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DE I.A C O N S T I T U T I O N IMl V S l Q U r .
sont formées de briques scchées au soleil, à peine peut-on compter trois c-tagcs, _v
compris le rez-de-chaussée. De grands canaux, de vastes lacs intérieurs, sans parler
des temples et des palais, réduisoient encore ])eaiicoup l'étendue de la panic haUtable.
Porter sa population aux trois cinquièmes de celle de Paris dans une suriare
égale, seroi t , je crois, approcher beaucoup de ia vérité : 4 iO, o o o habitans, cela
n'a rien d'excessif pour une ville dont les anciens ont tant vanté la prodigieuse
population. Aujourd'hui le Kai re, y compris le Vieux-Kaire et Bouià(|, t[\ii sont
comme ses faubourgs, compte plus des deux tiers de ce nombre (i). On ne sauroit
supposer que Memphi s n'ait pas été beaucoup plus considérable que le Kaire, pris
avec ses dépendances : ainsi l'étendue assignée à Memphi s par Diodor e est en rapport
avec l'idée qu'on doit se former de sa population.
Quand cette vilJe eût été de forme circulaire, on y auroit déjà c ompt é , d'après
son circuit, 50 stades du nord au sud; mais le peu de largeur de Ja vallée et bien
des convenances forçoient d'étendre ia ville suivant la direction du fleuve ; elle
ne pouvoi t donc avoi r , du nord au sud, moins de 60 stades ou 2 schccnes; et
puisque ses palais situés au nord ctoient à 3 schccnes du De l t a , sa limite au sud
devoit en être distante de 5 schccnes. La distance du Del ta à la partie méridionale
<les ruines, mesurée sur la carte, est exactement de 5 schccnes, ou cinq 18.'' de
degré. Ainsi tout se trouve exact dans les renseignemens des anciens sur Memphis,
comme sur tout le reste de la géographie de rÉg ) p t e , quand on y applique
le schcene de 18 au degré et le stade de 540.
Il ne m'est pas possible de voir comment le schoene de 20 au degré, et les
stades de 500, de 600 et de 700, ainsi que celui de 1 1 1 1 7 , pourroient s'y appliquer;
mais je conviens toutefois que ces diverses mesures sont bien aussi des
mesures anciennes, ainsi que toutes celles qui, d'après les anciens écrivains, oni
été adoptées par les métrologues et les géographes modernes. Dans ce qui concerne
les mesures, tout est exact dans les écrits des anciens : on ne jièche que par de
fausses applications. Je montrerai l'origine du stade de 600 au degré et de celui
de I 1 1 1 J'ai donné quelques indications qui peuvent conduire à la trouver.
(1) ii est vrai qu'à estimer la population de Memphis
«l'aprés celle qui est renfermée dans ia seule
Kaire, qui est de prés de 300,oooame5dansun cii
moins de 7000 toises, ce calcul la feroit monte
virer 550,000 habitans, ne supposant même pou
moyen <jue des maisons de deux étages. Cela
toit encore rien d'impossible pour une populat
s'élevoit jadis à quatre millions d'habitans ( et
5ept, suivant quelques auteurs, moins crojables 1
n cela).
Mais l'antique splendeur de l'Égjpte et l'état c
f]u'elle suppose, ne permettent guère cl'admet
Memphis une population aussi pres-ée que celle du
Kaire. Dans les quartiers intérieurs, où les étrangers
pénètrent peu, le Kaire présente un des plus eiTrayans
.Tmas d'hommes qui existent en aucun point de !a
lerre. Des ramilles nombreuses n'octiipent qu'une seule
petite piece dans des huttes qui n'ont parfois que
le rei-cle-chaussée, et y \ivenl presque aussi serrées que
drs pa'^asi'rs dan« un vais<eau. les réglemens «iir
la salubrité, auxquels l'antique administration du pjji
étoit si attentive, forçoient à une autre distribution
des habitans, et de larges voies devoient cire ouvertes
pour la circulation de i'air dans les parties inlérieures
des villes; ce qui ne se pratique guère aujourd'hui.
