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IlSriij • l . |
S 6 6 . E C H
p la n c h e e n tière a v e c c e t o u til, faifan t atte n tio n a
le b ie n m én ag er.
E c h o p e s d es G r a v e u r s e n r e l ie f , e n c r e u x ,
& en cachets ; ce font des efpeces de burins qu’ils
rfô'mttèht echopes. II y en a de plufieurs fortes & de
différentes formes ; lès unes ont la pointe applatie ,
d’autres la pointe demi-foride * & d’autres tranchantes.
La partie A eft celle qui cara&érife V échope, &
la partie B fert à les emmancher comme les burins ;
•on s’en fert auiïï de la même maniéré. Elles ne font
en effet qu’unè efpece particulière de burins. Foye^
des figurés des Blanchis de la Gravure; la première eft
une échope plate, la fécondé une échope ronde.
E cH O P Ë , en terme d'Orfèvre, eft un infiniment
tranchant, dont ils fe fervent pour enlever les parties
fuperflues d’ürîe piece. Il y en a de plufieurs ef-
peees;favoir,des échopes rondes, des onglettes, des
echopes à pailler, &c. Poyei tous ces mots à leur article
; voye^ aiijji les Planches de Gravure.
E c h o p e À a r r ê t e r , en terme de Metteur en oeuvre
, c’eft u n m o rceau d e fer p la t q u a rr é , m o n té fur
lin e p o ig née d e b o is, a y a n t d eu x b ifeau x form an t un
tra n c h a n t, que l’o n ém ouffe a v e c u n e lim e , afin qu ’e
n a p p u y a n t fü r le m étal o n foit h o rs de rifq u e de le
c o u p e r : Ori s’en fe rt p o u r ra b a ttre l’a rg en t fur les
p ie rre s , lo rfq u e la p o rté e eft fo rm é e , & q u ’on eft
d éterm in é à fertir la p ierre ; c’eft la p rem ière o p é ra
tio n dii ferti.
E c h o p e à c h a m p l e v e r , (Bijoutier.') c’eft une
échope d o n t la p a rtie tra n c h a n te eft m oins la rg e que
c elle de deffus ; elle fert à d ép o u iller les reliefs d e la
m atière q u i les e n to u re , & à form er les cham ps q u i
le s fo n t v a lo ir , & tire fo n nom de fon u fage. Foye^
C h a m p l e v e r .
E C H O P E R O N D E , en terme de Bijoutier; o n fe
fe rt aufli quelquefois p o u r creu fer le s couliffes des
p o rte-ch arn ieres , à?échopes form ées d ’u n fil d’acier
r o n d , tiré à la filiere & trem pé.
E c h o p e à é p a il l e r , ( Bijoutier. ) c ette échope
e ft p la te en - d e ffu s, & m i-ronde o u d ’u n ro n d a p -
p la ti en-deffoiis ; elle fert à e n le v e r les p ailles d ’une
pièce forg ée.
E c h o p e p l AT e , en terme de Bijoutier, eft celle
dont la branche eft applatie, & dont le tranchant
eft continué d’ùn angle à l’autre. Il y en a de grandes
& de petites, qui ont différens ufages.
E c h o p e À r e f e n d r e , {Metteur en oeuvre.') c’eft
u n -in ftrum en t d ’a c ie r, trè s-p la t & év u id é fur le dos,
d o n t o n fe fert p o u r fo rm er les angles des b rifu res
des b oucles d’o reilles. Foye^ Br is u r e s . Foye^ aujji
la Planche du Metteur en oeuvre. .
ECHOPER, v. neuf, il eft d’ufage dans tous les
arts oh l’on fe fert de l’échope. Foyeç E c h o p e .
ECHOPER , V. aft. en terme de Doreur, c’eft ôter
avec l’échope ou le cifeau, les jets que le moule a
fournis à la fonte, & que la lime n’a pû entièrement
enlever.
ECHOUAGE , f. m. {Marine.) c’eft un endroit
de la côte plat & uni, fur lequel il y a peu d’eau, où
l’ort peut poùffer un bâtiment pour le faire échoiier
avec moins de danger, & d’où l’équipage puiffe ai-
fémeht fe fauver à terre. F. E c h o u e m e n t . (Z )
ECHOUEMENT, f. m. {Marine.) ce mot le dit
d’un vaiffeau. qui va. donner ou paffer fur un haut-
fond ou banc de fable, fur lequel il touche & eft arrêté
, parce qu’il n’y a pas allez d’eau pour le foû-
tenir à flot, ce qui pour l’ordinaire le met en grand
danger, & même le brife & caufe fa perte lorfqu’il
n’eft pas aflez heureux pour s’en relever & s’en tirer.
