
breuses et souvent très choquantes. Il convient donc de formuler
notre loi dans les termes les plus vagues, et de dire : D’u n e m a n iè r e
g é n é r a le , la g r a n d e u r d e s s e ic h e s a u n e t e n d a n c e m a r q
u é e à ê t r e p lu s f o r te q u a n d l e b a r om è tr e e s t b a s q u e
q u a n d il e s t h a u t.
2° Y a -t-il d e s r e la tio n s e n tr e la g r a n d e u r d e s s e i c h e s
e t le s v a r ia tio n s du b a r o m è t r e ? J’at dû étudier ce point
avec attention, car si les seiches sont un mouvement de l’eau, mise
en agitation par l’atmosphère, les variations de la pression atmosphérique
devraient avoir action de cause à effet. La question se formule
dans ces termes : Les seiches sont-elles plus fortes ou moins fortes
quand le baromètre est immobile, quand il hausse ou quand il baisse?
Pour y répondre, j’ai utilisé les deux séries de chiffres que j’ai obtenues
quand j’ai étudié les rapports entre la hauteur du baromètre et
la grandeur des seiches de Morges (page 176). Prenant les hauteurs
du baromètre à Lausanne par interpolation pour les quatre heures
équidistantes de la journée, j’ai fait la différence entre les deux valeurs
successives, et j’ai eu ainsi, pour chaque période de 6 heures, le signe
et la valeur de la variation du baromètre en dixièmes de millimètres de
mercure. J’ai alors ordonné la hauteur moyenne des seiches de Morges
des différentes périodes de 6 heures, d’après la variation du baromètre, et
j’ai obtenu le tableau que j’ai publié à la page 143 de mon mémoire sur
les Causes des seiches (*). Je ne le reproduis pas ici, car il est trop encombrant
et ses résultats ne sont pas assez précis. On en jugera parle
résumé que j’en donnerai en groupant les variations barométriques en
valeurs de 1 millimètre de hauteur, et en tirant les moyennes de
grandeur des seiches pour ces différentes variations :
Variation du baromètre. Nombre d’observations. Hauteur moyenne des seiches.
De + 2.1 à -f- 3.3“ “ 12 6.6mm
+ 1.1 à + 2.0 61 8.0
- f 0.1 à + 1.0 234 8.5
1- 0.0 32 10.0
— 0.1 à — 1.0 226 6.7
— 1.1 à — 2.0 65 9.8
— 2.1 à — 2.9 10 10.0
(‘) Loc. cit. [p. 63, n° 11.]
Ou en résumant encore plus :
Nombre d’observations. Hauteur moyenne des seiches.
Baromètre en hausse 307 8.0mm
— immobile 32 10.0
— en baisse 301 7.4
Ces chiffres varient bien peu dans les moyennes. Quant aux observations
isolées, il y a encore bien plus de divergences que nous ne
l’avons vu quand nous avons ordonné l’amplitude des seiches d’après
la hauteur absolue du baromètre. Voici du reste un exemple choisi
dans la série où la variation du baromètre dans la période de six
heures a été- de -)- 0,1mm ; l’amplitude des seiches dans tes différentes
périodes de six heures a été en millimètres de :
8, 2, 0, 2, 7,10,13, 2, 2, 3, 20, 67,17, etc.
Quant aux moyennes, si on voulait essayer d’interpréter leur signification,
voici le résultat auquel on arriverait : l’amplitude des seiches
serait plus forte quand le baromètre reste immobile que quand il varie.
La grandeur des seiches serait plus forte quand le baromètre monte
que quand il baisse.
Mais ces conclusions positives ne me semblent pas autorisées par
les chiffres que je viens de donner. J’estime que la variation des
moyennes est trop peu considérable, que le sens même de cette variation
est trop peu accentué, pour justifier une conclusion de cette
nature. En revanche, je crois pouvoir en tirer une conclusion négative,
qui a une certaine importance en ce qu’elle réfute une idée très généralement
répandue ; je la formulerai en ces termes : L’amplitude des
seiches n’est pas plus forte lorsque le baromètre varie en s’élevant ou
en s’abaissant que lorsqu’il reste immobile.
Autrement dit : L ’am p litu d e d e s s e ic h e s e s t s a n s r e l a tions
n é c e s s a ir e s e t c o n s ta n te s a v e c le s v a r ia tio n s
g én é ra le s d e h a u t e u r du b a rom è tr e .
3° Les variations générales de la pression atmosphérique ne nous
donnant aucun indice sur la cause des seiches, trouvons une autre
méthode.
Nous chercherons sur nos tracés limnographiques les cas où une
série de seiches commence plus ou moins subitement, où il y a une
impulsion nette et bien dessinée ; puis nous rechercherons les conditions
météorologiques de cet instant, et nous constaterons s’il y a ou s’il n’y
a pas quelque chose de spécial dans ces conditions météorologiques.