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i l fiaiitqu’îLne foit pas mftruft: de la'cônftrü&ion dès
échelles néceffaires. en pareil cas ; & s il ne sen
trouve pas un nombre fuffifant dans les ma^àfins -,
il faut en faire conftruire-fecretemenh ,
On.peùtfaire des échelles "qui fedémontent, c’eft-
a-dire compofées de plu heurs parties ; èfles iè tranf-
portent beaucoup plus facilement : oh s’en fèrVit de
cette efpece pour Yefcalade deGenèVe eh \60vl ■ ^
Lorfque tout eft préparé pour l’èntreprife, & qu’il
ne s’agit plus que d’aller l’exécuter, on prend la
quantité de monde dont on juge avoir befoin, tant
:en infanterie qu’en cavalerie-. -Lacavalerie petit fér-
vir à charger l’ennemi affemblé dans les différentes
places de la ville , lorfqu’on lui en à donne l’entree,
à le diffiper promptement, & à favorifer la retraite-, 4
fi l’on eft dans l’obligation de fe retirer, & s’il y a
•des plaines à paffer dans la retraite. On mene aufli
des fermiers & des charpentiers avec foi, pour s’en
fervir fuivant le befoin 6c l’occafion.
O n dirige la marche de manière qu’on arrive de-,
vant la ville une ou -deux heures avant le jôür, 6c
l ’on ne néglige aucune attention pour que l’ennemi
Ti’en puiffe être informé de per-fonhe. S’il fè rencontre
quelqu’un en chemin il haut l’arrêter, & arriver
devant la place avec le plus grand filence. Comme
©n doit "être informé des chemins que l’on a à tenir,
des défilés qu’il faut paffer, on eft ën état dé juger
du tems%que pourra durer la marche : il eft important
d’en faire le calcul exaft ; car il pourroit arriver
que l’armée étant trop long-tems en marche, arrive-
foit trop-tard devant la place pour commencer l’attaque
avant le jour ; auquel ca s , à moins d’unê
grande fupériorité, il faudroit prendre le parti de
s’en retourner. Il arrive quelquefois, fuivant la fi-
tuation des lieux, qu’ori fait arriver les troupès devant
la place par différens chemins ; en ce cas la
marche eft moins longue & moins embarraffante :
mais les officiers qui conduifent chaque corps ne
doivent- pour aucune circonftance particulieré rétarder
leur marche, afin d’arriver devant la place à
l ’heure qui leur aura été indiquée, 6c que les différentes
attaques commencent toutes en même tems,
ou aux heures dont on fera convenu ; car il eft quelquefois
à propos, fur-tout lorfque la ville eft fort
grande, de les commencer fucceflivement. La première
attaque attire d’abord toute l’attention de l’ennemi,
qui s’y porte promptement ; la fécondé l’oblige
de partager fon attention ; & lorfque les premières
attaques, qui ordinairement font fauffes , ont attiré
la plus grande partie de la garnifon , on commence
la véritable , dans laquelle on doit trouver moins de
«réfiftançe.
On voiture les échelles fur des chariots devant la
place ; ces chariots font précédés de la plus grande
partie des troupes deftinées à cette expédition, lef-
quelles font aufli précédées de quelques compagnies
de grenadiers qui font leur avant-garde.
Etant arrivé auprès de la ville on s’y met en bataille
, toujours dans un grand filence ; on diftribue
les échelles aux premiers foldats qui doivent commencer
Yefcalade, & qui doivent être les plus braves
6c les plus vigoureux de la troupe.
On partage les troupes de l’attaque en plufieiirs
petits corps, comme de 100 ou 120 hommes commandés
par leurs officiers, & l’on s’avance auprès
de la place. S’il y a un chemin couvert, on fe fert déS
ferruriers pour en faire fauter les barrières avec le
moins de bruit qu’il foit poflible; Les troupes, après
y être entrées-', cherchent à defcendre dans le foffé ;
les foldats qui ont des échelles s’en fervent, füppô-
fé qu’il foit profond & revêtu, 6c qu’on ne puiffe pas
fe gliffer le.long de fon talud , ce qui eft d’une bien
plus prompte expédition, & les autres y defcendent
par lés degrés ou efçalièrs que l’on pratique ordinai-
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fêmènt aux aïrondiffemens de la coritrefcarpe & à
fies angles rentrans.
