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J i d D E S C R I P T I O N D E S MAMMI F E R E S
T r o p resserre dans mo n c adr e , en ne traitant que de ces huit chauvesoiiii.,
je n'eusse pas pu ma rque r avec assez de précision ics intervalles qui les séparent
o n c r a i n t , en pareil c a s , de t ro p individualiser ; on opè r e alors des réunions
d'autant plus f a c i l eme n t , qu'on n'est pas toujours certain de r e n c o n t r e r , dans
la considération d'une seule e spè c e, les éicmens d'un t j p e distinct ; ce n'est qui
quand on voit les même s forme s r e p r o d u i t e s , qu'on se dé t e rmine avec j,l,t
d'assurance.
C'ctoient des preuves de ce genre que je devois réunir p o u r mo n t r e r que le
huit chauve-souris d'Egypte f o n t partie de huit genres distincts. J'ai cru devoit
indiquer leurs congénè r e s ; et j'ai p e n s é , en o u t r e , qu'il n'était pas de moyen
plus efficace de rassurer les savans sur ces divi s ions , qu'en présentant les chose
de plus haut , et qu'en mo n t r a n t Un ensehiljle qui embrassât toutes les espèccs
observées jusqti'ici.
J e ne d o n n e pa s , d'ailleurs, un simple résuinc de l'état de la s c i enc e , mais tin
travail n o u v e a u , et qui m'est propr e .
1. V E S P E R T I L I O N P I P I S T R E L L E . VESPERTILIO PIPISTRBILVS.
Planche /, N°
J'AJOUTERAI aux caractères des vespertilions traces plus h a u t , qu'ils s o n t , e i
o u t r e , remarquables par une tête grosse, le museau c o u r t , les naseaux renflés ti
écartés, le nez sans o r n eme n t ni membr ane s , et la queue très-longue. Le u r vol csl
d'une gr ande é t e n d u e , leur enve rgur e f o rma n t quatre à cinq fois la longueur du corps,
la surface des ailes est a u gme n t é e en arrière par la memb r a n e é t endue entre le
jambes, qui se prol onge au-delà, et suit la queue qu'elle e n v e l o p p e en totalit
Deux seules mamelles se voi ent à la p o i t r i n e , for t près des aisselles. La langK
est d o u c e ; il faut tme loupe p o u r y dé couvr i r quelques papilles à la base. Enfin,'
parmi les doigts embrassés par la mcml i r ane des ailes, on distingue celui è
milieu qui est p o u r v u de ses trois phalanges ; l'annulaire et le pe t i t en o n t deiii,
et l'indicateur u n e seule.
Les dent s des vespertilions, particulièrement les incisives et les molaires, le;
caractérisent e n c o r e mi eux : leurs incisives ressemblent à celles des makis pour le
nombre et la p o s i t i o n , quatre en h a u t , séparées par paire , et six en bas, coucbéei
et dirigées en devant : cette disposition les empê chant de se r encont r e r et de frotte;
les unes c o n t r e les aut r e s , elles ne s'usent pas et cons e rvent leurs sommet s ; '
supérieures restent c o n s t amme n t cylindriques et p o i n t u e s , et les inférieures se
voient toujour s partagées en deux lobes et c omme fendues.
Les molaires antérieures sont conique s ; mais les suivantes o n t u n e couronin
large et hérissée de point e s : les inférieures sont sillonnées sur les flancs ; bien moioe
larges que celles d ' e n - h a u t , elles sont débordé-es et enve loppé e s par le tranclian:
oblique de celles-ci : toutes ces dent s , p r o f o n d éme n t évidécs à leur c e n t r e , et da»
un alternat de pointes et de cavités à chaque mâ c h o i r e , s'engrainent respectivcmcnl,
(2UI SE T R O U V E N T EN E G Y P T E . I 1 7
et présentent enfin tous les cai'actères des dent s d'animaux qui se nourrissent
d'insectes. , , . , . , , „
De grandes abajoues compl è t ent cet appareil ; et par les facilites qu elles procurent
aux vespertilions, elles cont r ibuent à déve loppe r l'instinct qui les p o r t e
à la chasse.
On croiroit, à juger de cet expose, qu il ne doit plus y avoi r , dans le genre vespriilion,
que des espèces très-voisines, et d ' u ne dé t e rmina t ion très-difficile. On
ne peut , en effet, que très-rarement faire usage de l'observation de leurs couleurs,
toutes les chauve-souris étant plus ou mo i n s brunes ou roussâtres. On en p r e n d
une autre idée en les examinant a t t ent ivement : o n t rouve qu'elles pr é s ent ent assez
de différences a])préciables ; que leur phys ionomi e varie b e a u c o u p , et que leurs
oreilles et oreillons o n t dans chaque espèce des propor t i on s très-différentes.
La pipistrelle, ent r e autres, se distingue par sa taille ; c'est la plus pet i t e de nos
chauve-souris. Elle ressemble à la noc tul e par les p r o p o r t i o n s et les coul eur s , au
point qu'on est quelquefois tenté de la pr endr e p o u r un jeune individu de cette
plus grande espèce : né anmoins elle en di f f è r e , ainsi que je vais le mont r e r .
Ses oreilles sont ovales-triangulaires et plus courtes que la tête ; son oreillon
est presque droi t , et terminé par u n e tête a r rondi e ; ses poils s on t longs, d'un
brun-noiràtre en dessus, et d'un brun-fauve en dessous.
Ainsi la pipistrelle ne diffère pas seulement de la noc tul e p a r la taille, mais aussi
par l'orcillon , qui, au lieu d'être large à sa base et p o i n t u vers l 'ext rémi t é , se rapproche
davantage de la configuration de l'oreillon du Vesp. l,iswpienis.
Sa longueur est de t r e n t e - n e u f millimètres ; celle de sa q u e u e , de t r e n t e , et son
envergure, de deux cents.
Son crâne la r approch e aussi davantage du Vcsp, laswptems. Sa boîte cérébrale est
plus large que dans la n o c t u l e , plus convexe et plus saillante au-delà du chanf r e i n
et son occiput plus ai rondi.
II n'est pas rare de trouver u n e pipistrelle le jour à terre ; soit qu'elle se lasse
plus vite, ou qu'elle ait moins de pr évoyanc e , elle ne regagne pas son gîte aussi
promptement que ses congénè r e s ; elle se laisse p r e n d r e sans faire de résistance ;
mais souvent elle affecte plus d'insouciance et de fatigue qu'elle n'en éprouve . J ' e n
ai vu peu après déve loppe r u n e si gr ande éne rgi e , et exécuter des sauts si élevés
et si bien mesurés, qu'elle r ent roit dans le vol sans le secours d' aucun point
culminant.
La pipistrelle d'Egypte m'a paru n' ê t re qu'une variété de celle de Fr anc e ; c'est
la même taille et les même s propor t ions . Le pelage est s eul ement un peu différ
e n t ; elle est c e n d r é e , quand l ' europé enne est d'un brun plus décidé : c'est dans
l'extrémité des poils que se trouve pr inc ipa l ement cette différence.
La pipistrelle est également r épandue dans toutes les parties de l'Egypte. Elle
se cont ent e d'une retraite peu p r o f o n d e : j'en ai t rouvé plusieurs individus à
Thèbes, dans les catacombes des particuliers, et à Qâ o u el-Koubar'à dans des interstices
de colonnes.