
Tarl'et en Bourgogne, d’azur au faucon d’or, gr-ib
leté d’argent, empiétant une perdrix d’or, bequée Sc
onglée de gueules.
EMPIÉTER, v. neut. (Fauconnerie.) fe dit d’un
©ifeau de proie, & particulièrement de l’autour qui
tmpiete, c’eft-à-dire qui enleve & emporte la proie
avec les pies.
EMPILER., v. a£h (Eomrn.) mettreplufieurs marchandifes
d’une même ou de différentes fortes, les
unes fur les autres, en faire une pile. Voye^ Pile.
On empile des étoffes dans un magafin , du bois
floté dans un chantier, des morues dans un navire
ou dans un bateau. Dictionn. de Comm. de Trév. &
Chambers. (G)
EMPIRANCE, f .f . ( Marine.) On fe fert quelquefois
de ce terme pour exprimer le déchet, corruption
ou diminutiàn qui arrive aux marchandifes que
la tempête ou quelqu’autre accident contraint de
jetter de côté & d’autre dans le vaiffeau. On dit aufli
tmpirance & empirer par fon propre vice., quand la corruption
ou diminution arrive par la nature des cho-
fes , Sc que ce n’eft point un accident qui le caufe.
m
EM P IR E , AUTORITÉ, POUVOIR, PUIS-
SANCE, fyn. ( Gram.) Outre les différences qu’on
a remarquées entre ces mots à l’article Autorité ,
voici encore des nuances qui les diftinguent, Sc que
nous c-hoifirons dans une même matière , pour les
rendre plus frappantes. On dit Y empire que Dieu
exerce fur les hommes , l'autorité d'un concile , le pouvoir
d'abfoudre , la puiffance ecclétfîujlique. (O)
EMPIRE, f. m. ([HiJt. anc-.) gouvernement monarchique
oii la fouveraine puiffance eft réunie dans
une feule perfonne. On connoît dans l’hiftoire ancienne
quatre grandes monarchies ou quatre grands
empires; celui des Babyloniens, Chaldéens & Affy-
riens ; celui des Medes ou des Perfes ; Y empire des
Grecs, qui commence Sc finit à Alexandre, puifqu’à
fa mort les conquêtes furent divifées entre fes capitaines
; & celui des Romains. Les deux premiers
n’ont iubfifté que dans l’Orient ; le troifieme en
Orient & partie en Occident ; & Yempire Romain
dans prefque tout l’Occident connu pour lors, dans
une partie de l’Orient, 6c dans quelques cantons de
l ’Afrique.
Vempire des Alfyriens, depuis Nemrod qui le fonda
l’an du monde 1800, félon le calcul d’Ulférius,
a fubfifte jufqu à Sardanapale leur dernier ro i, en
.3257, Sc a par conféquent duré plus de quatorze
cents cinquante ans.
L'empire des Medes, commencépar Arbace l’an du
inonde 3257, eft réuni fous Cyrus avec celui des Babyloniens
& des Perfes l’an 3468. C ’eft à cette époque
que commence proprement Yempire des Perles,
qui finit deux cents foixante ans après à la mort de
Ôarius-Codoman, l’an du monde 3674.
L’empire des G recs, à ne le prendre que pour la
durée du régné d’Alexandre , commença l’an du
monde 3674 , & finit à la mort de ce conquérant ,
arrivée en 3681. Si par empire des Grecs on entend
non - feulement la monarchie d’Alexandre ,
mais encore celle des grands états que fes fuccef-
feurs formèrent des débris de fon empire, tels que
les royaumes d’Egypte, de Syrie, de Macédoine,
de Thrace, êc Bithynie, il faut dire que Yempire des
Grecs s’eft éteint fuccelîivement & par parties, le
royaume de Syrie ayant fini l’an du monde 3939;
celui de Bithynie onze ans plutôt, en 3928 ; celui
de Macédoine en 3836 ; Sc celui d’E gypte, qui fe
foûtint le plus long-tems de tous, ayant fini fous
Cléopâtre, l’an du monde 3974 : ce qui donneroit
précisément trois cents ans de durée a Yempire des
Grecs , à commencer depuis Alexandre jufqu’à la
deftruétion du royaume d’Egypte fondé par fes fuc-
jCeifeurs.