On échoiie à une côte, lorfqu’on approche trop près
du rivage, & qu’on n’y trouve pas aflez d’eau pour
que le vaiffeau y foit à flot, ou qu’on y eft jetté par
la tempête & le mauvais tems.
L’ordonnance de Louis X IV , donnée à Fontainebleau
en 1681, touchant la Marine, liv; IF . tit.jx.
réglé tout ce qui concerne les naufrages , bris , Sc
échoiie mens. Dans le premier article, le roi déclare
qu’il prend fous fa protection & jauvegarde les vaif-
J'eaux, leur équipage & chargement, qui auront été jettés
par. la tempête fur les côtes de fon royaume , ou qui autrement
y auront échoüé, & généralement tout ce qui fera
échappé du naufrage. .
Il rég lé p a r les a u tres articles, to u t ce q u i d o it fe
faire p o u r fa u v e r les effets & m archandifes , & les
C ohferver au x pro p riétaires.
Et prononce peine de mort contre ceux qiti au-
roient attenté contre la vie ou les biens de ceux qui
font naufrage^ Foye[ Bris. (Z )
ECHOUER, v. neut. On dit d’un vaiffeau qu’il
a échoué, lorfqu’il a été porté fur un banc de fable,
ou dans un endroit de la côté où il n’y a pas aflez
d’eau pour le tenir à flot. On peut échoiier par accident
, lorfque le vent ou lé mauvais tems vous jettent
à-la côte. On peut s'échouer exprès, lorfqu’on
eft pourfuivi par un vaiffeau ennemi plus fort que
foi, & qu’on le pouffe à la côte pour pouvoir fauver
l’équipage. Voy. Echouage & Echouement.
^ ECHTEREN ou ECHTERNACH, {Gèog. mod.)
ville du duché de Luxembourg, dans les Pays-Bas,
fur la riviere de Sour.
ECHUTE ou ECHOITE f lo yale) , eft un terme
ufité dans les renonciations a toutes fuccefiions directes
& collatérales que l’on fait faire aux filles dans
certaines coûtumes ; en les mariant & dotant, elles
renoncent à tous droits fors la loyale èchûte.
Les auteurs font partagés fur l’effet que doit produire
cette referve.
Les uns difent que la fille qui a ainfi renoncé, ne
peut rien prétendre , fous quelque prétexte que ce
foit, non pas même à titre de légitime ou dè fupplé-
ment d’icelle, dans les fuccefiions de fes pere & me-
r e , qui auroient fait un teftament & difpofé de leurs
biens entre leurs autres enfans : mais que fi les pere
& mere font décédés ab intefiat, la fille vient à leur
fucceflion avec fes freres & foéurs, parce qu’autre-
ment la referve de la loyale èchûte feroit inutile, puif-
que la fille qui a.renoncé fucc'ede à défaut d’enfans.
Defpeiflhs, tom. II. traité des fuccejf. part. II. n. y i.
rapporte un arrêt de la chambre de l’édit à Caftres,
du 23 OClobre 1608, qui l’a ainfi jugé ; & les arrêts
du parlement de Grenoble y font conformes, fui-
vant le témoignage de Rabot & de Bonneton en leurs
notes fur la quefl. ig z , de Guy-Pape & de M. Expilly
en fes arrêts, ch. xjv. n. 13. Chorier en fa jutjfprud.
liv. IlI.Ject. vj. art, v. Henrys en fes arrêts, tom. II.
p. 3 /0. édition de iyo8
D ’autres ont dit que l’effet de cette referve de la
loyale èchûte, eft que les pere, mere, freres & foeurs
peuvent donner, foit par contrat ou par teftament,
à celle qui a renoncé. Foye^ Marc en fes dècijîons du
parlement de Grenoble , part. I. dècif. 14p.
D ’autres encore ont prétendu que cette referve
ne fait pas que la fille qui a renonce puiffe venir à la
fucceflion, ab intefiat, "de fes pere & mere, avec fes
freres & foeurs, parce qu’autrement fa renonciation
feroit fans effet : mais feulement qu’elle vient à leur
fucceflion.à défaut de freres & à l’exclufion des héritiers
étrangers ; tel eft le fentiment de Guy-Pape,
dècif. ic)2. n. 2. & de la Peyrere, lettre R , artic. 44.
M. dç Cambolas, liv. I. ch. jx . rapporte deux arrêts
du parlement de Touloufe qui l’ont àinfi jugé.
