement
du promycélium d’une spore dormante, ou celles qui
se sont multipliées quelque temps sous forme de levûres
qui produisent l’infection, mais il peut arriver aussi que
les cellules mêmes du promycélium émettent comme les
sporidies des sortes de tubes de germination capables de
prendre un grand développement et de pénétrer dans une
plante nourricière (fig. 63 G. H). Il y a même certaines
espèces, telle que Charbon de l’Crge dans lesquelles le
promycélium émis par les spores à la germination ne
prend qu’un développement végétatif et ne produit pas
de sporidies.
L e Charbon des céréales.
Cn a jusqu’à ces dernières années attribué le Charbon de
l ’Avoine, celui de l’Crge et celui du Froment à une seule
espèce qui était désignée sous le 'nom d’Uvriffig-o sege-
tum Bull, ou Ustilago carbo D. C. Mais les nombreuses
expériences d’infection des jeunes céréales faites par
C H AM P IG N O N S P A R A S I T E S . i 63
MM. Brefeld (i), .lensen-(2), Rostrup (3), ont établi
que l’on réunissait sous une même dénomination plusieurs
espèces exclusivement aptes à infecter chacune de
nos céréales.
M. Brefeld a employé pour infecter les jeunes plants
de céréales les sporidies-levûres obtenues en quantité
dans des liquides nutritifs. Il les répandait en suspension
dans l’eau, à l’aide d’un pulvérisateur sur les plantes
en germination après s’être assuré que le liquide
contenait une telle quantité de germes que dans chaque
gouttelette déposée, il y en avait une trentaine. Les
jeunes plants à infecter étaient déposés sur de la terre
humide dans des boîtes de fer blanc. Après les avoir
couverts de fines gouttelettes contenant les germes de
Charbon, il recouvrait la boîte d’une lame de verre pour
empêcher, en maintenant le milieu humide, la rapide
évaporation des gouttelettes et permettre aux germes de
former des filaments qui pussent pénétrer dans la plante
nourricière. Les plants restaient ainsi à l’humidité sur
la surface de la terre dans les boîtes, pendant une dizaine
de jours à la température de 10“. On pouvait
examiner si les levùres germaient et étudier la pénétration
dans l’épiderme des filaments qu’elles produisaient.
Puis on repiquait les plantes infectées en pleine terre
afin de constater ultérieurement le développement du
Charbon dans les inflorescences.
M. Brefeld constata dans ses expériences qui por-
(1) Brefeld, Neite Unlersiichungen uber den B randpilqe und B randkran k-
lieiten (Nachrichten aus dem Klub der Landwir then zu Berlin. i88S, n“
220 et ss.).
(2) Jensen, The propagation and Pre v en tio n o f Smut in Oats and B a r le y
[Journal o f the R oyal A g ricu ltu ra l Society o f E n g lan d ), vol. X X IV . part. II,
1888.
(3 ) Rostrup, N og le VndersogeUer angaande Ustilago Carbo, Copenhague,
1890. Résumé dans Botanisches Ccntralblatt, XL I I I , p. 3 8g.
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