L'empiré Romain commence à Jules-Céfar, Iorf-
que vi&orieux de tous fes ennemis, il eft reconnu
dans Rome diftateur perpétuel l’an 708 de la fondation
de cette v ille , quarante-huit ans avant Jefus-
Chrift, Sc du monde l’an 3956. Le fiége de Y Empire
eft tranfporté à Byfance par Conftantin, l’an 334
de Jefus-Chrift, onze cents quatre-vingts-dix ans
après la fondation de Rome. L’Occident St l’Orient
fe trouvent toujours réunis fous le titre d'empire
Romain, Sc fous un feul ou fous deux princes Conftantin
6c Irene, que les Romains proclament Charlemagne
empereur, l’an 800 de Jefus-Chrift. Depuis
cette époque l’Orient 6c l’Occident ont forme
deux Empires feparés; celui d’Orient, gouverné
par les empereurs grecs, commence en 802 de Jefus-
Chrift ; Sc après s’etre affoibli par degrés, il a fini en
la perfonne de Conftantin-Paléologue, l’an 1453.
L’empire d’Occident, qu’on appelle encore Yempire
Romain, St plus communément Y empire d'Allemagne,
après avoir été héréditaire fous quelques - uns des
fucceffeurs de Charlemagne, devint éleétif, 6c a déjà
fubfifté neuf cents quarante-fept ans. Voyez l'article
Suivant. (G)
Empire , ( Hi(l. & Droit politique.) c’eft le nom
qu’on donne aux états qui font fournis à un fouve-
rain qui a le titre d'empereur; c’eft ainli qu’on dit
Yempire duMogol, Y empire de Rufjie, &c. Mais parmi
nous, on donne le nom d Empire par excellence au
corps Germanique, qui eft une république compo-
fée de tous les princes & états qui forment les trois
collèges de l’Allemagne, & foumife à un chef qui
eft l’empereur.
L'empire Germanique, dans l’état oh il eft aujourd’hui,
n’eft qu’une portion des états qui étoient foû-
mis à Charlemagne. Ce prince poffedoit la France
par droit de fucceffion ; il avoit conquis par la force
des armes tous les pays fitués depuis le Danube ju fqu’à
la mer Baltique ; il y réunit le royaume de Lombardie
, la ville de Rome Sc fon territoire, ainfi que
l’exarchat de Ravennes, qui étoient prefque les feuls
domaines qui reftaffent en Occident aux empereurs
de Conftantinople. Ces vaftes états s’appellerent
pour lors Yempire d’Occident, c’étoit une partie de
celui qu’avoient autrefois poffédé les empereurs romains.
Par la fuite des tems, Sc fur-tout après l’ex-
tinftion de la race de Charlemagne, la France fut
détachée de fon empire, Sc les Allemans élurent pour ,
chef Othon le Grand, qui reconquit de nouveau la
ville de Rome & l’Italie, Sc les réunit à Yempire
d’Allemagne. Enfin fous les fucceffeurs d’Othon, un
grand nombre de vaffaux des empereurs, fous diffé-
rens prétextes, profitèrent des troubles que caufoient
les fanglans démêlés du Sacerdoce Sc de Y Empire
pour envahir la poffeflîon des états dont ils n’étoient
que les gouverneurs, & finirent par ne rendre qu’un
hommage très-précaire aux empereurs, devenus trop
foibles pour les réprimer, Sc qui même fe trouvèrent
forcés à leur confirmer la poffeflîon des terres
qu’ils avoient ufurpées. Non contens de cela, ceux
qui s’étoient approprié ces biens, les rendirent héréditaires
dans leurs familles î pour lors les empereurs,'
pour contrebalancer le pouvoir de ces vaffaux, devenus
quelquefois plus puiffans qu’eux, donnèrent
beaucoup de terres aux églifes, Sc accordèrent liberté
à plufieurs villes. Voilà la vraie origine de la
puiffance des états qui compofent Yempire d’Allemagne.