Il paroît que cette referve de la loyale èchûte, ne
fe doit rapporter qu’aux fucceflions collatérales; car
èchûte ou échoit e, dans les coûtumes, lignifie fuccejfion
collatérale ; Anjou, art. 3 04. Maine -, 3 ly. Berry, titre
j x . art. 5. Aufli Labbé für Berry, tu. x jx. art. 33 *
dit-il que la renonciation faite avec cette referve n’a
ïieu que tant que vivront ceux au profit de qui la renonciation
eft faite : de forte que les freres & foeurs
de la fille qui a renoncé , venant à décéder fans en-
fans , elle leur fuccede comme à une fucceflion collatérale.
Mornac, fur la loi 3 . au digefi. pro focio , l’a
ainfi expliqué. Foye[ Boucheul en fon traité des conventions
defnccèder, ch. xxx. n. 5i. & fuiv. {A )
E CH YM O S E , f. f. terme de Chirurgie, tumeur
Superficielle, molle, qui rend la peau livide ou bleue,
& qui eft produite par dufang épanché dans les cellules
du tiffu graiffeux : les modernes donnent le nom
d'infiltration a cette forte d’épanchement. Foye^ Inf
il tr a t io n .
Les caufes des échymofes.font les chûtes j les coups,
les tirailiemens, les extenfions violentes , les fortes
comprenions, les ligatures trop long-tems ferrées,
Ces différentes caufes extérieures occafionnent
la rupture des vaiffeaux du tiffu graiffeux, & pro-
dùifent Yèchymofe par l’extravafation du fang, même
fans déchirure extérieure. U éehymofe eft un accident
de la contufion, voyeç C ontusion. Il peut fe faire
.une éehymofe confidérable à la fuite d’une contufion
légère ; il fiiflit pour cela qu’une veine rompue fourni
ffe affez de fang pour remplir au loin les cellules
du tiffuadipeux. L'éehymofe ne paroît ordinairement
que plufieurs heures après l’aétion de la caufe qui
l’occafionne.
Si l ’on eft appellé avant qu’il y ait eu beaucoup
de fang extravafé, ou fi celui-ci conferve encore fa
fluidité, de maniéré qu’il puiffe refluer aifément dans
fes vaiffeaux, on doit, pour prévenir une plus grande
extravafation, appliquer des topiques aftringens
& repereuflifs, tels que le bol d’Arménie avec dè
l’oxicrat, ou de l’alun diffous dans le blanc d’oeuf,
ou de l’èau faoulée de fel marin. J’ai fouvent éprouvé
avec le plus grand fiiccès, l’application de la raclure
de racine de couleuvrée fraîche, dans ces échymofes
des paupières & de la conjonctive, connues
du peuple fous le nom ôéoeil poché.
Pour peu que les extravafations foient confidéra-
bles, on doit commencer la cure par la faignée. Si
l ’on n’eft appellé que quelques jours après l’accident
, il faut employer des difculfifs avec les aftringens
; ceux-ci fortifieront le ton dès parties, & les
premiers diviferont les humeurs grumelées , & les
difpoferont à la réfolution. On remplira ces deux
indications, en fomentant la partie avec une décoction
de fommités de petite centaurée & d’abfinthe,
de fleurs de fureau , de camomille & de mélilot,
cuites dans des parties égales de vin & d’eau. On
peut appliquer en fachets les plantes qui ont fervi à
la décoftion. La réfolution des échymofes eft annoncée
par le changement de couleur ; la partie qui étoit
noire, devient d’un rouge-brun ; le rouge s’éclaircit
infenfiblement, & la partie paroît enfuite d’un jaune-
foncé qui prend fucceflivement diverfes nuances
plus claires, jufqu’à ce que la peau foit dans fon état
naturel.
Il arrive quelquefois que la violence de la chûte
ou du coup fuffoque la chaleur de la partie bleffée,
en y éteignant le principe de la vie : alors les topiques
froids & repereuflifs feroient très-nuifibles dans
les commencemens , ils produiroient la mortification.