Dès que l’on eft defcendu dans le foffé, on applique
avec là plus grande diligence les échelles contre
le rempart ou fon revêtement onfie hâte de mon-*
terpromptèment fur le rempart, fans confufion Sc
fans trop charger les échelles : lorfqu’il y.a un corps
de foo ou 150 hommes de montés, On fait venir les
ferruriers & les charpentiers pour rompre la porte la
plus prochaine. A mefiure que les troupes montent
fur le rempart on les range en bataille ; & fi l’ennemi
l'é préfente, on le charge yigoureufement la
bayonnette au bout du fufil, fans tirer, pour ne
point donner une trop forte allarme aux corps-de-
garde voifins : quand on eft en affez grand nombre
M le rempart, 6c que l’on a fait ouvrir une porte
pour faire entrer dans la ville-les troupes du dehors,
on s’étend tout le long du rempart pour s’en rendre
fiolidement le maître, & enfuite on fe.joint avec le
corps qui eft entré par Ta porté, pour charger l’en-,
nemi dans tous les lieux de là ville où il peut fe retirer.
Si lorfqu’il n’y a encore qu’un petit nombre
d’hommes de montes fur le rempart, l’ennemi Venoit
pour lés charger, ils fie défendrôient du mieux'qu ils
pourrôiertt contre lui, en fe faifant un rempart des
différentes chofes qu’on peut trouver fur le rempart
, comme des branches dès arbres qui font com-.
munément deffus ; 6c s’en faifant une efpece de retranchement
, derrière lequel on fe tient jufqu’à ce
qu’il foit monté fur le rempart un nombre d’hommes
fuffifant pour charger l’ennemi 6c le diffiper.
Si l’ennemi eft exaâ à faire fes rondes, qu’il s’ap-
perçoivè que les troupes font dans le foffé & prêtes
à monter, qu’il faffe tirer lès fentinelles pour donner
l’allarme à la v ille , on ne laiffera pas de monter
promptement. Comme il faut toûjours quelque ef-
pace de tems pour qu’il vienne du fecours, on peut
en profiter pour monter fur le rempart, en affez
grand nombre pour s’y foûtenir contre les troupes
de garde, qui font les premières qui peuvent fe pré-
fenter fur le rempart pour en défendre l’accès.
S’il y a un château ou une citadelle dans la ville
qui foit, comme il eft d’ufage , partie dans la ville
6c partie dans la campagne, il faudra y donner Yefcalade
en même tems qu’à là v ille , afin que l’ennemi
n’y trouve point de retraite , & que preffé de tous
côtés -, il foit dans la néceflité de le rendre.
Le tems le plus favorable pour furprendre les villes
dont le foffé eft plein d’eau, eft l’hy ver pendant
une forte gelée : on peut franchir aifement le foffé
erl pàffant fur la glace , 6c monter fur le rempart, le
pié des échelles étant pofé fur la glace du foffé. Un
gouverneur attentif a foin, dans les gelées, de faire
rompre tous les jours la glace défiés foffés : mais il
peut s’en trouver qui négligent cette attentiön ; 6c
d’ailleurs ceux qui font Chargés de l’exécution peuvent
la faire avec tant de négligence, qu’il foit encore
poflible de fe fervir.de là glace pour planter les
échelles au pié du rempart, & pour franchir le foffé,
C ’eft à ceux qui fe chargent de ces fortes d’entre-
prifes de bien faire obferver la conduite du gouver*
neur & celle de ceux qu’il charge de l’exécution de.
fes ordres-, pour voir la manière dont ils l’exécutent,
& pour prendre leur parti en conféquence. Elément
de la guerre desfiéges, II. vól.
