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8 8 DE S C R I P T ION MINERALOGIQUE .
2 . " M O N T A G N E S DE B R E C H E S OU DE P O U D D I N G S .
La matière qui compose ces montagnes est d'une espèce paiticulièie que l'o;
coimoit en Italie sous le n om de Bimiria verdi d'Egitto. Elle est formée de fa.,
mens roules et arrondis de rdches primitives de toutes variétés, jiarmi ies([iic|.
abondent principalement les granits, les porphyres, et une roche particulière di
couleur verte, qui a beaucoup de rapport avec le pétrosilcx de Dolomi eu, doc
elle diffi-re cependant à plusieurs égards. Ces fragmens, dont le volume vaj
beaucoup, sont liés entre eux par ime pâte qui n'est elle-même qu'un pouddii;
à grain très-fin, et communément de même nature que la roche verte que noi
venons d'indiquer.
[1 seroit t rop long de décrire avec détail les différentes substances qui core
posent cette brèche. J e me bornerai à l'indication des principales.
Les roches granitiques sont les plus nombreuses; j'en ai compté neuf ou dt
sortes très-drstinctcs : elles font prendre aux masses où elles se trouvent, un aspec
particulier. Les taches arrondies, de diverses grandeurs, coinmunémcnt grise:
roses ou blanchâtres, qu'elles forment au milieu des fragmens de differenti
nuances de la matière verte, donnent à cette brèche une richesse et une varie
de couleurs qu'on ne pourroit trouver dans aucune autre roche.
Tous ces granits, à l'excepdon d'un ou deux, sont uniquement compost
de quartz, de feldspath et de mica. Le quartz y domine. La couleur rose (
quelques-uns est toujours due au feldspath, comme les couleurs noires ou grisi
plus ou moins foncées des autres, aux lames plus ou moins abondantes de mie:
Leurs élémens sont d'une grosseur médiocre et fort inférieure à celui de Syène
dont sont forinés presque tous les monumens en granit qu'on retrouve en Egypt
Quelques fragmens de brèche nous ont offert une roche granitique d'un aspe;
tout-à-fait tlifférent : elle est cojnposée de quartz, de feldspadi, et d'actinote
ou horn-blende verte. Le quartz y domine aussi; il y est en grains irrégulic:
transparens. L'actinote, quoique moins abondante que le feldspath, est bea.
coup plus apparente : elle s'y trouve répandue assez uniformément en laines c
diverses grandeurs, de forme rhomboïdale et d'un vert sombre.
Les roches porphyritiques observées dans cette brèche, sont au nombre i
cinq ou six très-distinctes : leur base, ordinairement grise ou violette, offre L
tissu assez grossier. Les cristaux blancs et rhomboïdaux de feldspath qu'on
voit épars, sont, tantôt rares et fort alongcs, tantôt très-])etits et très-denses. 0:
remarque souvent , parmi les premiers, des grains de quartz transparens, isolt^
semés dans la pâte de la roche à la manière des cristaux de feldspath. C'est urj
fait qu'on observe également dans des roches venues de plusieurs autres endroii
de l'Egypte.
(i) L'identité de cette substance,
d'années, avec la horn-blende, a déjà été soupçonnée par
quelques naturalistes. Des faits assez nombreux, recueillis
dans cette contrée, nous ont démontré ia vérité de cette
depuis peu conjecture, ou prouvé du r s que ce sont deux su
•s extrêmement voisines et irès-susceptibles destl^J
e à l'autre par des passages gradues.
Plusieif
DE L.\ V.^LLÉE DE QOÇEYR, 89
Plusieurs variétés de brèche Égyptienne sont totalement exemptes de fi agmens
de porphyre; quelques-unes le sont encore de granits ; ces dernières ne présentent
à la vue qu'une masse de couleur verte, mais dont les nuances varient à l'infini;
ce sont les plus connues. Ce sera probablement d'après elles qu'on aura donné à
cette matière le n om de Breccia verde, n om assez impropr e : car, outre que la
couleur verte n'appartient qu'à quelques variétés, le mo t de brèche ayant été consacré
par l'usage à désigner les pierres agrégées secondaires, seulement quand
elles sont formées de fragtnens anguleux, ici où tous les fragmens sont roules
et arrondis, le t enne de poudding eût été plus convenable.
On peut facilement juger, par la diversité des roches dont se compose la brèche
• Egyptienne, par la grande variété de leurs couleurs et de leur contexture, combien
des morceaux pris avec choix pouiToiem être avantageusement emjjloycs
dans les arts: mais cet emploi doit rencontrer deux obstacles; le premier tient à
sa grande distance des lieux habités, qui s'oppose à ce qu'on puisse aisément s'en
procurer des masses considérables; le second, à la difficulté de la travailler.
Lorsqu'on la frappe avec violence, il arrive souvent que quelques fragmens moins
adhérens que les autres, au lieu de se briser comme le c iment , s'en détachent,
sortent des espèces de loges ou alvéoles qui les contenoient, et ne laissent à leur
place, au lieu d'une cassure fraîche, qu'une cavité plus ou moins profonde , dont
la superficie toujours terne est souillée dans beaucoup d'endroits par un enduit
terreux gris ou jaunâtre, qui contraste très-désagréablement avec les couleurs
vives du reste de la pierre.
Souvent, coirane nous l'avons déjà observé, on rencontre des blocs considérables,
tout-à-fait exempts de fragmens assez gros pour être distingués de la pâte:
ces masses o n t , avec certains granits à petits grains, une ressemblance si grande,
que sans le secours des circonstances locales, on auroit quelquefois beaucoup
de peine à prononcer si tel fragment est de pâte de brèche ou s'il est d'un granit
à grains fins. Dans quelques endroits cette pâte a pour couleur le gris ou le
jaunâtre, mais dans beaucoup d'autres le vert sombre ou un vert f o n c é , assez
beau : c'est là probablement ce qui aura donné lieu à l'opinion adoptée, sur le
rapport de Bruce, qu'il existoit des carrières de marbre vert antique dans la
vallée de Qoçeyr. Cette matière pourroit à la vérité le remplacer dans quelques
cas, et même avec avantage; mais on voit assez que par sa nature elle n'a rien
de coimrum avec lui.
Les anciens Égyptiens ont connu et exploité les différentes variétés de ce
poud.Jmg, dont ils ont tiré parti pour leurs arts. ALilgré l'extrême difficulté qu'ils
ont du rencontrer dans ce travail, ils sont parvenus à eh former beaucoup d'objets
monolythes que l'on compte parmi les plus intéressans qui nous restent d'eux
ilusieurs ont été transportés à Rome , où on les voit encore. Ferber, dans ses
Lettres sur la minéralogie de l'Italie, décrit cette substance d'une manière fort
reconnotssable, et la désigne aussi sous le nom de Breccia verde d'EpUo. Il en
cite un vase dans le jardin de la ville Albane , ajoutant qu'on en trouve des
colonnes entières dans les ruines des anciennes villes. Wi n k f ima n , dans son
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