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2 4 MÉMOIRE SUR LES PLANTES CULTIVÉES EN EGYPTE.
les arraclie, et on les frappe ensuite par terre avec un bâton . p o u r faire tomber les
graines. On brûle ces tiges, et on en fait le meilleur charbon qui puisse être employé
en Egypte à la fabrication de la poudre à canon. Les graines de lupins sont
amères, et on ne les mange qu'après les avoir fait macérer dans de l'eau salée, et
les avoir nettoyées de leur pellicule ou écorce.
Le pois des champs (i) et la gesse (i) sont cultivés dans le Sa'yd, et se consomment
en grande partie dans la basse Egypte. On donne ces grains en automne aux
buffles et aux chameaux, au lieu des fcves que l'on garde pour les semer.
Il me reste à citer, pour compléter la liste des grains cultivés, deux espèces de
haricots, l'une, Dol'ichosLttbia FORSK. , que l'on trouve au printemps dans les plaines
de la basse Egypt e , et l'autre, Phasahs Mungo LINN. , que j'ai vue seulement aux
environs de Syène. Ce s deux espèces de haricots sont aussi connues en Syrie, dans
ia Perse et dans l'Inde. La première, Dolklios LuUa (3), a les tiges basses, et les grains
blancs, ovoïdes, marques d'un point noir à leur ombilic : la seconde , Phaseolus
Mungo (4), a les tiges et les feuilles velues ; ses grains sont ronds , et presque aussi
petits que du poivre ou de la coriandre.
(1) Pisurri arveiiseLiKK.-, en arabe, besillih, nom analogue
à celui de bisaille, en français, qui signifie la même
espèce de pois.
(2) Lathyrus sathus LiNN. ; variété que l'Ecluse a
appelée Cicercuh ^^ypliaca, Plant. Hisi. II, pag. 236.
Cette variété de la gesse est nommé e , dans la langue
Arabe, gilbdn.
(î) En arabe,/oiiiyu et loubyel:; et chez les Nubiens,
aux environs de Pliila' et de S j é n e , mósek.
(4) Les Nubiens l'appellent kacherj/n^jf.
DESCRIPTION
D E L A V A L L É E D E L ' É G A R E M E N T ,
CONSÉQUENCES GÉOLOGIQUES
Q U I R É S U L T E N T
P E LA R E C O N N O I S S A N C E Q,U'ON EN A F A I T E ;
PAR M. P. S. G I R A R D ,
I N G É N I E U R EN C H E F D E S P O N T S ET C H A U S S É E S . D I R E C T E U R DU CANAI ,
DE L ' O U R C Q ET DE S E A U X DE P A R I S , MEMB R E DE L ' I N S T I T U T D ' É G Y P T E .
DESCRIPTION
§. I . "
Description topographique de la Vallée de l'Égarement. — Facilités de la communication
qu'elle offre entre le Nil et la mer Rouge.
D'ANVILLE a tracé, sur sa carte de l'Egypte mode rne , une vallée qui, à partir
d'un village situé au pied du Mokattum, à environ deux lieues au-dessus du Kaire,
s'étend jusque sur les bords de la mer Rouge à sept ou huit lieues au midi de
Suez.
Il importoit de reconnoitre si cette vallée, désignée sous le n om de valUe de
l'Égarement, pouvoir servir a établir une communication lacile entre le Nil et ia
mer Rouge, soit par terre, soit par le moyen d'un canal.
Le célèbre géographe, cité plus haut, a placé à l'embouchure de la vallée de
l'Égarement, sur le côté de la me r Rouge, une ancienne ville appelée Cfysnm : son
opinion portoit à présumer que cette vallée avoit été fréquentée autrefois; ce qui
ajouioit un nouvel intérêt à celui qu'ofl'roit déjà la traversée de cette partie de
la chaîne Arabique que le P. Sicard, entre tousles voyageurs modernes, paroit seul
avoir parcourue.
,1e suis parti du Kaire le 4 ventôse de l'an 8 [ 23 février i 80 1 ], avec quelques
membres de l'Institut d'Egypte et de la Commission des arts (1), pour me rendre
{i)MIVl, Delile, membre de Flnstitut d'Egypte; Ko- nicursdes ponts et chaussées; Berthe, chef de baiaillon
zicre, ingénieur des mines; Devilliers et Alibert, ingé- d'artillerie.
H. N. T OME I I . I,