A l’égard des précautions à prendre contre les e f
calades , elles confîftent à avoir continuellement
aufli de petits partis dans lés environs de la place ,
pour être par eux inftruit des demarches de l’ennemi,
& faire des rondes continuelles pendant la
nuit, pour que perfonne n’entre dans le foffé de la
place îafts qu’on en foit informé. On peut aufli pratiquer
une cuvette dans le foffé/planter des paliffa-
des à quelque diftance du mur pour émpêcher l’eri-
nemi
nèmi d’y appliquer fes échelles, garnir les flancs des
baftions de pièces de canon chargées à cartouche
avec des balles d’un quarteron, ou de la ferraille ,
pour tirer fur ceux qui voudraient efcalader la place
vis-à-vis les courtines ; mettre dans les corps-de-
garde à portée du rempart, des hallebardes, des
fàulx emmanchées de revers, & toutes autres fortes
d’armes propres à donner fur l’ennemi lorfqu’il paraît
au haut de l’échelle, & à le pouffer dans le
foffé ; garnir* le rempart d’une grande quantité de
çoutres cylindriques, pour les faire rouler fur les
échelles Ôc fur ceux qui font deffus : & fi la garnifon
ne fe trouve pas en affez grand nombre pour pouvoir
occuper tout le rempart, on doit attacher fur
la partie fupérieure du parapet des chevaux de fri-
fie , ou autre chofe qui puiffe empêcher l’ennemi de
paffer par-deffus pour fauter fur le rempart. Le rempart
doit aufli être garni de bombes 6c de grenades
toutes chargées, pour faire ‘rouler dans le foffé fur
l’ennemi. On doit aufli avoir des artifices préparés
pour jetter fur lui, comme fafcines gaudronnées ,
barrils foudroyans, pots à feu, &c. 6c jetter aufli dans
le foffé une grande quantité de balles à feu pour l’éclairer,
& que le canon de la place puiffe faire un
grand effet fur les troupes qui lont dedans. On peut
encore garnir aufli le foffé de chauffes-trapes , de
petits foffés couverts de claies & de terre, pour que
l’ennemi ne s’en apperçoive point, & qu’il tombe
dedans : il peut y avoir au milieu de ces petits foffés
une paliffade, ou plûtôt quelques longues pointes1
de fer difpofées de maniéré à enferrer ceux qui y
tomberont, &c. (Q }
Escalade des Titans , grande & belle machine
du prologue de Nais, dont on trouvera la figure
6c la defcription dans un des volumes des Planches
gravées. (B}
. * ESCALE, 1. f. (Commerce.'} On nomme ainfi,
fur les côtes d’Afrique, ce qu’on appelle une échelle
dans le Levant, c’eft-à-dire un lieu de commerce où
les marchands negres viennent apporter leurs mar-
chandifes aux Européens : on le dit aufli des endroits
où les Européens vont faire la traite avec eux..
Au Sénégal il y a quantité de ces efcales le long de
la grande riviere 6c de la riviere du Morphil, les
unes à trente lieues, les autres jufqu’à cent lieues
& davantage de l’habitation des François.
On nomme aufli efcales fur l ’Océan les ports où
abordent les navires pendant leurs voyages , foit
pour rafraîchiffement & autres chofes néceffaires,
foit pour y décharger partie de leur fret, ou pour
recevoir des marchandifes dans leur bord.
Les efcales en France pour Terre-Neuve font Ole-
ron , Broiiage & la Rochelle , c’eft-à-dire celles où
les navires fe fourniflent ordinairement de fel, &
fouvent de bifçuit, pour leur pêche.
Faire efcaler, c’eft entrer dans un port pour s’y
rafraîchir, ou y prendre ou décharger des marchandifes
en paffant. Diclionn. de Comm. de Trév. & de
Chamb. ((r)
* ESCALETTE ou ECHELETTE, f. f. (Manuf.