Il s’en faut beaucoup que fes limites foient
aujourd’hui aufli étendues que du tems de Charlemagne
ou d’Othon le Grand, il s’en eft démembré depuis
un très-grand nombre de royaumes Sc de provinces
; ôcaâuellement cet Empire, autrefois fi vaf-
te , ne comprend plus que ce qu’on appelle Y Allemagne,
qui eft divifée en dix cercles. Voye^ Allemagne
& Cercles« Il eft vrai que l'empire veuç
■ èftcore quelquefois faire revivre fes anciens droits
fur Rome & fur l’Italie; mais de tous ces pays, il ne
lui refte guère que de vains titres, fans aucune ju-
rifdiôion réelle. C ’eft ainfi que Yempire d’Allemagne
continue toujours à s’appeller 1 efaint empire Romain,
Yempire Romain-Germànique., &C,
Il y a des auteurs qui ont trouvé très-difficile à
déterminer le nom qu’il falloit donner au gouvernement
de Y Empire. En effet, fi on le confidere comme
ayant à fa tête un prince à qui les états de Y Empire
font obligés de rendre hommage, de jurer fidélité
& obéiffance, en recevant de lui l’inveftiture de
leurs fiefs, on fera tenté de regarder Y Empire comme
un état monarchique. Mais d’un autre coté l ’empereur
ne peut être regardé qüé comme le repréfen-
tant de Y Empire, puiiqu’il n’a point le droit d’y faire
feul des lois : il n’a point non plus le domaine direft
des fiefs, puifqu’il n’a que le droit d’en donner l’in-
veftiture, fans avoir celui d’en priver, fous aucun
prétexte, ceux qui les poffedent, fans le confente-
ment de Y Empire; d’ailleurs, en parlant des états,
Fempereur les appelle toujours nos vaffaux & de
l'Empire. Si on confidere là puiffance 6c les prérogatives
des états de Y Empire, la part qu’ils ont à la ié-
gîflation, les droits que chacun d’eux exerce dans
les territoires qui leur font foûmis; & que l’on nomme
la Supériorité territoriale , on aura raifôn de regarder
Y Empire comme un état ariftocratiquè. Enfin,
on trouvera la démocratie dans lés villes libres qui
ont voix & féancë aux diètes de Y Empire. D ’oh il
faut conclure que lè gouvernement de Y Empire eft
celui d’une république mixte.
L’illuftrè préfident de Thou (Annales de l'Empire,
tome II .p .332. âu fujet de la paix de Weftphalie ) en
parlant de Yempire Germanique, dit qu’il eft étonnant
que tant de peuples puiffans, fans y être forcés,
ni par là çrâinte de leurs voifins, ni par là néeeflîté ,
ayent pu concourir à former un étàt fi puiflant, &
qui a fübfifté pendant tant de iieçles , & que- jamais
on n’a vu un corps pliis robufte malgré là foibleffe
de la plupart de fes membres. ( Voye^ l'hifl. du Préfi-
denf de Thou, liv. II.') Mais ôn nous permettra de
dire que cette obfervation n’eft pâs tôüt-à-faif j'ùfte ;
car fi Tön fait attention à Ce qui a été' dit àu commencement
de cet article, on.verrâ que ces' peuples
ne fe fönt point réunis pour faire un état, mais' que,
des fujets puiffans d’un même état fe font rèndiis'
fôuyerains, fans pour cela fe féparer dë l’état auquéT
ils apparténoient; St c ’eft Tinférêf, le plus puiflant
mobile, qui les y a tenus attachés lésjutis àùxr au-
tre$ ; union qui leur a donné lés moyens de fe,maintenir.
Il n’eft point douteux que Y Empire, compôfé d’un
grand nombre de membres très7puiffâns, ne dûf etrë
regarde comme un état frès^rèfteétàblè ilToüfeTÉu-
rôpe, fi tous ceux qui'lè çômpoïent cóhcöuföient' âû
bien, général de,leur pays. Mais cet ëtàt'ëft fujet'à
de très-grands inconyenjiçiK : Tautprite ducnèfh’eft
noint affez grande pouffé ^i^ëécoutèf: là crâihtë,
la défiance, St fà jafoufie,je^eht'cÔntinUéllèmèht
entre les membres : perfonne fie veut céderuen raén
à fon voifin ;îës affaires !éy>jùs 'fepeufeg |x lêsi'|uu,s' j
importantes pôûr fôût le corps font quelquefois négligées
p,pqr de&difputes particulières^ de préfeançë, '
d’etîquçttej de droits imaginaires St d’autres mjnu^
ties. Les "frontières font inàV gardlés"6ë • mal' forti- ‘
