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6 2 4 1>E LA C O N S T I T U T I O N P M V S l Q U t
remonte au temps des plus aiicions rois d'Ég ypi c ; qu'ciic a dure plusieurs milliers
d'années; que l 'on de voi t y ent reteni r un poste assez considérable d'ouvriers, ne
fût-ce que |>our leur sûreté, cel le des travaux et des produi t s de l 'exploi tat ion; (¡ne,
de plus, c'est i 'Égypte ( lui a voi t fourni la plus grande partie des cmeraudes en circulation
avant la dé c ouv e r t e des Indes Oc c ident a l e s ; on c onc e v r a que ces travaux
doivent en eiTet avoi r été très-considérables. Le s Indes Or ientales ne doni ioient
pas de véritables émeraudes , suivant Ci iardin et Ta v e r n i e r , qui pou voi ent en juger
mieux que pe r sonne , et qui assurent avoi r fait à ce sujet les plus exactes perquisi
lions. En e f f e t , la pier re appelée par les joailliers émcraxulc Orientale est «l'une
espèce très-di f férente : c'étoi t la télésie ver te de M. Ha l l y ; c'est-à-ilire, c omme l'a
j)rouvc depui s peu M. le c omt e de B o u r n o n , une var iété de cor indon,
Les mines dont je viens de parler étoient anc iennes à l 'éj joque où ecrivoit
el-Teïsachi. II ajoute que l'on en avoi t ouve r t plusieurs aut res, que l'on fouilloit
de son t emps ( l'an 6 4 0 de l'hégire ) , et qui por toi ent les noms de Kanhmda,
Tck-yon, Fcrca-Ghari; que la plus grande de toutes étoi t appe l é e Ouâdy cl-Byr ;
qu'enfin il y en avoi t une que l 'on n ommo i t Ouiufy el-Cluit, parce (¡ue l'on y avoit
découvert la statue d'un roi en cuivre.
D'ai)rès le même auteur , on t rouvoi t quelquefoi s dans ces mine s des émeraudes
en prismes c oudé s ou ar t iculés, qu'il a])pelle éviemudcs towics; ce qui sembleroit
convenir davantage à la var iété appelée b c t y l : mai s , à ce sujet , il fait expressément
mention du duhL'âni, ou éme r aude coul eur de cantharide.
Ces r ens e ignemens fourni s par les auteurs Aral)es , et pr inc ipalement par
A b o u - l - A ' b b â s A hme d ebn Y o u s e f ebn Mo h amme d Te ï s a chi , paroissent assez
précis, et , venant du c h e f des mineur s , chargé de la condui te de ces exploitations,
ils mé r i t ent quelque conf iaj ice. On voi t par-là que le terrain talqueux et micacc
doit avoi r une cer taine é t endue dans cet te par t ie; terrain que nous avons déjà
reconnu dans d'autres parties de ce désert for t éloignées tant au nord qu'à l'ouest
et au sud-oue s t ; et il y a même quelque raison de penser qu'il règne jusque dans
les iles qui avoi s inent la côt e de la me r Ro u g e , entre les parallèles de Syène et
d'Esne, c omme nous le dirons plus bas.
ANCIENS VOLCANS.
Il est une conj e c tur e assez plausible, que nous avons eu quelcjuc temps l'espoir
de p o u v o i r véri f ier ( 1 ) ; nous l ' indiquons aux recherches des voyageur s ([ui noih
suivront : c'est qu'il doi t exister vers le parallele de Sy ène , dans le voi s inage de la
mer, d'anciens vol cans éteints. O n pouv o i t déjà le penser d'après im passage trèsprécis
de Pl ine , qui décri t i ' éme r a u d c e i ses usages d'une manière for t exacte. Il y a
de plus un fait très-posi t i f qui conf i rme ces renseignemens , auxquels nous n'eussions
osé nous arrêter sans cela. L e s Arabes Bic/unych, (|ui o c cupent les déserts situés le
long de cet te c ô t e , et qui f réquentent les villes de la partie supér ieure du SaïcJ,
(1) J'avoii cté chargé,à
wrlegcnc-ral en chcfMcr
jii gciiic I li0U7afd, la rece
occidentale de la
pique. Ce voyag
Jes Anglais ñ Al
mer Roug", depuis Suez ¡tisqu'au iroalloii
s'cxéciiter, iors.iiie la dcsceiili
)uqyr fit abiniionner tons le. projeis-
O L L l l C Y P T E . V' PARTIE. 6 2 5
apportent, parmi divers objets de cur ios i té, des f ragmens d'obs idienne. Lor sque
nous les vîme s à Sy ène , ils nous di rent qu'ils les avoient recueillis près de la me r ,
et nous leur en achetâmes plusieurs mor c eaux j)endant not re séjour à S y è n e ,