enfoie. ) c’eft un parallelepipede de bois bien équar-
r i , où l’on a pratiqué cinquante coches, & chaque
coche capable de renfermer huit cordes de femple ;
il eft de la largeur jufte de la feuille du deffein , qui
contient cinquante dixaines pour les métiers ordinaires
de quatre cents cordes. Lyefcalette fert pour la
leélure du deffein. Voye^ Yefcalette dans nos Planches
de foyerie;
E s c a l e t t e , (Rubanier.} efpece de peigne
de bois, fervant à mettre les foies en largeur fur les
enfuples lors du ployage. On verra dans nos Planches
de Rubanerie, Yefcalette toute ajuftée ; les foies arrangées
dans fa denture , & prêtes à être ployées fur
l’enfuple ; J \efcalette garnie de fes dents fie fij.-fie-.fer ;
Tome K,
les deux petits montans des bouts terminés en tenons
pour entrer dans les mortoifes du deffus, & les trous
du deffus pour recevoir les petites cheviilettes, qui
tiendront ces deux pièces unies enfemble. Voici l’u-
fage de Yefcalette; on met une plus grande ou plus
petite quantité des fils de la chaîne (ordinairement
c’eft une portée, quand on a un encroix par portée)
dans chacune de fes dents, fuivant la largeur que
l’on veut donner au ployage ; enfuite le ployeur faifant
agir le bâton à tourner de la main droite (voyeç Bâton À tourner) , il conduit de la gauche Yefcalette
, ce qui fert à arranger les foies de la chaîne
uniment & egalement fur l’enfuple, qui doit les porter
jufqu’à la fin de l’ouvrage ; il conduit, dis-je, Yefcalette
, mais doucement, en tournant de tems en
tems Yefcalette devers lui, pour que les foies s’enroulent
en plus petite , enfuite en plus grande largeur j
ce qui s’exécute, afin que ces mêmes foies ne fe trouvent
point emmoncelees toutes en un tas, & fujettes
par-là à ébouler, ce qui mettrait une confufion très-
nuifible fur l’enfuple ; confufion qu’il faut toûjours
éviter dans ce métier, d’ailleurs affez confus.
ESCALIER, DEGRÉ, MONTÉE, fynonymes t.
ces trais mots défignent la même chofe, c’eft-à-dire
cette partie d’une maifon qui fert par plufieurs marches
à monter aux divers étages d’un bâtiment, & à
en defcendre. Mais efcalier eft aujourd’hui devenu le
feul terme d’ufage. Degré ne fe dit plus que par les
bourgeois, & montée par le petit peuple. Degrés’em-
ployoit dans le dernier fiecle, pour fignifier chaque
marche d’un efcalier, & le mot de marche étoit unique-
quement confacré pour les autels. Nous aurions peut-
être bien fait de conferver ces termes diftinâifs, qui
contribuent toûjours.à enrichir une langue. Article
de M. le Chevalier d e J au c o u r t . Escalier, du latin fcalce, montées ; c’e ft , dans
un bâtiment, une piece dans laquelle font pratiqués
des degrés ou marches, pour monter & defcendre
aux différens étages élevés les uns au-deffus des autres.
Ces degrés fe font de marbre, de pierre, de
bois , félon l’importance de l’édifice, & fe foûtien-
nent en l’air par différentes efpeces de voûtes, dont
la pouffée eft retenue par les murs qui forment la cage
d.e Y efcalier.
Il fe fait de plufieurs fortes éfefcalier s ; favoir à
trois rampes, comme celui desTuileries conftruiten
pierre (voye[ celui du plan, faifant partie de la distribution
d’un palais, dans les Planches d'Architecl.} ;
à deux rampes, comme celui de Saint - Cloud, de
marbre ; à une feule rampe, tels, que le font la plû-
part de ceux de nos hôtels à Paris,& que l’on appelle,
félon la diverfité deleur figure & de leur conftruftion,
efcalier s triangulaires , cintrés , à jour 3 fphériques , f u f
pendus , a vis faint-Gille , en arc de cloître , 6cc.
La fituation des efeaiiers, leur grandeur, leur forme,
la maniéré de les-éclairer j leur décoration, &
leur co.nftruâion,font autant de confidérations importantes
à obferver pour parvenir à les.rendre commodes,
folides, & agréables.
De leur fituation. Anciennement on plaçoit les efi
caliers hors oeuvre du bâtiment; enfuite on.les a
placés dans l’intérieur & au milieu de l’édifice, tels
qu’on le voit encore aujourd’hui au palais du Luxembourg;
à préfent on les place à côté du:veftibule,
ainfi qu’on le remarque au château des Tuileries,
ayant reconnu que les efeaiiers placés dans le milieu
du bâtiment, mafquoient l’enfüade de la cour avec
celle des jardins. Plufieurs archite&es regardent comme
arbitraire de placer les efeaiiers à la droite ou à la
gauche du veftibule ; cependant il faut convenir que
la première fituation eft plus convenable, parce qu’il
femble quemos befoins nous portent plus volontiers
à chercher à droite ce qui nous eft propre : néanmoins
il y a des circonftances où l’on peut s’écarter.de cette
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