fiées ; les troupes de l'Empire^ font. péu nombréu-
fes& mal payées.; il n’y a: J>ôint dé fonds public^,,
parce que perfonne né veut çôntribùerV ÇetteTibèrfé
du corps Germanique u vantée ,' n’eft que l’exercice
du pouvoir arbitraire dont joiiit un petit nombre
foüyerainsfans que l’empereur puiffë les èmpêchçr
de fouler 6c d’opprimer le peuplé, fqui n’eft compté
rjen, quoique ce foit en lui que réfidè là forcé
d une nation. Le commerce eft dans des entraves
continuelles par la multiplicité des droits qu’exigent
ceux fur le territoire de qui les marchandifes paffent,
ce qui rend prefque inutiles ces beaux fleuves Sc ces
rivières navigables dont l’Allemagne eft arrofée. Les
tribunaux deftinés à rendre la juftice font mal fala-
riés, 6c le nombre des juges infuffifant : dans les diètes
de Y Empire les réfolutions fe prennent avec une
lenteur infupportable, 6c rendent cet état ridicule
aux yeux des autres peuples chez-qui là lenteur du
corps Germanique a prefque paffé en proverbe ; c’eft
fur quoi l’on a fait anciennement ces mauvais vers
latins qui peignent allez la vraie fituation de Y Empire
;
P'roteftanào convenimus >
‘CohVêniendo cotnpeùmus,
CompetèndO confulimus ,
•In confufione concludimusé
Concîufa rejicimus ,
E t falutem patrioe cqnjideramus *
_ Eep conjilia lenta , viôlenta, vinolentà,
P Vitr'iarii Injlitü t. ju r is .p u b lic i , lib . I V . tit. sejé
V jy e i les articles ALLEMAGNE, DlETE, CONSTITUTION
de l’Empire, Empereur, Et a t s , & c . (—)
Empire de 'Galilée ou haut et souverain
Empire de Ga l il e e , fJuriJprud.) eft le titre que
Ton donne à une jurifdiftion en dernier reffôrt que
les clercs dé procureurs de la chambre des comptes
ont pour juger les conteftations qui peuvent furvenir
entr’eux.
Cette jurifdiéHôri eft pour les clercs des procureurs
de la chambre dès comptes ce que la bafoche
eft pour ceux des procureurs au parlement.
E’inftitution^^en éft fans doute fort ancienne, puif-
que l’on a vû d 1'article de la C hambre des C ompte5
ftês, 13 44 il y laypit dix.prôcureurs, dont lé
nombre fut dans la fuite augmenté jufqu’à vingt-
neuf. "
On ne fait pas au jufte le tems auquel les procu-!
rëûrs dé là"chambre commencèrent à avoir chez
eux des clercs ou aides'pour Ies foulagér dans leurs'
expéditions. Ils en àvôiént déjà en 1454, fuivaht une
ordonnance de cette année, rapportée au mem. L .
v°. qui porte, que les comptables feront ou feront
faire par leurs procureurs oü clercs.Ieurs comptes
de bon & fuffifant volume.
mêmè qu’il yavoitdéja^des clercs de pro*
cureurs avant 1454, & que Y empire de Galilée fubfit
toit.dès le.commencement du quinzième fiecle. Ërt-
effet, dàns lé préambule d'un réglement fait par M*
Bàrthélèmi. maître des comptes , en qualité de pro-.
tefleurde Yempire'f dont on parlera 'plus amplement
ci-après) il eft dit que s’étant fait repréfentér les ré-
glemensp çompfe? x titrps ,§c. papiers .dudit, empire, i f
focÔnflii,'inêifie par les anciens mémoriaux de.
là chambre, quê ledit empiré.y.èa établi.depuis plus
dé 300 ans , compôfé de clercs de procureurs de la'
chàmbfé, 'pour léuf donner môyèn, par léurs àfïem-
bléès & çôhférences, de fe retidre capables des a£»
faites & matières de financés pour lèfqüellès ils font
élevés.
Âihfi^ .fiuyant le préajmbüle de ce réglement ’
Yempire de Galilée éfoit déjà formé dès avant 1405 :
on trouvé en effet dës'cômptes foft anciens-rendus!
par les tfëfofiérs de T ^ i r ^ entr’autres iin deTan**
née 1495.1, ..•!!" A'* f )
Ces clercs tenant éntr’ëux cfes affemblées Se cond
férences touchant leur, difeipline ., formèrent inlènfi-.
blement une communauté qui fut ehfuite autorifée;
par divers réglemens Je la chambre des comptes, Sc
les officiers de cette cômmunauté ont été maintenus
dans tous les'tems dans l ’exercice d’une jurifdiâion
en dernier reffort furies membres Sc fuppôts de cette1
communauté*