Dans ce cas on a recours aux Ratifications,
qu’on fait plus oumoins profondes, félon le belbin ;
c’eft l’étendue de l ’extravafation du fang en profondeur
, & la confidération de la nature de la partie
léfée, qui doivent régler fur cet objet la conduite
d’un chirurgien éclairé. Si la quantité du fang extravafé
eft confidérable, & qu’il foit impoflible de le
rappeller.dans les voies de la circulation, on doit
ouvrir la tumeur ,• pour donner iffue au fang épanché
; c’eft le feul moyen d’en prévenir la putréfaction,
& peut-être la gangrené delà partie. Mais cette
Tome F.
ouverture ne doit point fe faire imprudemment ni
trop à la hâte : quoique la partie paroiffe noire, on ne
doit pas toûjours craindre la mortification, ni croire
l’impoflibilité de la réfolution, puifqu’il eft naturel
dans ces cas, que la peau foit d’abord noire ou bleuâtre
a la vûe. Il faut confidérer attentivement fi cette
noirceur fe dîïïipe pour un moment par l’impreflïon
du doigt, fi elle eft fans dureté, fans douleur & fans
tumefaélion confiderables , & s’il refte encore une
douce chaleur dans les parties affe&ées. Ces fignes
feront diftinguer Y éehymofe delà gangrené; & de
Cette connoiffance on tirera des induüions pour la
certitude du prognoftic, & pour affeoir les indications
curatives. Fabrice de Hilden ayant été appellé
le quatrième jour pour voir un homme qui par une
chûte de cheval s’étoit fait une contufion confidéra-
ble au ferotum & à la verge , trouva ces parties un
peu enflées , & noires comme du charbon, fans cependant
beaucoup de douleur, ni aucune dureté. II
fit d’abord une embrocation avec l’huile - rofat ; il
faigna le malade, & appliqua le cataplafme fuivant.
Prenez des farines d’orge & de fèves, de chacune
deux onces ; des rofes rouges en poudre, une once :
faites-les cuire dans le vin rouge avec un peu de
vinaigre, jufqu’à la forme de cataplafme, auquel on
ajoûtera un peu d’huile-rofat & un oeuf. On fe fervit
de ce topique pendant quatre ou cinq jours , enfuite
on fit des fomentations avec une décotiion de racines
de guimauve , de fommités d’abfinthe, d’origan ,
d’aigremoiné, de fleurs de rofes, de fureau, de mé-
lilot & de camomille, de femences d’anis , de cumin
& de fénugrec, dans parties égales de vin &
d’eau. On en baflinoit chaudement les parties affectées
, trois ou quatre fois par jour, après quoi on les
ôignoit avec le Uniment qui fuit. . . . Prenez des
huiles d’anet, de camomille & de vers, de chacune
une once ; du fel en poudre très-fine, deux gros :
mêlez. Avec ces fecours les parties contufes fe réta-
blirentdans leur premier état, malgré la noirceur
dont elles étoient couvertes.
L’efprit-de-vin , ou l’eau-de-vie fimple ou camphrée
qu’on applique fans inconvénient fur des échymofes
legeres, font capables d’irriter beaucoup celles
qui feroient menacées d’une inflammation prochaine
le do&eur Turner en a vû fouvent les mauvais
effets. Il rapporte à ce fujet l’hiftoire d’un homme de
fa connoiffance, grand amateur de la Chimie, &par-
tifan très-zélé de l’efprit-de-vin. Cet homme s’étant
meurtri les deux jambes en fortant d’un bateau ,
confia une de fes jambes à Turner, & livra l’autre à
un chimifte , qui devoit prouver la grande efficacité
de l’efprit-de-vin dans la cure des contufions avec
extravafation de fang. La violence des accidens-qui
furvinrent, fît rèjetter ce traitement au boutde quelques
jours ; & l’autre jambe, qui fut panfée avec un
liniment compofé de bol d’Arménie , avec l’huile-
rofat & le vinaigre, étoit prefque guérie.
Il y a des perfonnes fi délicates, qu’on ne peut les
toucher un peu fort fans leur caufer une éehymofe ;
on le remarque en faignant les perfonnes graffes.
Peut-être la compreflîon ne fait-elle dans ce cas que
débiliter le reffort des vaiffeaux, & y procurer un
engorgement variqueux, fans extravafation.
On voit fur les bras & les jambes des feorbuti-
ques, des grandes taches livides, qui font des échymofes
de caufe interne. Foye%_ Sco r bu t.
Il fe fait fous les ongles, à l’ocèafion de quelque
violence extérieure, un épanchement de fang qu’on
peut mettre au rang des èchymojes. Les'topiques ne
font d’aucune utilité pour la réfolution de ce fang ;
le plus fur eft de lui procurer une iffue en ouvrant
l’ongle : pour cet effet on le ratifie avec un verre jufqu’à
ce qu’il foit tellement émincé, qu’il cede fous
le doigt : on en fait alors l’ouverture avec la pointe