M. Des cos t i l s et moi .
L'existence d'anciens volcans sur cet te côt e est d'autant plus vraisemblable,
qu'il existe, sur la côt e oppo s é e de l 'Ar abi e heureuse, de vastes terrains vol c a -
niques. Qu o i q u e Ni ebuhr , qui a visité cet te cont r é e , ne le dise pas expres sément ,
la dcscnj>tion qu'il fait du sol et de ses rocher s basal t i formes, ne pe rme t pas d'en
douter; de plus , les vaisseaux qui partent Je cet te c ô t e , et qui se r endent dans les
ports de Q o ç e y r , de T o r et de Sue z , jet tent sur le r ivage, sur-tout à Sue z , où
le c omme r c e est plus ac t i f , des quant i tés considérables de mat ières volcaniques
très-variées et très-bien caractérisées, qui leur servoient de lest; même des f ragmens
de lave por eus e , dont les cavi tés sont tapissées de cristaux de mé sot ype et
(le stilbite. C e s vaisseaux por tent quelquefoi s , au lieu d'ancres, de longs mor c e aux
de l a v e , percés d'un trou au mi l ieu p o u r ) passer un câble. L e s matelots Ar abe s
s en servent p o u r s 'accrocher le soi r , dans quelque anse, aux bancs de madrépore s
dont est r empl i e cet te me r , sur laquelle ils se hasardent rarement à naviguer
pendant la nuit. J'ai t rouv é également quelques fragmens volcaniques bien caractérisés
sur le r ivage du por t de Ras iMohammed , à la point e de i 'Arabie pé t r c e ,
où les vaisseaux Ar abe s se réfugient dans les mauvais temps . Ce s fraginens ne
peuvent avoi r d'autre or igine ; car il n'existe aucune autre trace de mat ières vol -
caniques dans tout e cet te cont r é e.
O n fai t ment ion d'une mi n e de souf re dans le voisinage du t ropique , vers les
confins du pays habité par les Bicharych : mais ce fai t , quoiqu'il ait souvent des
rapports avec l 'existence des vol cans , peut c ependant avoi r lieu aussi dans des contrées
où il n'en a jamais existé; les côtes de la me r Roug e nous en fournissent un
exemple. Sur la r ive or ientale du gol f e de Sue z , à trois heures au sud des sources
thermales d 'Hammam Fa r a 'oun, j'ai r encont r é aussi une mine de souf re dans un
terrain calcaire d ont les envi rons n'ofîi-ent aucun indi ce de volcanici té. il se dégage
seulement, des cavités où l 'on t rouve les cristaux de s o u f r e , une for t e chaleur.
§. V I I .
Des Golfes et des lies de la Mer Ronge.
LA me r de Sue z , ou le shws Heroopolkcs, n'a que deux gol fes remarquables; ils
sont situés vers ses ext rémi tés : l 'un, d' envi ron trois lieues d'ouv e r tur e , est à l 'embouchure
de la val lée de l 'Égar ement , ent re les puits de T o u à r e k et les restes d'anciennes
cons t ruc t ions , où l'on croi t que fut jadis la ville de C/^ww; l'autre, vis-à-vis
de la po int e de l 'Arabi e pét rée, d'une ligure très-alongée et dirigée du sud au no rd ,
est f o rmé par une longue presqu' î le, j)arallèle à la c ô t e , et laissant ent re elles un
canal, ou jilutôt un pet i t bras de me r for t é t roi t , de six à se])t lieues de longueur .
Les montagne s de cet te ])rcsqu'îlc m'ont paru les ])lus élevées de toute la côt e
a A. lOME II. K k U .
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