Tlièbes, quoique plus étendue que Memphis, a du erre
bien moins peuplée. On peut en juger par la grande
quantité de ses palais et de ses édifices public», la vaste
étendue des terrains libres qui les environnoient, l'immense
largeur du tieuve qui la traverse, si-s plages bas'fi
et inhabitables sur la rive gauche, ses cirques démesures
qui, placés l'un au bout Je l'autre , formeroicnt une enceinte
de plus de deux lieues de circuit. On a déjà
conjecturé avec asse? de vraisemblance qu'elle "on
composée de mas«es de
points et par quartiers séparés; que c'étoit un •
de petites villes ponant le même nom, ce que
naison plurielle du mot T/icl-es semblcroit appii
DE L I G Y P T E . / / / . ' PARTIF. j
C H A P I T R E M.
De la Mesure de la Base de l'Egypte.
§. I . "
Considérations sur íes Rapports de cette Base avec les Mesures de l'Égypte.
HÉRODOTE intlique pour la base de rÉg )pt e la distance du mont Casius au
golfe Pl inthinique, que , dans plusieurs endroits de son Histoire , il évalue à
60 schccnes ou 3600 stades. Av a n t de déterminer la position de ces deux points,
voyons les conséquences à tirer de la mesure de cette base. L'antiquité of fre peu
de circonstances plus utiles pour la géographie et l 'astronomie, que cette base de
l'Egypte donnée sous des formes différentes par un grand nombre d'auteurs, écrivant
à des époques très-éloignées les unes des autres.
Outre le renseignement d'Hérodote provenant des prêtres d'Hél iopol is , et
tjue d'Anvi l le a cru exprimé en stades de i i m au degré, nous avons encore,
la mesure d'Ératosthène, qui compte 1300 stades, à partir de Péluse jusqu'à
Canope. Il avoi t tiré cette mesure de documens anciens, à moins qu'on ne veuille
qu'il l'ait due à ses propres observations ( ce que nous ne pensons pas). Qu o i qu'il
en soit, on verra clairement qu'il n'a pas toujours compté par stades de 700 au
degré.
2.° La même mesure est rapportée par Diodor e de Sicile, qui a consulté les
anciennes annales de rÉg)pt e : cet écrivain, que l'on croyoit avoir compté par
stades Olympiques , fixe aussi cette base à 1300 stades.
3.° Strai>on suit ici Ératosthène, qu'il avoit comparé avec Ar t émidor e d'F.phèse
et Hipparque. Il ajoute ensuite à sa mesure, d'une part, celle de Péluse au mont
Casius, et , de l'autre, celle de Canope au golfe Plinthinique, qui, prises ensemble,
forment 500 stades. Ces 500 stades s'ajoutant aux 1300 comptés de
Péluse à Cano p e , donnent un total de 1800 stades, nombre égal à la moitié de
celui d'Hérodote, et nouvel exemple de l'emploi de deux stades Égyptiens doubles
l'un de l'autre. C'est un point que je rappelle souvent , parce qu'il est capital dans
ces questions, et qu'il sert à résoudre plusieurs difficultés touchant l'origine et
l'histoire de la métrologie.
4° Enfin ï/tia^niiir d'Antonin nous donne une partie de cette base en milles
quon a supposés être des milles Romains, quoique cet ouvrage ne fasse assez
souvent que rapporter les mesures usitées clans les pa}s qu'il décrit.
Le simple rapprochement de ces évaluations données par différcns auteurs et
toutes puisées à d'excellentes sources peut procurer sur les bases de la géographie
<lc l 'Égypte, sur sa métrologie et quelques points de son astronomie, plus de véritables
lumières <|uc de grands travaux n'en donneroicnt sur d'autres questions.
Le système métrique et la géograpliie des Égyptiens étant astronomiques,